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Entretien – Directeur de la recherche géologique et minière du BUMIGEB

« Un défi majeur : poursuivre la prospection des hydrocarbures »

Abdoulaye Ouédraogo, directeur de la recherche géologique et minière du Bureau des mines et de la géologie du Burkina Faso (BUMIGEB), confirme l’ouverture d’une unité pilote pour promouvoir les minéraux de développement, ainsi que la tendance haussière du CA à 1,583 milliard de FCFA en 2019, contre 1,312 milliard en 2018.

Suite à vos réformes concernant la structure financière de la société, le CA a augmenté de 48 % de 2016 à 2017, passant de 717 millions à 1,063 milliard de FCFA. La tendance s’est-elle confirmée en 2018 et 2019 ?

Abdoulaye Ouédraogo : Le chiffre d’affaires de la société a effectivement connu une hausse entre 2016 et 2017, et cette tendance haussière s’est également confirmée en 2018 avec une réalisation de 1,312 milliard de FCFA. Au titre de l’exercice 2019, il est attendu un chiffre d’affaires de 1,583 milliard de FCFA.

Quelles sont vos ambitions pour le chiffre d’affaires en 2020 ?

Bien que nous nous consacrions beaucoup aux missions de service public qui nous sont confiées par l’État, nous travaillons également à améliorer substantiellement notre chiffre d’affaires à travers les  missions de prestations commerciales que nous exécutons au profit du privé. Pour 2020, nos ambitions en termes de chiffre d’affaires sont de réaliser 1,856 milliard de FCFA. Les experts du BUMIGEB ont été chargés de suivre le lancement du levé géophysique aéroporté haute résolution en magnétisme et spectrométrie gamma du bloc B du quart sud-est du Burkina Faso.

Quelle est l’importance de ce projet financé à hauteur de 1,3 milliard de FCFA par la Banque mondiale ?

Il faut dire qu’au-delà du lancement, nos techniciens ont participé au processus de contrôle qualité depuis la phase d’acquisition jusqu’à la livraison des résultats de ce levé géophysique. Effectivement, le ministre des Mines et des Carrières, Monsieur Oumarou Idani, a procédé le 27 avril 2018 à Fada N’Gourma au lancement officiel du levé géophysique aéroporté haute résolution en magnétisme et spectrométrie gamma du quart sud-est du Burkina Faso qui couvre les régions de l’Est, du Centre-Est, du Sahel, du Centre-Nord, du Centre-Sud et du Plateau central, soit une superficie de 72 000 km² du territoire national. Les résultats de ces travaux ont permis d’actualiser les données géophysiques aéroportées et d’harmoniser la couverture géophysique du pays car cette zone avait été couverte dans les années 70 avec une technologie moins avancée. Ce projet a permis au BUMIGEB, en tant que  service géologique national, de couvrir l’ensemble du pays en levé géophysique aéroporté haute résolution en magnétisme et spectrométrie gamma et de mettre à la disposition des investisseurs des données fiables qui impacteront significativement le développement du secteur minier burkinabè. Entre autres résultats obtenus, des zones prospectives ont été définies pour les substances minérales notamment en cuivre-or-argent (Cu-Au-Ag), zinc (Zn), bauxite (Al), phosphate (Ph), uranium (U), fer-titane-vanadium
(Ti-Cr-Va), nickel-chrome (Ni-Cr), kimberlite, etc. Les
contrôles au sol sont assurés par les techniciens et il ne
fait aucun doute que la zone couverte par les récents
travaux de géophysique, le bloc B, sera la prochaine
destination pour les investisseurs miniers. Ce projet
s’inscrit en droite ligne dans la politique minière de notre
pays telle que prescrite dans le Programme national de
développement économique et social (PNDES) : accroître
et diversifier la production minière du Burkina Faso.
En 2020, le BUMIGEB envisage d’ouvrir une unité
pilote pour promouvoir les minéraux de développement,
économiquement très importants pour tous les pays
miniers. Pouvez-vous nous en parler ?
L’unité pilote pour la promotion des minéraux de développement
prévue en 2020 va porter sur la valorisation
des substances de carrières et des minéraux industriels,
notamment les grès de la région de Bobo-Dioulasso,
dans la partie ouest du pays. Cela va consister en la
mise en place d’une unité d’extraction, de traitement et de transformation des grès pour la production des matériaux
d’embellissement tels que les pavés, les carreaux,
les granulats, etc. Le constat est qu’au Burkina Faso, le
potentiel en matériaux locaux (granites, grès, argiles,
latérites…) est énorme, mais qu’il n’est pas valorisé à
la hauteur de ce que font d’autres pays africains ou
européens. Les sites de grès propices à la production
des pavés ont été identifiés. Á court terme, les produits
issus de leur transformation serviront à l’embellissement
des édifices tels que la mairie ou la préfecture de la
commune abritant le site de production, ainsi que la
Direction régionale du BUMIGEB à Bobo-Dioulasso
et le siège à Ouagadougou. Ces sites expérimentaux
serviront à former en technique de production des
matériaux d’embellissement issus de la transformation
des grès les potentiels promoteurs du secteur des
carrières, en vue de pérenniser l’activité.
Pourquoi ne pas avoir renouvelé
les journées portes ouvertes au
BUMIGEB ? Celles de 2016 avaient
pourtant fait connaître les activités
de la société et offert des opportunités
d’affaires. Cet événement pourra-t-il
être renouvelé ?
En réalité, les journées portes ouvertes
du BUMIGEB ont bien été renouvelées,
mais elles ont été couplées à la commémoration
du 40e anniversaire de la
société en mai 2018. Au regard de l’engouement
des partenaires et du grand
public, les journées portes ouvertes
sont aujourd’hui pour le BUMIGEB un
canal privilégié de communication. Par
conséquent, le BUMIGEB ne ménagera
aucun effort pour la réalisation
d’autres journées portes ouvertes.
Quels sont les défis inscrits sur votre
feuille de 2020 et quelle place sera
accordée à la formation, notamment
au projet que vous chérissez tant, celui
de l’École des métiers des mines ?
Les défis majeurs du BUMIGEB en
2020 sont notamment de poursuivre
la prospection des hydrocarbures dans
les bassins sédimentaires, d’intensifier la recherche de
substances stratégiques telles que les terres rares et les
métaux de base, de renforcer les capacités techniques
et opérationnelles du BUMIGEB et de mettre en oeuvre
le projet École des métiers des mines. Concernant ce
dernier défi, il faut noter que la formation occupe une
place prépondérante dans l’exécution des missions du
BUMIGEB. En effet, la recherche de personnel qualifié
exige l’optimisation de l’offre en éducation et en
formation pour la mettre en adéquation avec
les besoins du secteur minier burkinabè. Il en
résulte donc la nécessité de créer une structure
spécifique de formation aux compétences du
domaine des mines et des carrières. De plus, le
Programme prioritaire du chef de l’État pour la
période 2018-2020 a inscrit au titre des investissements
structurants la mise en place d’une école des
métiers des mines. Ce projet permettra donc au pays
de disposer d’une école d’excellence pour former des
cadres et des techniciens dans les différentes branches
du domaine minier telles que l’exploration et l’exploitation
minières, la valorisation des ressources de mines
et de carrières, la maintenance industrielle et la sûreté
des installations, et enfin l’administration des mines.
Propos recueillis par Paul de Manfred

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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