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Entretien – Commissaire chargé du Département du développement humain

Le commissaire burkinabè Filiga Michel Sawadogo dirige le Département du développement humain (DDH) à la Commission de l’UEMOA. Face à l’épidémie de Covid-19, il évoque les capacités des États en matière de prévention.

Quels sont le rôle et l’importance du DDH au sein de l’UEMOA, surtout en cette période de pandémie qui affecte les huit États membres ?

Pr Filiga Michel Sawadogo : Le DDH est l’un des sept départements que compte la Commission de l’UEMOA. Créé en 1997, il oriente et coordonne les programmes et projets sectoriels concrétisant les objectifs du Protocole additionnel numéro 2 dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la formation professionnelle, de la santé, de la protection sociale,
du genre, de la culture et du tourisme. La pandémie de Covid-19 a mis en lumière l’importance du DDH en matière de santé. Mais bien avant, à travers sa Direction de la santé et de la protection sociale (DSPS), il avait démarré le chantier du renforcement des capacités des États membres s’agissant de la prévention des épidémies et de la réponse à leur apporter en milieu transfrontalier, et produit un document de projet sur la période 2021-2025. Il a aussi élaboré et fait valider huit modules de formation sur la surveillance épidémiologique et la réponse aux risques sanitaires transfrontaliers, renforçant dans ce domaine sa coopération avec l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’OOAS (Organisation ouest-africaine de la santé) et l’OIM (Organisation internationale pour les migrations). Enfin, la Commission a alloué aux États membres 10 milliards de FCFA pour l’achat d’intrants dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19 et 15 milliards de FCFA destinés à la bonification du taux d’intérêt des emprunts destinés à la lutte contre cette pandémie et ses conséquences économiques et sociales. L’UEMOA a initié le projet de centres de soins spécialisés de haut niveau (CSSHN) présenté en novembre 2019 lors d’une réunion des ministres de la Santé des États membres.

Sur quelles recommandations a débouché cette réunion et les huit pays ont-ils des structures sanitaires aptes à soigner les pathologies compliquées ?

Effectivement, le 15 novembre 2019 à Ouagadougou, la Commission de l’UEMOA a présenté aux ministres de la Santé l’état d’avancement de ce projet afin de recueillir leurs observations et d’obtenir leur adhésion. Á l’issue de leur réunion, les ministres ont recommandé d’accélérer le processus de mise en oeuvre du projet, et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a été chargée de la mobilisation des ressources financières pour l’opérationnaliser. Oui, il y a au sein de l’espace communautaire des structures spécialisées qui permettent un très bon niveau de prise en charge pour les pathologies faisant souvent l’objet d’évacuations vers l’extérieur. Dans le cadre de ce projet, 14 structures de soins sont à même de prendre en charge des pathologies telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires, les grands traumatismes, etc. Le projet vise à les renforcer sur le plan technique et à accroître leurs capacités d’accueil.

Quels efforts la Commission consent-elle pour promouvoir une image de marque positive et attrayante de la zone UEMOA comme destination touristique ? Notre espace présente de grands atouts propices à une offre de circuits touristiques inter-États : le Parc W, le Parc du Djoudj, l’île de Gorée, le tombeau des Askias, Tombouctou et ses mosquées, de nombreuses belles plages, des ranchs bien garnis, etc. La Commission a fortement contribué à la structuration des organisations patronales du tourisme à l’échelle régionale, et elle apporte régulièrement son appui technique et financier à l’organisation des salons et événements touristiques initiés par les États pour attirer les flux des grands marchés émetteurs vers les destinations de la zone. L’amélioration de cette offre touristique a conduit à l’adoption de quatre textes communautaires en septembre 2019, à savoir une directive et trois règlements qui portent sur : les stratégies de développement touristique au sein de l’UEMOA, l’amélioration des établissements d’hébergement touristique, et enfin les règles s’appliquant aux agences de voyages et de tourisme ainsi qu’à la profession de guide. Malheureusement, en plus de la crise sécuritaire, la pandémie de Covid-19, véritable cataclysme pour l’industrie touristique, est venue fragiliser davantage ce secteur dont la contribution au PIB des États membres est déjà significative, mais peut être accrue.

Vous êtes à la tête du DDH depuis 2017. Quelles sont vos priorités pour 2020 ?

Les priorités pour 2020, qui vont certainement se prolonger au-delà, sont notamment l’appui aux États pour la mise en oeuvre des textes communautaires sur la réglementation pharmaceutique,
l’application effective du traitement égalitaire des étudiants des États membres, la facilitation de la mobilité des étudiants et des enseignants, la consolidation du fonctionnement du LMD et l’avancement des projets sur l’enseignement technique et la formation professionnelle. Mentionnons aussi l’accompagnement des États membres à l’amélioration du cadre d’intégration systémique du genre, l’appui à la réglementation du marché des biens et services culturels, et enfin l’amélioration de la visibilité des expressions culturelles de l’espace communautaire.

Propos recueillis par Paul de Manfred

Auteur

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