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Entretien – Commissaire chargée du Département du développement de l’entreprise, des mines, de l’énergie et de l’économie numérique: « Les activités extractives sont estimées en moyenne à 5,38 % du PIB de l’Union »

Fily Bouaré Sissoko est la première femme à exercer les fonctions de commissaire à la Commission de l’UEMOA. Elle dirige le Département du développement de l’entreprise, des mines, de l’énergie et de l’économie numérique (DEMEN). L’adoption d’un code minier communautaire fait partie de ses priorités en 2020.

Pouvez-vous définir le rôle joué par le commissaire du Département du développement de l’entreprise, des mines, de l’énergie et de l’économie numérique (DEMEN) ?

Fily Bouaré Sissoko : Le commissaire du DEMEN oriente, coordonne et supervise les politiques communes de l’Union dans les domaines qui sont sous sa responsabilité, notamment le suivi de la mise en oeuvre de la politique industrielle commune – incluant entre autres la promotion du secteur privé et la compétitivité des entreprises ainsi que la promotion de la qualité –, le suivi de la politique minière et de la politique énergétique communes ainsi que des initiatives de développement de l’économie numérique. Concrètement, le commissaire veille à la mise en oeuvre de ces différentes politiques en déléguant aux spécialistes des différents secteurs la gestion quotidienne des activités. Il apporte un appui politique et stratégique aux différentes actions.

Quel est le poids du secteur pétrolier et minier au sein des huit pays de l’union ?

Selon les données recueillies auprès de la Direction de la surveillance multilatérale, la part des activités extractives (mines, pétrole, carrières…) dans le PIB de l’Union est estimée à 5,38 % en moyenne de 2015 à 2019. Le poids du secteur dans les quatre premiers États membres est de 9,3 % pour le Burkina Faso, 8 % pour le Niger, 7,4 % pour le Mali et 5,6 % pour la Côte d’Ivoire.

Quelles sont les principales actions menées par le Département dans le secteur des industries extractives ?

Dans le domaine minier et pétrolier, outre l’harmonisation du cadre réglementaire, la Commission de l’UEMOA intervient au niveau de l’instauration de la bonne gouvernance : soutien à la culture de la transparence à travers des appuis financiers destinés à la mise en oeuvre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et représentant un montant total de 280 millions de FCFA alloué aux États membres de 2014 à 2020, appui à la modernisation de la gestion des données et informations géo-minières dans les États membres pour un montant de 420 millions, renforcement des capacités des administrations publiques sur des problématiques du secteur (négociation des contrats, fiscalité minière, économie minière, l’environnement minier, etc.), renforcement des capacités de 254 cadres des administrations publiques (mines, économie et finances, budget, environnement) et maires des communes abritant des activités minières, amélioration de la participation des femmes au secteur extractif ou encore mise en place d’un réseau ouest-africain de femmes du secteur minier d’Afrique de l’Ouest dénommé Women in Mining in West Africa (WIMOWA) et regroupant tous les États membres de l’UEMOA ainsi que le Ghana et la Guinée-Conakry.

Quels avantages les États membres ont-ils tirés de l’adoption du code communautaire de l’artisanat (CCA) en 2014 ?

L’adoption du code communautaire de l’artisanat a permis d’impulser le développement du secteur, notamment en facilitant l’organisation et la classification de ses activités ainsi que leurs conditions d’exercice, et en déterminant le statut fiscal de l’entreprise artisanale et le régime de comptabilité auxquels elle est soumise. Cela contribue à l’amélioration du niveau des qualifications
et à un meilleur accès aux marchés publics.

Á la tête du DEMEN, quelles sont vos priorités pour 2020 ?

Les priorités pour 2020 s’inscrivent dans le cadre de la mise en oeuvre du plan stratégique 2011-2020 de la Commission de l’UEMOA au regard de la feuille de route assignée au collège des commissaires par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement (CCEG). Dans le domaine de l’énergie et des mines, il s’agit de clôturer dans des conditions satisfaisantes le Programme régional de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (PRODERE), d’élaborer des documents de projets de développement de pôles énergétiques, de faire adopter le code communautaire des mines révisé, de renforcer la transparence dans les industries extractives et de soutenir les organisations féminines du secteur minier. Dans le domaine de l’industrie et de l’artisanat, il s’agit d’opérationnaliser l’Initiative régionale du climat des affaires (IRCA), notamment par le dialogue public-privé à travers la mise en place d’un cadre de concertation, de poursuivre notre accompagnement aux entreprises de la sous-région dans la perspective des APE et de la ZLECAF à travers l’appui aux Bureaux de restructuration et de mise à niveau (BRMN) et aux Bourses de sous-traitance et de partenariat (BSTP), d’accompagner les TPE ainsi que de faire adopter la Directive communautaire pour la protection des consommateurs. Dans le domaine de l’économie numérique, il s’agit de finaliser l’évaluation des usages numériques et les politiques nationales en matière d’utilisation de masse du numérique, de mener à terme l’étude sur l’identification des goulots d’étranglement et sur les liaisons manquantes et de secours du réseau régional afin de prendre des mesures pour rendre le trafic régional plus fluide, et enfin d’élaborer un nouveau cadre législatif et réglementaire applicable au secteur de l’économie numérique en Afrique de l’Ouest.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

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Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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