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édito: Une économie salvatrice

À l’appui des chiffres concrets, les banquiers ainsi que les grands patrons du secteur privé – que l’on ne peut soupçonner de parti pris – affirment que malgré le climat d’insécurité et de contestations sociales
permanentes, l’économie de leur pays résiste. Que le Burkina avance. Autrement dit, difficile de soutenir que ces quatre dernières années, la gestion économique de Roch Marc Christian Kaboré ait été calamiteuse. En attestent les chiffres des taux de croissance du PIB de 5,9 % en 2016, de 6,3 % en 2017, de 6,8 % en 2018 et de 6 % en 2019, portés par la production de rente – coton, sésame et anacarde – mais aussi par la dynamique des secteurs du BTP, des mines et des services. Dans cette édition, la parole a également été donnée, une fois n’est pas coutume, aux dirigeants de l’appareil sécuritaire du pays : ministres de la Défense, de la Sécurité, chef d’état-major des Armées et directeur général de la Police, où ils ont détaillé les contours de la réforme des Forces armées à des fins d’adaptation à la guerre asymétrique que subit le Burkina Faso de la part des groupes terroristes. Au-delà de cette donnée fondamentale, nous le disions, le système économique ne s’est pas enrayé. Le président de la Chambre de commerce vante l’esprit entrepreneurial burkinabè en se basant sur le volume de créations d’entreprises, qui se chiffre à 13 137 en 2019, contre 12 511 en 2018, soit une hausse de 5 %. En matière d’insertion socioprofessionnelle des jeunes, des acquis sont à relever, notamment le recrutement de 5 119 jeunes diplômés en 2016 pour enseigner au post-primaire dans le cadre du Programme emploi jeunes pour l’éducation nationale (PEJEN), ou la création de 284 811 emplois formels dans le cadre des travaux à haute intensité de main-d’oeuvre (THIMO) entre 2016 et 2018. On peut aussi noter que les investisseurs continuent à faire confiance au Burkina Faso : la Turquie, en marge de la 2e édition du Salon international du coton et du textile (Sicot), a réaffirmé le 3 janvier dernier son intention d’installer via le groupe Ayka Textile & Investment des unités textiles à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou pour un investissement de plus de 200 milliards de FCFA. Il en va de même pour le canadien Endeavour Mining, possédant deux mines à Houndé et Karma où il emploie près de 2 000 personnes, et qui annonce avoir découvert en 2019 de nouveaux gisements au potentiel très important. Projets, chantiers et réalisations, c’est ce visage du Burkina Faso qu’Économies Africaines a choisi de mettre en lumière. Certes, il n’est pas question de passer sous silence le climat de sinistrose ambiant lié aux attaques et attentats à répétition que subit le pays de la part des groupes terroristes, mais il semblait nécessaire de montrer à l’appui des chiffres concrets que face à cette épreuve, il existait un secteur privé debout ainsi qu’un président et un gouvernement qui se battent pour répondre aux préoccupations des populations et à leurs exigences en matière de progrès social et économique.

En revanche, à l’approche des élections présidentielle et législatives du 22 novembre 2020, l’opposition fourbit ses armes et a bien l’intention de l’emporter, comme nous le confirme le chef de file de l’opposition Zéphirin Diabré. De son côté, le MPP (parti au pouvoir) affiche un bilan positif dans plusieurs secteurs : santé prénatale, assurance maladie universelle, routes et piste rurales, construction de barrages hydro-électriques, électrification, etc. Mais lorsque, dans l’entretien que nous a accordé le chef de l’État, nous avons évoqué la question des élections couplées, il a confirmé : « Le plus important à mes yeux aujourd’hui, c’est la lutte contre l’insécurité. »

 

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EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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