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Entretien – Directeur général de l’Agence de promotion des investissements privés

« La Guinée présente l’un des retours sur investissement les plus élevés »

Namory Camara, directeur général de l’Agence de promotion des investissements privés (APIP), explique comment son agence entend capitaliser l’apport des investissements des Guinéens de l’extérieur, soit près de 300 millions de dollars injectés en 4 ans dans le pays.

Concernant l’apport en investissements directs étrangers (IDE), l’amélioration du  climat des affaires et la création de sociétés, quel est le bilan de l’APIP en 2018 par rapport à 2017 ?

Namory Camara : En général il convient de noter un accroissement remarquable des investissements
directs étrangers (IDE) de 2016 à 2018. Toutefois, nous avons enregistré une légère baisse en 2018 en raison du contexte économique mondial difficile que vous connaissez. Dans le but de rapprocher l’APIP des promoteurs nationaux et de développer l’entrepreneuriat rural, l’Agence a procédé à la consolidation des antennes existantes, notamment celles de Boké et Labé, mais en a aussi créé de nouvelles : à Kindia au mois de mai et, très bientôt, à Faranah. Dans la panoplie de réformes mises en place depuis quelques années, l’APIP continue sa digitalisation par son interconnexion avec la Direction nationale des Impôts, les cabinets de notaires et, depuis quelques jours, certaines ambassades. Tout ceci concourt à la célérité des créations d’entreprises au niveau de l’Agence : plus de 80 % des entreprises ont été créées en moins de 48 heures. En dépit de quelques difficultés constatées en 2018 en matière de création d’entreprises, nous nous réjouissons de constater de bonnes perspectives en 2019 : les chiffres disponibles à date pour la période janvier-septembre 2019 font état de la création de 8 192 entreprises. S’agissant du climat des affaires, il constitue un levier essentiel pour attirer les investisseurs et favoriser le développement économique et social du pays. Malgré le contexte mondial difficile, la Guinée continue sa dynamique de réformes dans le cadre de l’amélioration de l’environnement des affaires. Elles ont permis l’amélioration du score de la Guinée, qui a progressé de 10 places au classement Doing Business 2018.

Où investir et quels sont les secteurs porteurs ?

Conformément au Plan national de développement économique et social (PNDES), cinq secteurs prioritaires ont été définis par le gouvernement : l’agriculture, les mines, les technologies de l’information et de la communication, l’énergie et les infrastructures. Nous exhortons donc les investisseurs à investir de préférence dans ces secteurs très porteurs. Il ne serait d’ailleurs pas exagéré de souligner que la Guinée présente l’un des retours sur investissement les plus élevés.

Comment capitaliser sur l’apport des Guinéens de l’extérieur, qui ont injecté en 4 ans près de 300 millions de dollars dans l’économie du pays, et renforcer les IDE ?

À l’APIP, nous avons un département relations publiques et Guinéens de l’étranger qui a entre autres responsabilités celle de faciliter la création d’entreprises par la diaspora, raison pour laquelle nous avons interconnecté notre plate-forme de création en ligne avec les ambassades. Aujourd’hui par exemple, à partir de la Belgique, des Guinéens peuvent créer leurs propres entreprises, ce qui peut concourir à drainer cette masse financière que vous évoquez. Pour rendre le pays plus attractif à l’endroit des investisseurs, il est important de continuer et d’amplifier la dynamique de réformes concourant à l’amélioration du climat des affaires, conformément à la volonté de Son Excellence Monsieur le président de la République et de son Premier ministre. En outre, vous avez certainement constaté qu’à chaque déplacement, le président de la République et le Premier ministre sont toujours accompagnés du secteur privé local, et ils ne ménagent aucun effort pour vendre l’image de la Guinée. Nous comptons donc montrer aux investisseurs qu’il n’y a pas que le secteur minier. En diversifiant les secteurs dans lesquels les étrangers peuvent investir, nous estimons que l’on pourra rendre le pays encore plus attractif.

Quelle est l’évolution de la Guinée dans le dernier classement Doing Business ?

Le score de la Guinée dans le classement Doing Business s’est nettement amélioré ces dernières années, et cela s’est matérialisé par un bond significatif de 2012 à 2019. En effet, en 2019 la Guinée occupe le 152e rang, et se trouve aujourd’hui parmi les trois pays francophones les plus réformateurs d’Afrique.

Quelles sont vos priorités pour cette fin d’année 2019 ?

Depuis quelques mois, nous avons initié une série d’actions à l’APIP visant à faire la promotion de la Guinée à travers les événements les plus importants à l’étranger, certes, mais aussi en Guinée. Par ailleurs, nous voulons toujours contribuer à formaliser le secteur informel, raison pour laquelle nous lançons bientôt l’APIP mobile auprès des promoteurs locaux afin de faciliter leur accompagnement. Nous voulons aussi continuer la formation et faciliter l’accès au financement du secteur privé guinéen, ce pourquoi nous sommes en train de constituer un écosystème dans lequel les institutions financières s’engageraient, comme l’a fait la Société Générale à travers la Maison des PME logée à l’APIP et qui sera cogérée par nos deux entités. Nous avons également signé avec d’autres institutions financières, et non des moindres, des conventions de partenariat pour accompagner les jeunes et les femmes dans leurs projets. Considérant que la majorité de notre population active évolue dans le secteur primaire, nous continuerons de renforcer nos antennes régionales en mettant l’accent sur l’agro-business des jeunes et des femmes. En 2020, notre priorité reste d’améliorer le classement de la Guinée dans le Doing Business, mais aussi de faire de l’APIP une véritable porte d’entrée des investisseurs pour la création et l’accompagnement.

Propos recueillis par Paul de Manfred

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EA Magazine

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