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Entretien – Directeur de projet de Leduc succursale Guinée

« Les projets miniers en Guinée sont notre priorité »

Jean Roubion, directeur de projet de la filiale Leduc en Guinée, donne un aperçu des réalisations de son groupe en Afrique, et particulièrement en Guinée, où le secteur minier est dans sa ligne de mire. Leduc mise sur son expertise pour décrocher des marchés auprès des sociétés minières guinéennes.

Leduc est un acteur majeur du groupe Sartorius, qui emploie près de 300 personnes en France et réalise un CA de 80 millions d’euros. Créé en 1929, il est spécialisé dans le battage des palplanches et des pieux.

Pourquoi la Guinée et à quand remonte votre installation dans ce pays de la CEDEAO ?
Jean Roubion : L’entreprise Leduc fête en effet ses quatre-vingt-dix ans cette année et, depuis sa  reprise par le groupe Sartorius il y a une vingtaine d’années sous l’impulsion du président du groupe, Monsieur Gérard Comte, et du directeur général de Leduc, Monsieur Étienne Brenckmann, nous  manifestons une forte volonté de travailler à l’export, principalement au Moyen-Orient, au Maghreb et en Afrique subsaharienne. Nous avons mené beaucoup de projets en Algérie, en Angola et au Nigeria pour les grands donneurs d’ordre de l’industrie et de l’exploitation du gaz et du pétrole. Ces projets nous ont conduits à développer d’autres compétences que nos métiers de base, les fondations profondes et spéciales comme la construction de ponts et d’infrastructures portuaires. Nous sommes venus en Guinée en 2007, à Tinguilinta, pour le projet de construction de la raffinerie d’alumine GAC (Guinea Alumina Corporation), malheureusement interrompu en 2009. Nous sommes revenus en 2016, toujours pour GAC, mais cette fois sur le terminal minier de Kamsar avec Colas, du groupe Bouygues, comme partenaire.

Quelles sont les réalisations qui font la fierté de Leduc en Guinée ?

Bien entendu, les projets que nous avons réalisés pour GAC, et notamment le pont sur la Dougoufissa à Kamsar. Mais, pour l’avenir, le contrat que nous venons de décrocher avec le ministère des Travaux publics de la République de Guinée concernant la construction d’un pont unique à Tanéné en remplacement des quatre ponts existants sur la RN3, entre Dubreka et Boffa, sur l’axe des mines bauxite, et le pont de Diassa, en Haute-Guinée, vers Kérouané, en remplacement de l’ancien pont qui s’est effondré l’année dernière.

Avez-vous d’autres marchés dans la région UEMOA ou dans les pays anglophones de la CEDEAO et de la CEEAC ainsi que dans les pays du Maghreb ? Quelle est la part de marché issue de l’Afrique sur le CA du groupe Sartorius ?

L’entreprise mène actuellement le projet de construction du port de vraquiers de Bargny-Sendou, au Sénégal, à trente kilomètres à l’est de Dakar. En parallèle, nous menons un autre projet au Nigeria, dans l’État de River-State, pour Aveon-Offshore, prestataire, entre autres, de Total pour les champs pétroliers Egina au large de Port-Harcourt. Il s’agit de la construction d’un slipway qui permet de mettre à l’eau des équipements pétroliers, mais aussi d’un quai pour le chargement des autres équipements au profit d’autres clients pétroliers d’Aveon-Offshore. Nous avons beaucoup travaillé en Algérie, en Angola, en Égypte, au Yémen et en Tunisie, où nous gardons beaucoup de contacts à l’écoute des projets à venir. Leduc représente la part export du groupe, avec plus ou moins 50 % de son CA en Afrique suivant les années.

De manière concrète, quels sont les domaines de compétence de Leduc et quelle est la  marque de fabrique qui fait sa force ?

La marque de fabrique de l’entreprise est sa réactivité au service de ses clients. Comme il s’agit d’une PME, la décision est rapide et le contact avec les décisionnaires immédiat, vingt-quatre heures par jour et sept jours sur sept. Les quatre-vingt-dix ans d’expérience de l’entreprise dans ses corps de métier lui confèrent une expertise incontestable. Elle dispose d’un bureau d’étude interne capable de mener les projets en conception, réalisation et suivi d’exécution, que ce soit au niveau des notes de calcul ou des plans d’exécution de méthodologie. Leduc a fidélisé un noyau de personnel permanent, mobile et compétent. Enfin, l’entreprise est dotée de tout le matériel et des équipements en interne : grues de 40 à 300 tonnes, marteaux hydrauliques et diesel, vibro-fonceurs, barges autoélévatrices et flottantes, pousseurs, etc.

Pour vos marchés à l’international, notamment en Afrique, être détenteur des labels ISO 18001 et 14001 en matière de qualité et d’environnement ainsi que d’un autre label pour la santé et la sécurité au travail est-il un facteur déterminant de crédibilité auprès de vos interlocuteurs ?

C’est indispensable. Aujourd’hui, nos clients exigent ces niveaux de certification et de qualité, et nous-mêmes, nous devons nous assurer du respect de ces exigences concernant l’environnement ainsi que la santé et la sécurité de nos employés. Il faut noter que plus de 90 % de notre personnel de chantier est local et que nos performances dans ces domaines nous permettent de maintenir le niveau de sécurité et de formation à la hauteur des attentes de nos clients.

Pourquoi vous adresser spécifiquement aux compagnies minières de Guinée lors d’un afterwork le 26 septembre à Conakry ?

Pour nous, les miniers sont des clients essentiels, particulièrement fiables et organisés, et entretenir certes des relations de travail, mais aussi cordiales, nous paraît indispensable. Nous sommes en Guinée avec GAC depuis 2007. Nous répondons sur les différents projets miniers, qui se multiplient ces derniers mois, qu’il s’agisse d’infrastructures portuaires ou de génie civil, et pouvoir se rencontrer en dehors des réunions de travail habituelles nous permet d’échanger et de partager d’une façon plus directe et plus conviviale. En plus du projet des ponts de Tanéné et de Diassa avec le ministère des Travaux publics déjà évoqués, les projets miniers en Guinée sont notre priorité. Nous sommes en mesure d’apporter de l’expertise, mais aussi les engagements fermes qu’exigent ces clients privés en matière de qualité et de délais.

Propos recueillis par Paul de Manfred

Auteur

EA Magazine

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