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Énergies renouvelables: Des ambitions énergétiques régionales

D’ici à 2020, une des priorités d’Abdourahmane Cissé, ministre du Pétrole, de l’Énergie et des Énergies renouvelables, est de mener à son terme le Programme d’électricité pour tous (PEPT) et de faire avancer l’ambition de son pays de fournir en électricité la moitié des États de la CEDEAO.

Abdourahmane Cissé a officiellement pris fonction en octobre 2018 à la tête du ministère du Pétrole, de l’Énergie et des Énergies renouvelables en remplacement de Thierry Tanoh. « Beaucoup de challenges ont été relevés, mais beaucoup reste à faire. C’est un secteur qui permettra de revaloriser le
niveau de vie des populations », avait-il alors indiqué, tout en félicitant son prédécesseur pour le travail déjà abattu. D’entrée, il a rappelé les chantiers prioritaires à mener à terme pour honorer les promesses de campagne
faites aux Ivoiriens par le président Ouattara en 2002, notamment le programme d’électricité pour tous (PEPT), le taux de couverture et le taux d’accès, soit l’électrification de toutes les localités de plus de 500 habitants.
PEPT : 1 million de foyers raccordés d’ici à 2020 Afin de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020, le gouvernement avait décidé lors du Conseil des ministres du 27 mai 2014 de favoriser l’accès de l’ensemble des populations à l’électricité en instaurant le PEPT. Aujourd’hui, c’est à Abdourahmane Cissé de parachever ce chantier d’ici à 2020. Pour le
jeune ministre, l’outil efficace de réalisation du PEPT réside dans des modalités d’acquisition de branchements- abonnements mieux aménagées en assouplissant les formalités d’accès et en facilitant le paiement du
coût de raccordement, soit un échelonnement sur une durée allant de trois ans pour les ménages les mieux nantis à dix ans pour les populations à faibles revenus. L’objectif, très ambitieux, est de raccorder 1 million
de foyers d’ici à 2020, soit 200 000 foyers par an. En 2020, année de fin du mandat du président Ouattara, au moment du bilan, il reviendra au ministre Cissé de préciser si cette promesse du président Ouattara
a été tenue.
Des économies au service de tous et de… la planète Abdourahmane Cissé sait que si son pays veut atteindre les objectifs du développement durable inscrits dans l’agenda 2030 des Nations unies et réduire ses émissions
de gaz à effet de serre de 28 %, il doit réorienter sa politique énergétique, car l’électricité contribue fortement à la pollution. L’efficacité énergétique se présente dès lors comme un enjeu national, car il s’agit ni plus ni moins pour la Côte d’Ivoire de réduire sa consommation dans tous les secteurs, notamment l’industrie, le transport et le bâtiment, tout en préservant
l’environnement.
Des actions louables sont d’ailleurs à relever, comme cette campagne de distribution de 4 468 368 lampes à basse consommation à 758 556 ménages. « Cette expérience a fait économiser 117 GW par an, ce qui n’est pas rien », faisait remarquer Claude Koutoua, président de la Commission énergie-qualité à la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) lors de de la première édition du forum ivoirien de l’efficacité énergétique tenu en novembre 2018 à Abidjan. L’idée est de rendre obligatoires les lampes à LED, qui ne produisent pas de mercure. Au niveau législatif, des
lois ont été votées pour favoriser l’efficacité énergétique, le code de l’électricité encourageant les consommateurs à adopter ce que l’on appelle désormais des éco-gestes. La création du FONAME (Fonds national pour la maîtrise de l’énergie) répond aussi à ce besoin de réduire les effets de la pollution énergétique. S’ajoutent à cela d’autres mesures comme l’interdiction d’importer des véhicules de plus de cinq ans à dater de 2019, l’alimentation des bus de la Société de transport abidjanais (SOTRA) au gaz en lieu et place du carburant, etc. Devenir le hub énergétique de la sous-région Dans cette réorganisation du mix énergétique, Abdourahmane Cissé devrait donner une place importante aux énergies renouvelables. Ainsi, dans le programme de renforcement du parc électrique lancé en 2011 pour passer d’une puissance installée de 2 000 à 4 000 MW à l’horizon 2020, son pays table sur un développement de l’hydraulique et du renouvelable pour réduire la part du thermique (charbon, gaz ou pétrole), qui reste prédominant puisqu’il représente plus de 80 % du parc actuel. Car au-delà des gains pour les populations locales, il s’agit aussi d’assurer l’expansion
de l’énergie ivoirienne. Ainsi, de 2011 à 2017, les autorités n’ont pas hésité à investir près de 7 000 milliards de FCFA (plus de 10 milliards d’euros) dans le secteur. Devenir un hub énergétique dans la sous-région est une priorité pour la Côte d’Ivoire, qui a déjà exporté de l’électricité au Ghana, au Burkina Faso, au Mali, au Togo et au Bénin. Actuellement, Abidjan a en projet la construction d’une ligne à haute tension de 1 400 km dont le coût est estimé à 211,87 milliards de FCFA. Cette réalisation lui permettra d’étendre sa conquête énergétique jusqu’à trois autre pays – la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia – et d’avoir le contrôle de l’énergie dans la moitié des pays de la CEDEAO.

Louise Bibalou-Durand

Auteur

EA Magazine

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