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Entretien – Administrateur directeur général d’Ecobank Burkina Faso

Entretien – Administrateur directeur général d’Ecobank Burkina Faso: « Notre PNB est en progression de 11 % par rapport à 2016 »

Cheick Travaly, l’administrateur directeur général d’Ecobank Burkina Faso, indique que les chiffres clés de la banque sont au vert et ont nettement progressé en 2017. Au-delà de ses performances, la banque a instauré une journée communauté dite « Ecobank Day » orientée sur une thématique de santé-éducation-assainissement.

Comment ont évolué les différents chiffres clés d’Ecobank Burkina Faso en 2017 par rapport à 2016 ?

Cheick Travaly : En dépit d’un environnement difficile
marqué par des troubles sécuritaires et un front social
agité durant l’année 2017, la banque a enregistré des
performances en amélioration par rapport à 2016. Le
produit net bancaire (PNB) s’est établi à 45 Mds FCFA,
largement au-dessus de nos prévisions et en progression
de 11 % par rapport à 2016.
Cela traduit les efforts continus
des équipes pour l’amélioration de
toutes les composantes du PNB, à
savoir la marge nette d’intérêts, les
commissions nettes et les gains de
change. Le résultat net est quant à
lui en progression de 22,2 % par rapport à 2016. Le
total bilan de la banque s’est établi à 892 Mds FCFA à
fin 2017, soit une croissance de 8 % comparé à 2016,
avec un volume de ressources collectées atteignant 552
Mds FCFA pour des crédits distribués à hauteur de 384
Mds FCFA. Tous ces chiffres traduisent une résilience
certaine de l’économie de notre pays et augurent des
lendemains meilleurs, même si la relance est moins
vigoureuse que nous ne l’avions imaginé.
En tant que chef de file du pool bancaire d’une douzaine
d’établissements soutenant la production cotonnière
au Burkina Faso avec un crédit de 70 milliards de
FCFA pour la campagne 2017-2018, pourquoi avoir
consenti une diminution à 6 % des taux d’intérêts en
2017 sur votre ligne de crédit, contre 6,4 % en 2016 ?
La question de la réduction du taux d’intérêt sur le
crédit de campagne accordé à la SOFITEX tient à deux
faits : primo, les performances financières du client au
cours des dernières années ont évolué positivement et
se sont traduites par une forte amélioration du profil
de risque. Cette amélioration du profil, couplée au
respect scrupuleux de ses engagements par la SOFITEX,
induit forcément une baisse de la prime de risques.
Secundo, la réduction du taux d’intérêt sur le crédit
de campagne accordée traduit la volonté manifeste
des banques locales d’accompagner un acteur majeur
et important de l’économie burkinabè. En réalité, tant
que nous pourrons faire des efforts de quelque nature
que ce soit pour soutenir l’économie nationale, nous
n’hésiterons pas. La SOFITEX étant la première société
cotonnière dans ce pays, il est tout naturel que nos
efforts de soutien à la filière de façon générale soient
ainsi manifestes.
Quels ont été les enseignements du forum organisé
par Ecobank Burkina Faso en collaboration avec la
Maison de l’Entreprise en décembre 2017 et consacré
au commerce international ?
Le forum a été riche d’enseignements pour toutes les
parties prenantes. D’une part, il a été une opportunité
pour nous de présenter les instruments du commerce
international et de sensibiliser la clientèle à l’utilisation
des moyens de paiement sécurisés pour leurs transactions
bancaires. Nous en avons profité pour sensibiliser
nos partenaires, sur la base d’un partage d’expériences,
au risque qu’ils encourent lorsqu’ils font appel au circuit
parallèle dénommé « marché noir ». Par ailleurs, notre
partenaire stratégique, la Maison de l’Entreprise, a
rappelé et expliqué son rôle d’accompagnement dans le
renforcement de la structuration des PME-PMI et dans
la production d’informations techniques et financières pour avoir des dossiers de crédits bancables, l’un des
freins à l’accès aux financements bancaires.
Les thèmes abordés, comme par exemple les fonds de
garantie pour accompagner le financement des PMEPMI,
ont-ils suscité beaucoup d’adhésion auprès des
clients ?
Le sujet sur la question des fonds de garantie a suscité
un très vif intérêt. Un certain nombre d’entreprises à
fort potentiel de développement sont limitées en termes
de garanties hypothécaires ou liquides exigées pour
conforter leurs dossiers. Nous leur avons fait entrevoir
comment les fonds de garantie peuvent leur permettre
de rehausser le niveau d’activités grâce à l’effet de levier
apporté par le financement bancaire. Notre public a
montré un véritable intérêt pour le forum et est très
enthousiaste vis-à-vis du programme de formation
que nous avons élaboré et qui s’étale tout le long de
l’année 2018. Bien évidemment, notre engagement est
à long terme, et d’autres éditions vont être organisées
les années à venir.
La place financière de Ouagadougou va s’enrichir
de deux banques, Wendkouni Bank
International et la Banque Agricole du Faso
(BADF). Avec un taux de bancarisation d’environ
17 % (source BCEAO), ne frôle-t-on pas
la saturation ?
Si l’on considère le taux de bancarisation,
sachez que plutôt que d’y voir une faiblesse,
nous y voyons un océan d’opportunités. Notre
ambition actuelle à Ecobank est de permettre
à 100 millions d’Africains un accès à des services
et produits financiers fiables à l’horizon
2020, et pas seulement par intérêt commercial,
mais aussi pour des raisons d’éthique,
une sorte de militantisme pour un accès égal
de tous les Africains aux services bancaires.
Sous cet angle, nous applaudissons l’arrivée
de ces deux banques et nous leur souhaitons la
meilleure fortune possible pour qu’ensemble,
notre contribution au développement des communautés
que nous servons soit encore plus
forte. À 14, nous ne sommes pas trop pour
servir bientôt 20 millions de Burkinabè.
En 2017, Ecobank Burkina Faso a apporté son
soutien aux populations de Wan, un village à
35 km de Diebougou, commune de Bondigui,
en y construisant des salles de classe pour
l’école sous paillotes. Dans le cadre de votre
Ecobank Day, comment choisissez-vous les
projets éducatifs ou sanitaires recevant chaque
année l’aide de votre banque ?
Á Ecobank, nous avons conscience du fait que nous
nous réalisons personnellement sur la base de nos
interactions quotidiennes avec nos communautés. Il
est donc normal qu’en retour, nous témoignions notre
reconnaissance tant en termes de contribution financière
que par notre propre énergie pour améliorer la vie des
communautés qui nous accueillent sur leurs territoires.
C’est en ayant cela à l’esprit que nous avons instauré
une journée communauté officiellement dénommée
« Ecobank Day ». Pour ce qui concerne le choix des
projets, la direction générale du groupe choisit une
thématique orientée en général sur le triptyque santé-
éducation-assainissement à partir duquel chaque
filiale oriente ses choix. C’est un article en ligne qui
nous a fait découvrir l’école sous paillotes de Wan et
cela a été un coup de coeur pour nous. Nous avons
donc décidé de soutenir les enfants de cette école par
la réalisation de l’école (éducation), d’un forage (santé)
et de latrines (assainissement).

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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