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Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest: La BCEAO en première ligne dans le sauvetage de l’économie régionale

Véritable colonne vertébrale de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), hyperactive, ne ménage aucun effort pour remplir ses missions. Du fait de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, son rôle est devenu plus crucial encore, et son action se révèle absolument vitale.

Le 12 mai 1962 naissait la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) réunissant la Côte d’Ivoire, le Dahomey (ancien Bénin), la Haute-Volta (devenue Burkina Faso), le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Sénégal et la République togolaise. Désormais institut d’émission commun aux huit états membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, c’est un établissement public international dont le siège se trouve à Dakar, au Sénégal. Le ciment de la cohésion sous-régionale Les pays de l’UMOA, conscients de la profonde solidarité de leurs États, ont toujours été persuadés qu’elle constitue l’un des moyens essentiels au développement harmonisé de leurs économies nationales. La BCEAO quant à elle, considérant les acquis de près de soixante années d’intégration monétaire, convaincue qu’il est de l’intérêt propre et commun des États membres de demeurer dans l’Union, de la maintenir et d’en assurer le fonctionnement optimal, a pour mission l’observation rigoureuse des droits et obligations des partenaires dans le respect des exigences de transparence et de bonne gouvernance nécessaires à l’enracinement de l’intégration monétaire et du développement économique. Parmi ses attributions figurent l’émission monétaire des billets et pièces de monnaie des États membres de l’Union, et la recherche permanente des moyens de renforcer la sécurité de la monnaie émise. En charge de la gestion de la politique monétaire, la BCEAO ajuste la liquidité globale de l’économie en fonction de l’évolution de la conjoncture économique pour assurer une stabilité des prix et promouvoir la croissance. Lui échoit également l’organisation de la surveillance de l’activité bancaire, qui consiste à définir la réglementation applicable aux banques et établissements financiers et à exercer à leur égard des fonctions de surveillance. Enfin, elle pratique l’assistance aux États membres à la demande de leur gouvernement dans leurs relations avec les institutions financières et monétaires internationales telles que le FMI, dans leurs négociations pour la conclusion d’accords financiers internationaux, dans la définition et le suivi de l’exécution des programmes d’ajustement ainsi que dans la gestion de la dette. En outre, la BCEAO apporte aussi son concours à la conception, à l’harmonisation et à l’application de textes relatifs à la réglementation des relations financières extérieures. Enfin, en matière de coopération régionale et internationale, il faut savoir que la BCEAO coopère avec les banques centrales africaines dans la perspective de l’intégration monétaire sous-régionale et continentale, ainsi qu’avec les autres banques centrales dans le monde. Elle peut adhérer à toute institution régionale ou internationale et à toute convention dont l’objet concerne les questions monétaires et financières, ayant ainsi le pouvoir de conclure tout accord, traité ou convention internationale relatifs à ces questions après l’approbation du Conseil des ministres de l’UMOA. Florilège d’opérations concrètes Pour être concret dans la présentation d’une institution que tout le monde connaît sans la connaître réellement, et sans vouloir être exhaustif eu égard à la multiplicité de ses actions, donnons quelques exemples faisant partie du champ d’intervention de la BCEAO. On l’a compris, elle tient les comptes des Trésors publics des États membres de l’UMOA, procédant sans frais à l’encaissement des sommes versées à ces comptes, au recouvrement des effets et chèques sur place, tirés ou endossés à l’ordre des Trésors publics, au paiement des chèques et virements émis sur les comptes des Trésors publics, et enfin aux transferts effectués sur ordre ou en faveur des Trésors publics. En revanche, elle ne peut accorder de financements monétaires aux Trésors publics, collectivités locales ou autres organismes publics. À la demande du gouvernement d’un État, elle assure gratuitement la gestion du portefeuille des effets souscrits à l’ordre des comptables publics par les redevables d’impôts, de taxes et de droits, la garde des valeurs de caisse appartenant aux Trésors publics, l’émission, le placement ou la gestion pour le compte des États de bons à court terme et de titres à moyen et long termes souscrits par des titulaires de compte dans ses livres, pour leur propre compte ou pour leur clientèle, le paiement de coupons au porteur et le remboursement des valeurs des États qui sont présentés à ses guichets par des titulaires de compte dans ses livres, et enfin tout placement de fonds demandé par les Trésors publics. Et ce ne sont là que quelques exemples…

Covid-19 : une batterie de mesures fortes Aujourd’hui, la BCEAO se trouve à un tournant décisif de son histoire. Dans le contexte actuel de crise sanitaire inédite, elle doit à nouveau fournir des solutions urgentes et durables à des économies considérablement et négativement impactées. Depuis début 2020, le monde fait face à la propagation rapide de la pandémie de Covid-19 qui engendre des pertes en vies humaines et de graves conséquences sur l’activité économique et financière. Dès le 21 mars 2020, la BCEAO a publié un ensemble de mesures pour en atténuer l’impact
sur le système bancaire et le financement de l’activité économique dans l’Union. L’une d’elles consiste en un accompagnement des entreprises rencontrant des difficultés pour rembourser leurs crédits en raison de la crise sanitaire. Une autre consiste en la parution de deux avis à destination respective des établissements de crédit et des institutions de microfinance. Autre mesure forte destinée à soutenir les économies de l’Union et à préserver la stabilité financière de la zone dans ce contexte économique incertain, la BCEAO a poursuivi l’orientation accommodante de sa politique monétaire en juin 2020, abaissant à 2 %, soit à son niveau historique le plus bas, son principal taux directeur, et contribuant ainsi à améliorer les conditions de financement des économies et à soutenir la croissance économique en baisse dans l’Union. Parallèlement, pour garantir le bon fonctionnement du marché monétaire, la BCEAO a accru son refinancement en faveur des établissements de crédit de l’Union, favorisant ainsi le maintien de la liquidité de son système bancaire à un niveau qui a permis aux banques de mener à bien leurs activités d’intermédiation financière. Dans le même temps, des actions ont été mises en oeuvre pour renforcer les mécanismes de transmission de la politique monétaire de l’institution et son efficacité. À cet égard, l’appui apporté aux États par l’Agence UMOA-Titres pour faire face à la crise sanitaire du Covid-19 est à saluer : via les Covid Bonds, ils ont pu mobiliser des ressources sur le marché régional de la dette publique pour couvrir leurs besoins de financement. Au regard de son probable impact négatif sur le système bancaire et le financement de l’activité économique dans l’Union, la BCEAO suit avec la plus grande attention l’évolution de la pandémie et a donc pris la décision d’augmenter les ressources mises à la disposition des banques afin de leur permettre de maintenir  et d’accroître le financement de l’économie, soit une première hausse de 340 milliards de FCFA par semaine pour porter le montant hebdomadaire octroyé à 4 750 milliards. Ensuite, elle a élargi le champ des mécanismes à la disposition des banques pour accéder au refinancement en effectuant la cotation de 1 700 entreprises privées dont les effets n’étaient pas acceptés auparavant dans son portefeuille. En outre, la BCEAO a affecté 25 milliards au fonds de bonification de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) afin quelle puisse notamment augmenter le montant des prêts concessionnels accordés aux États pour le financement des dépenses urgentes d’investissement et d’équipement. Par ailleurs, elle a sensibilisé les banques à l’utilisation des ressources disponibles sur le guichet spécial de refinancement des crédits accordés aux PME-PMI. Elle a aussi mis en place un cadre adapté pour accompagner les entreprises qui rencontrent des difficultés à
rembourser leurs crédits et sollicitera les banques afin qu’elles leur accordent des reports d’échéances. Elle a mené des négociations avec les entreprises d’émission de monnaie électronique en vue de réduire les coûts des transactions et d’encourager les populations à privilégier les moyens de paiement digitaux, limitant ainsi les contacts et les déplacements. De façon plus prosaïque, elle a approvisionné les banques en billets pour que soit assuré le bon fonctionnement des guichets automatiques de banque. Enfin, la BCEAO se propose d’organiser si nécessaire le réaménagement du calendrier d’émission des titres publics sur le marché financier régional, faisant tout ce qui est en son pouvoir dans le cadre de sa mission pour contrer les effets néfastes de la pandémie sur les économies de l’Union.

Andju Ani

Auteur

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Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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