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Entretien – Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale du Niger: « La protection sociale, un axe majeur du Programme Renaissance »

Le Dr Akilou Ahmet Baringaye, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), se réjouit des 8,76 % de hausse des recettes entre 2016 et 2017, mais s’inquiète de la baisse de la masse salariale déclarée sur la même période.

En 2017, quel est le bilan financier et moral de la CNSS par rapport à 2016 ? A-t-il été à la hauteur de vos attentes, notamment en termes de mobilisation des financements ?

Dr Akilou Ahmet Baringaye : En ce qui concerne le budget 2017, il me paraît opportun d’indiquer qu’il était particulièrement marqué par notre engagement ferme et résolu à améliorer de façon continue le niveau des recettes de cotisations et produits de placement, à maîtriser les charges de gestion, qu’elles soient techniques ou de fonctionnement, à consolider les investissements, à rehausser la qualité du service des prestations, et enfin à moderniser le fonctionnement de la CNSS. Cet engagement s’est traduit, à la clôture des comptes de l’exercice au 31/12/2017, par une augmentation des recettes de cotisations sociales, passées de plus de 35,453 milliards de FCFA en 2016 à plus de 37,260 milliards en 2017, soit une progression de 8,76 %, donc significative et non négligeable, surtout dans une période marquée par des difficultés observées dans les secteurs minier et pétrolier. Ces difficultés, il faut le signaler, ont commencé à impacter négativement le nombre de travailleurs déclarés et, par voie de conséquence, la masse salariale soumise à cotisations. Au cours de la même période, il a en effet été observé une baisse de 1,24 % de l’effectif moyen des travailleurs déclarés par trimestre, qui passe de 70 667 en 2016 à 69 790 en 2017. Il en est de même de la masse salariale déclarée, qui a connu une régression de presque 542 millions de FCFA en passant de plus de 161,112 milliards de FCFA en 2016 à environ 160,6 milliards en 2017, impactant du coup les produits techniques affectés aux trois branches de sécurité sociale gérées par la CNSS. S’agissant des autres aspects positifs du bilan de l’exercice 2017, on peut citer l’effectivité de la modernisation des services et des méthodes de travail, qui s’est traduite par la poursuite de l’informatisation du traitement des dossiers de prestations sociales pour réduire les délais et payer les prestations à bonne date, la mise à disposition de moyens adéquats de travail, la reprise du manuel de procédures en vue de simplifier les traitements des dossiers et améliorer du coup la qualité du service rendu aux usagers, et enfin la politique fort appréciable de placement qui a permis de renforcer la viabilité financière de l’institution, de sécuriser les actifs et de rentabiliser la trésorerie active. En effet, au cours de l’exercice 2017, les différents placements financiers ont généré des revenus d’un montant global de plus de 5 milliards de FCFA, contre environ 3,7 milliards en 2016, soit une progression de 39,33 %.

Où en est la CNSS dans ses offensives tous azimuts pour recouvrer les cotisations impayées des employeurs défaillants ?

Ce volet est l’un des véritables défis importants à relever, surtout quand on sait que les cotisations sociales constituent la principale source de financement de la CNSS. En dépit des résultats satisfaisants observés d’année en année dans la progression du niveau de recouvrement des cotisations sociales, on continue paradoxalement à observer un accroissement des restes à recouvrer malgré les moyens juridiques, matériels et humains importants, en phase avec les enjeux financiers, affectés au recouvrement de ces créances. Certains de ces moyens, du reste assez dissuasifs, ont favorisé un début de recouvrement efficace de ces créances au cours de l’année 2017. Enfin, la CNSS envisage de mettre en place, dans le cadre d’un plan stratégique triennal, des règles et des outils aptes à garantir et à pérenniser davantage la transparence et la bonne gouvernance de la gestion du recouvrement.

Quelle est la portée de la convention de partenariat signée en octobre dernier entre le programme Zinder Saboua et la CNSS et portant sur la construction de deux villas de standing ministériel ? Avez-vous des conventions du même type avec d’autres organismes ?

La convention signée dans ce cadre a pour objet de désigner la CNSS comme partenaire officiel de Zinder Saboua et s’inscrit dans la logique d’accompagner le président de la République et le gouvernement dans l’ambitieux programme de modernisation des grandes villes à travers la fête tournante de la célébration de la République du 18 décembre. Cette convention couvre deux volets : le premier, comme vous l’avez signalé, concerne la construction de deux villas de standing ministériel, et le deuxième porte sur la prise en compte de la CNSS dans le plan de communication des festivités dont, entre autres, le stand de la CNSS sur le site des expositions, l’intégration au plan média et la présence du logo de la CNSS sur tous les supports de promotion. Par rapport à la deuxième partie de votre question, je vous confirme qu’avant de signer la convention de Zinder Saboua, la CNSS en avait signé deux autres avec l’Agence nationale pour l’organisation de la Conférence de l’Union africaine Niger 2019.

Quelle place a été accordée à la sécurité sociale dans le Programme de Renaissance acte II du président de la République ?

La protection sociale, faut-il le rappeler, est l’un des axes majeurs du Programme de Renaissance du président de la République. La protection sociale recouvre un ensemble de politiques et de programmes publics et privés visant à prévenir, réduire et éliminer les aspects économiques et sociaux de la vulnérabilité face à la pauvreté. En d’autres termes, elle désigne tous les mécanismes de prévoyance collective qui permettent aux individus ou aux ménages de faire face financièrement aux conséquences des risques sociaux, soit les situations pouvant provoquer une baisse des ressources ou une hausse des dépenses comme la vieillesse, la maladie, l’invalidité, le chômage, les ch rges de famille… En ce qui concerne la composante sécurité sociale gérée par la CNSS, il a été émis en 2017 plus de 15 milliards de FCFA au titre du paiement des prestations sociales régulièrement versées aux bénéficiaires et près de 2 milliards au titre du financement des prestations de l’action sanitaire et sociale au profit des assurés, de leurs ayants droit et de l’ensemble de la population. Par le volume important des investissements dans divers secteurs – placements financiers, prises de participation et octroi de subventions à diverses organisations socio-professionnelles – et des dépenses en prestations sociales, notre institution contribue incontestablement au développement économique et social du pays et lutte contre les différentes formes de vulnérabilité des travailleurs et de leurs familles, susceptibles de les enliser dans la pauvreté, notamment avec les activités d’action sanitaire et sociale menées au niveau des centres médico-sociaux de la CNSS, qui étendent leurs prestations à l’ensemble des populations qui les fréquentent.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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