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Entretien – Commissaire chargé du Département des services administratifs et financiers: « Une gouvernance modernisée et des charges de fonctionnement rationalisées »

Le Togolais Essowè Barcola est à la tête du Département des services administratifs et financiers (DSAF) de la Commission de l’UEMOA, en charge de la gestion du Fonds d’aide à l’intégration régionale (FAIR) et du Fonds régional de développement agricole (FRDA) financés par le budget de la Commission.

Pouvez-vous définir le périmètre d’intervention du Département des services administratifs et financiers (DSAF) que vous dirigez au sein de l’UEMOA ?

Essowè Barcola : Je voudrais tout d’abord exprimer ma gratitude au magazine Économies Africaines pour l’opportunité qu’il m’offre, grâce à cette interview, de parler du Département des services administratifs et financiers (DSAF) de la Commission de l’UEMOA dont je suis en charge. Abordant votre question, je précise que le DSAF est un département transversal de la Commission oeuvrant en collaboration avec les autres départements et organes de l’Union pour l’atteinte des objectifs de l’UEMOA. Nous avons pour missions essentielles le suivi des finances de l’Union, notamment l’élaboration du budget assortie du suivi de son exécution, la mobilisation des ressources financières, la gestion des fonds structurels et de la trésorerie, la tenue de la comptabilité générale, et enfin la reddition des comptes à la fin de chaque exercice budgétaire. Par ailleurs, mon Département a en charge la gestion des ressources humaines, la gestion de l’approvisionnement de la Commission en biens et services, matériels et immeubles pour le fonctionnement des différents départements et organes de l’Union, la tenue de la comptabilité administrative ainsi que la sécurité du personnel et des biens de l’Union. Les domaines de compétence du DSAF touchent par conséquent plusieurs domaines : patrimoine, affaires générales, ressources humaines, etc.

Comment le Département a-t-il su adapter sa gestion face à la pandémie de Covid-19 ?

Face à cette pandémie de Covid-19, la Commission a mis en place en son sein un comité de veille et initié des actions de communication et d’information sur la pandémie à l’endroit du personnel. Par ailleurs, des dispositions ont été prises afin qu’il n’y ait pas de rupture de service. Dans un premier temps, la Commission a opté pour une réorganisation du travail avec la mise en place du télétravail depuis les domiciles par une équipe réduite. Ensuite, ce fut une reprise progressive du travail avec une équipe élargie, et enfin une reprise totale, avec une réduction des horaires du travail de 8 heures à 14 heures. En outre, la commission a procédé à l’acquisition de matériels de protection au profit de l’ensemble du personnel : masques, gel hydro-alcoolique, etc.

Pour répondre à ses multiples missions, sur quels types d’organes spécialisés la Commission de l’UEMOA s’appuie-t-elle depuis sa création ?

La Commission collabore étroitement avec tous les organes de l’Union, notamment les Institutions spécialisées que sont la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Banque ouest africaine de développement (BOAD) dans le cadre, par exemple, du secrétariat conjoint mis en place pour connaître les questions relatives à la surveillance multilatérale. Par ailleurs, s’agissant du financement des économies nationales, la Commission prend en charge les bonifications afin de rendre concessionnels les prêts que la BOAD octroie aux États membres. Et qu’en est-il du poids et du rôle des organes de contrôle sur les actions de la Commission ? L’Union s’est dotée, à travers le Protocole additionnel n° 1 relatif aux organes de contrôle, de deux organes que sont d’une part la Cour de Justice, qui veille au respect du droit quant à l’interprétation et à l’application du Traité de l’Union, et d’autre part la Cour des Comptes, qui assure le contrôle de l’ensemble des comptes des organes de l’Union. Ce contrôle porte notamment sur la régularité et l’efficacité de l’utilisation de leurs ressources. À quel usage sont réservés les fonds structurels gérés par votre département, en l’occurrence le Fonds d’aide à l’intégration régionale (FAIR) et le Fonds régional de développement agricole (FRDA) ? S’agissant de la gestion de ces deux fonds, le FAIR et le FRDA, le premier a pour objectif général le financement de l’aménagement équilibré du territoire communautaire. De façon spécifique, ce fonds vise à appuyer le désenclavement des régions et à soutenir les actions de production et d’échange par l’amélioration des infrastructures économiques. Il permet aussi de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations de l’Union pour un meilleur accès aux services sociaux essentiels, et à faciliter la reconversion des régions affectées par les conséquences des réformes de l’Union en faisant la promotion d’activités productives alternatives. Quant au second, il vise la réalisation des objectifs assignés à la Politique agricole de l’Union. Á cet effet, il poursuit les objectifs spécifiques que sont notamment le financement des actions, des projets, des programmes et des structures oeuvrant à l’adaptation des systèmes de production, à l’amélioration de l’environnement de la production, à l’approfondissement du marché commun dans le secteur agricole, à la gestion des ressources partagées et à l’insertion de l’agriculture dans le marché régional et mondial. Afin de réaliser ses objectifs spécifiques, le FRDA intervient dans les trois domaines suivants : appui au développement des ment agricoles, renforcement des capacités, et enfin investissements institutionnels régionaux. Á l’actif des actions menées par le FAIR et le FRDA en vue de renforcer l’intégration au profit des populations de l’Union, nous pouvons citer à titre illustratif la réalisation de points d’eau, l’amélioration de l’accès à l’énergie électrique, la construction de magasins de stockage, notamment de céréales, ainsi que la prise en charge effective des bonifications des prêts des États au guichet concessionnel de la BOAD. Par ailleurs il faut noter l’institution du Fonds régional de sécurité (FRS) par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement tenue le 3 décembre 2019 à Dakar. Ce fonds a pour objectif de participer au plan de financement de la sécurité dans l’espace CEDEAO, dont l’UEMOA fait partie.

En 2020, quelles sont vos actions prioritaires à la tête du DSAF ?

Pour l’année 2020, les priorités du DSAF sont de deux ordres. En premier, le renforcement de la gouvernance à travers l’enracinement du budget programme, la modernisation de la gestion des ressources humaines et la relecture des textes du FAIR et du FRDA en vue de les conformer davantage aux évolutions récentes des environnements international et national des États membres. En second lieu, la poursuite des mesures de rationalisation des charges de fonctionnement des organes par la mise en oeuvre effective des décisions de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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EA Magazine

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