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Entretien – Directeur général de la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce: « Le prêt immobilier est l’un des produits phares de la BSIC »

Issa Tiendrebeogo, directeur général de la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC Niger), revient sur sa stratégie de bancarisation déployée aussi bien en direction des fonctionnaires que des PME-PMI et, bien sûr, des start-up.En mars 2018, le nouveau siège de la BSIC a été inauguré par le président Mahamadou Issoufou accompagnéde toutes les autorités politiques du pays. Comment avez-vous vécu la présence du chef de l’État à cet événement ? Issa Tiendrebeogo : Tout d’abord, nous vous remercions de nous donner l’occasion de réitérer toute la reconnaissance du groupe BSIC au président de la République pour avoir rehaussé de sa remarquable présence cette cérémonie qui, au-delà de son caractère national et de son aspect événementiel, revêt une dimension régionale. Nous saluons également la présence du ministre des Finances, M. Massoudou Hassoumi, dont le soutien permet à la BSIC de jouer pleinement son rôle de banque de développement à travers le financement des grands projets tels que les infrastructures. La Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) est un groupe bancaire panafricain créé par les États membres de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), dont le Niger, qui assure le secrétariat général de cette importante organisation en la personne de Monsieur Ibrahim Sani Abani. Le groupe BSIC est un réseau de quatorze filiales. La présence du président de la République est à la fois une marque de soutien à l’ensemble du secteur bancaire et une manière de représenter ses pairs des pays signataires de la convention du 14 avril 1999 portant création du groupe BSIC. Que symbolise à vos yeux ce nouveau siège social dans le paysage bancaire nigérien ? L’immeuble construit en plein coeur de la capitale s’inscrit parfaitement dans la politique du groupe BSIC de doter chaque filiale d’un siège social. Cet imposant bâtiment édifié sur ressources propres de la filiale pour un coût global de 4,7 milliards de nos francs symbolise tout d’abord l’encrage du groupe BSIC dans le tissu économique nigérien. C’est un outil de travail qui permet aux agents et cadres de la banque de servir au mieux la clientèle. Par ailleurs, il participe à la dynamique d’embellissement de la ville de Niamey engagée par les autorités, et le décor sera parfait avec la voie express en construction dans le cadre du programme présidentiel et la bretelle d’environ 150 mètres qui viendra bientôt longer la façade de la banque, au grand bonheur des usagers. C’est dire également que le groupe BSIC, à travers notre filiale, accompagne le président de la République dans la mise en oeuvre de sa politique, toutes choses qui justifient aisément, si besoin était, la présence des plus hautes autorités de la République à la cérémonie.

Dans le cadre des réformes engagées par l’État, la bancarisation des fonctionnaires est à l’ordre du jour. Le ministre des Finances a instruit pour qu’à compter du 1er janvier 2019, leurs salaires soient payés exclusivement à travers le système financier. Quelles sont les dispositions prises par la BSIC pour accompagner cette décision ?

BSIC Niger a accueilli avec un grand intérêt cette réforme. Notre politique commerciale réserve déjà une place de choix au segment des particuliers. Nous avons mis en place une stratégie ciblée sur les particuliers, avec une force de vente agressive pour recruter le maximum de fonctionnaires dans nos livres. Par ailleurs, nous avons procédé à la baisse de nos frais de tenue de compte pour favoriser une plus grande adhésion des fonctionnaires. Cette baisse s’étend à toute la base de clientèle des particuliers et va au-delà de la campagne de bancarisation. Tout cela est accompagné avec des packages de produits et services sur mesure à travers lesquels chaque tranche de fonctionnaires trouvera son compte, et ces actions portent déjà leurs fruits. En plus des fonctionnaires de l’État, notre stratégie de bancarisation sera déployée en direction des PME-PMI. Nous vous rappelons que depuis 2016, la BSIC a ouvert au sein de la Maison de l’entreprise un guichet avancé qui nous permet d’offrir un compte bancaire aux start-up dès l’entame des formalités constitutives de l’entreprise. Par la suite, nous accompagnons le client avec des produits adaptés, à des conditions souples. Notre objectif à terme est d’apporter notre pierre à l’édifice pour une meilleure inclusion financière au Niger.

Votre produit Prêt immobilier s’adapte-t-il au Programme de Renaissance acte II qui porte sur la construction de 25 000 logements d’ici à 2021 ?

Le groupe BSIC a pour principale mission de participer activement au financement d’activités à caractère de développement économique et social dans les États membres. En droite ligne de cette mission, notre offre de prêt au logement s’adapte parfaitement au Programme de Renaissance acte II portant sur le financement des logements au Niger. Le prêt immobilier est aujourd’hui l’un des produits phares de la BSIC à travers un « product program » qui prend en compte toutes les couches sociales de notre pays. Ce programme s’inscrivant dans la durée, nous avons signé deux conventions de refinancement avec la Caisse régionale de refinancement hypothécaire (CRRH-UEMOA) qui nous permettent de refinancer les prêts immobiliers. Á cette date, une centaine de foyers a pu bénéficier de cet accompagnement. Une troisième convention est en instance de signature pour des prêts au logement visant exclusivement les foyers à très faibles revenus. Il s’agit en fait de souscription à des ressources concessionnelles destinées exclusivement à l’octroi de prêts à l’habitat en faveur des populations à revenus modestes pour des montants n’excédant pas quinze millions de FCFA et à un taux très compétitif. Nous sommes également en contact avec des promoteurs immobiliers parmi lesquels nous identifierons ceux à même d’accompagner le Programme de Renaissance dans sa mise en oeuvre. Nous restons par conséquent convaincu qu’avec ces efforts d’accompagnement et les différents projets en cours, sous forme de partenariat public-privé ou autres, le pari des 25 000 logements sera tenu d’ici à 2021.

Pour 2019, quelles sont vos priorités en termes d’objectifs à atteindre ?

Nos priorités pour l’année 2019 sont l’accroissement de notre part de marché, la poursuite du développement de notre réseau d’agences, le développement de l’image de marque de notre filiale, la création de nouveaux produits et services adaptés à chaque segment, le développement de notre base clientèle et enfin l’amélioration de la rentabilité de notre filiale.

Propos recueillis parPaul de Manfred

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EA Magazine

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