logo

Entretien – Directeur général du Bureau des mines et de la géologie du Burkina: « Entre 2016 et 2017, le CA s’est accru de 48 % »

Entretien – Directeur général du Bureau des mines et de la géologie du Burkina: « Entre 2016 et 2017, le CA s’est accru de 48 % »

Aristide Zongo, directeur général du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB), donne quelques indications sur la stratégie mise en oeuvre pour diversifier la production minière de son pays.

Quel commentaire vous inspire le bilan 2017 du BUMIGEB
par rapport à celui de 2016 ?
Aristide Zongo : D’une manière générale, les performances
de la société se sont améliorées entre 2016 et
2017. Le total du bilan de la société au 31 décembre
2017 se situe à 8 247 millions de FCFA, contre 7 088 millions
de FCFA au 31 décembre 2016. Il faut noter
que l’Assemblée générale des sociétés d’État (AGSE),
lors de sa 25e session tenue en juin 2017, avait formulé
après examen des états financiers de la société
une recommandation relative à l’amélioration de son
chiffre d’affaires dans le but de garantir sa pérennité
économique et financière. Nous avons fait des efforts
et opéré des réformes dans le sens du renforcement de
la structure financière de la société qui ont abouti à un
accroissement du chiffre d’affaires de 48 % entre 2016
et 2017 : le chiffre d’affaires est passé de 717 millions
de FCFA en 2016 à 1 063 millions de FCFA en 2017.
Le résultat net de l’exercice 2017 tel qu’adopté par
l’AGSE est de + 216,192 millions.
Quel impact ont eu la mise en oeuvre du Fonds de
financement de la recherche géologique et minière et
de soutien à la formation ainsi que le mécanisme de
financement du BUMIGEB par les compagnies minières
à hauteur de 10 % de leurs travaux de sondages miniers
et d’analyses géochimiques ?
Ce mécanisme de financement n’a pas encore été mis en
oeuvre. Ce que l’on peut retenir, c’est que cela constituera
une opportunité pour accroître les ressources,
notamment le chiffre d’affaires et le financement des
investissements de la société, mais probablement en
2019, quand ce mécanisme sera opérationnalisé.
Malgré toute la prudence du gouvernement à ce sujet,
pouvez-vous nous donner quelques informations sur
les indices trouvés pour parvenir à une diversification
de la production minière au Burkina Faso ?
Depuis 2012, au-delà des ressources financières de
l’État, nous bénéficions de l’accompagnement de
la Banque mondiale à travers le Projet d’appui au
développement du secteur minier (PADSEM) pour
le renforcement de l’infrastructure géologique et la
formation du personnel. La combinaison de ces différentes
contributions nous a permis d’acquérir de
nouvelles informations géo-scientifiques susceptibles
de favoriser la mise en valeur des indices déjà connus
et la découverte de nouvelles occurrences minérales.
Au titre des derniers travaux, nous pouvons citer, outre
la formation du personnel, la cartographie géologique
de révision à l’échelle 1/200 000, l’actualisation de la
carte géologique et des indices minéraux à l’échelle
1/1 000 000, l’élaboration de nouvelles normes et
spécifications techniques pour l’établissement des cartes
géologiques aux échelles 1/100 000 et 1/50 000, la
restructuration de la base de données géo-scientifiques,
le levé géochimique régional en sédiments de ruisseaux
(stream sediment) du sud-ouest du Burkina Faso, le levé
géophysique aéroporté sur les quarts nord-est et sud-est du pays, et enfin l’acquisition d’équipements
techniques. Dans l’ensemble, les
derniers travaux ont permis de mettre en
évidence plusieurs zones prospectives pour
des substances autres que l’or. Ainsi des
zones prospectives ont été définies pour
des minéralisations comme le nickel, le
chrome, le fer, le cuivre, le zinc, l’uranium
et des cibles d’ultrabasites de type
pipes kimberlitiques, cibles privilégiées
pour la recherche de diamant. Le levé
géochimique régional en sédiments de
ruisseaux du sud-ouest du pays a quant
à lui permis de mettre en évidence des
indices de lithium, de terres rares et de
métaux rares.
Il est bon de noter que nos techniciens ont
effectué des contrôles au sol sur certaines
cibles et que les résultats sont très encourageants.
Concernant la diversification des
substances minérales exploitées, je voudrais dire que
c’est l’un des objectifs poursuivis par la Stratégie Mine
du Burkina Faso. Dans cette stratégie, il est proposé
que le BUMIGEB poursuive ses activités tout en contribuant
à une meilleure diversification de la production
minérale. Dans ce sens, nous poursuivons les efforts
nécessaires pour accélérer l’acquisition de données
géo-scientifiques susceptibles de permettre à l’industrie
de mener des travaux d’exploration plus poussés et,
à terme, d’exploiter de nouvelles mines. Notre pays
dispose de nombreux atouts et l’espoir est permis car
le BUMIGEB y est engagé et les cibles qu’il identifie
permettent d’orienter les sociétés d’exploration vers
les territoires les plus prometteurs.
2018 est une année spéciale pour le BUMIGEB, car
l’institution a fêté ses 40 ans. Quel faste avez-vous
donné à cet événement durant les trois jours qu’ont
duré les célébrations ? Avez-vous pu vous rapprocher
des populations avec des actions de proximité ?
La commémoration des 40 ans du BUMIGEB a été une
occasion privilégiée de faire une halte sur le chemin
parcouru depuis sa création et de nous projeter vers
l’avenir. Ce fut l’occasion pour les travailleurs actuels
de communier avec les travailleurs admis à la retraite,
y compris les pères fondateurs. Je profite d’ailleurs
de votre micro pour réitérer toute notre gratitude à
ces personnes qui n’ont ménagé aucun effort pour
honorer de leur présence les festivités pendant trois
jours. Je pense plus particulièrement aux ministres en
charge des Mines et des Ressources halieutiques, aux
anciens directeurs généraux du BUMIGEB, et enfin
au couple allemand Fritz Rainer Haut, expert géophysicien
ayant séjourné au Burkina Faso de 1973 à
1982. Les moments phares ont été
assurément la cérémonie d’ouverture
avec l’hommage rendu à l’un
des pères fondateurs, notre cher
regretté Émile Patoin Gamsonre,
par son compagnon de tous les
instants, le doyen Pierre Adama
Traoré, ainsi que le témoignage
de Monsieur Haut, qui n’a pas
manqué de rappeler que si le Burkina et devenu un
pays minier dynamique, c’est grâce aux travailleurs et
aux travailleuses du BUVOGMI et du BUMIGEB : ils
ont montré à la face du monde que notre sous-sol est
très riche, contrairement à ce qu’il nous était donné
de croire au lendemain des indépendances. Cette commémoration
des 40 ans a par ailleurs permis de faire
connaître les activités de la société au grand public à
travers les panels, les stands d’exposition, des jeux
radiophoniques et un débat télévisé. C’est vrai que
l’on nous a souvent reproché de communiquer très peu
sur les résultats de nos travaux, mais nous avons pris
l’engagement d’assurer dorénavant plus de visibilité à
ce que nous faisons. C’est pour cela que nous saluons
votre initiative de nous accorder la parole aujourd’hui.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

EA Magazine LLB Afrique
Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.
SAVOIR PLUS
ARTICLES RÉCENTS
Contact Info
LLB Afrique
  • 91 Rue FAUBOURG ST HONORE 75008 Paris – France
  • +33 1 42 65 25 52