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Entretien – Directeur général de la Société nigérienne des produits pétroliers: « Chercher d’autres perspectives en 2019 »

Ibrahim Nomao, directeur général de la SONIDEP, évoque les incontestables avancées dans l’organisation et la modernisation de cette entreprise, acquises grâce à son action. Il reste toutefois lucide sur les contraintes liées aux modalités de fonctionnement avec son fournisseur et sur la nécessité d’ouvrir de nouvelles voies pour assurer l’équilibre financier de la société.À votre arrivée à la SONIDEP, vous nous aviez parlé de votre intention de restructurer son organisationet sa façon de s’approvisionner pour la rendre plus efficace et faire plus d’économies. Quel est le bilan de cette action et quels problèmes restent à régler ? Ibrahim Nomao : La restructuration que nous avons entamée en 2016 a en effet concerné, sur le plan interne, la réorganisation des services, qui visait une nouvelle démarche administrative et, sur le plan externe, l’obtention d’un accord additionnel avec notre fournisseur principal, la SORAZ. Il fallait assurément mettre de l’ordre dans nos enlèvements. Cette action peut donc être considérée comme une réussite pour les finances de la société. Aujourd’hui, deux problèmes nous étranglent véritablement, le mot n’est pas trop fort : l’augmentation de prix de cession SORAZ-SONIDEP au domestique et le partage de l’export entre nous et notre fournisseur, la SORAZ. L’augmentation du prix de cession SORAZ-SONIDEP se traduit par des manques à gagner énormes pour nous. En effet, cette augmentation n’étant pas prise en compte dans la structure de prix des hydrocarbures, elle se traduit en perte pour chaque vente d’un litre de gasoil ou d’essence en interne. La SONIDEP, qui jadis avait la totalité de l’export, se trouve aujourd’hui à 50/50 avec la SORAZ. Organisez-vous régulièrement des visites à l’intérieur du pays comme en juillet dernier à Diffa, où vous étiez accompagné d’une forte délégation de la SONIDEP ?Quelle importance accordez-vous à ces visites de terrain et de contact avec le personnel, notamment en province ? L’étape de Diffa en juillet dernier était la dernière du premier périple de ma tournée de visite dans les dépôts de l’intérieur du pays. Tous les dépôts sont des propriétés de la SONIDEP, et c’est pourquoi la secrétaire générale et moi-même effectuons chacun, au moins une fois l’an, le tour de tous nos dépôts pour prendre contact avec nos agents et nos prestataires ainsi que pour voir l’état de l’outil de travail. Ces tournées nous permettent de prendre de bonnes décisions quant au fonctionnement de ces dépôts. Comment évolue le vaste programme de modernisation des centres de dépôt, programme considéré comme stratégique pour le renforcement de l’outil de production de la SONIDEP ? Notre programme de modernisation des dépôts se poursuit normalement malgré quelques contingences. La construction du dépôt de Tahoua est terminée, et celle de Maradi va l’être dans les meilleurs délais. Le dépôt de Tahoua a été réceptionné et se trouve désormais en production. Le prochain dépôt sur notre programme sera celui de Torobi. C’est un grand dépôt dédié à l’export vers le Mali et le Burkina Faso. Parallèlement, la modernisation des outils d’exploitation se poursuit pour les dépôts existants. La SONIDEP détient sept centres de dépôt dotés d’équipements de contrôle, d’analyse et de sécurité et d’une capacité globale de stockage de 40 549 m3. Poursuivez-vous votre programme de construction de dépôts et comment assurez-vous leur sécurité au regard du climat actuel dans la sous-région ? J’ai répondu à une bonne partie de votre question à l’instant. Concernant la sécurité, nous avons notre propre organisation en interne pour assurer la sécurité de nos biens et de nos installations. Avec les menaces sécuritaires venues d’ailleurs, nos dépôts sont gardés par des détachements des forces de défense et de sécurité de notre pays, à qui nous rendons un hommage mérité. Pour l’exercice 2018 qui s’achève, à quoi vous attendez-vous au niveau du chiffre d’affaires si l’on tient compte des tendances actuelles du cours du brut sur le marché ? Nous sommes tributaires de ce que nous donne notre partenaire, la SORAZ. Il est toujours difficile de prévoir et d’être juste sur nos prévisions. Ce qu’il faut dire, au vu des principes de l’année 2018 avec leur corollaire de maintenance à la SORAZ et la diminution de la production, c’est que le chiffre d’affaires ne peut qu’être bas. Pour 2019, quelle sera la priorité inscrite sur votre feuille de route ? Le cap reste le même en 2019 : lutter en continu contre la fraude, poursuivre la modernisation des dépôts vétustes, et enfin chercher d’autres perspectives susceptibles d’apporter l’équilibre financier à la SONIDEP.

Propos recueillis par Andju Ani

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