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Entretien – Directeur général de l’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina

« L’Agetib veille au renforcement des capacités des entreprises du BTP »

Mathieu Lompo, directeur général de l’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina (Agetib), envisage de faire bénéficier la sous-région de l’expertise de cette institution. Parmi ses priorités de 2020 figure la réalisation des travaux de réhabilitation et d’extension du port sec de Bobo-Dioulasso.

En prenant la tête de l’Agetib en juillet 2018, vous
vous êtes engagé à mettre votre solide expérience à son
service afin d’en faire « une agence prospère au-delà
de nos frontières ». Avec quelle stratégie comptez-vous
réussir ce challenge ?
Mathieu Lompo : C’est vrai qu’il fallait oser, car il
n’est jamais facile de quitter une position internationale
pour un poste national. Mais vu le dynamisme de
ce secteur depuis l’arrivée de M. Éric W. Bougouma
à la tête du ministère des Infrastructures, cet appel
à candidature pour la direction générale de l’Agetib
a été l’occasion de nous dire que c’était le moment
de revenir mettre notre modeste expertise au service
de notre pays à ses côtés. À notre prise de service en
juillet 2018, nous avons développé et mis
en oeuvre plusieurs stratégies. La première a
été d’amener l’ensemble du personnel à faire
corps avec l’outil de travail pour réussir le
minimum de projets confié par l’État : ainsi
avons-nous pu conduire avec succès le projet
de voiries dans le cadre du 11 décembre à
Manga en 2018 et à Tenkodogo en 2019,
avec les félicitations des plus hautes autorités
du pays et à la satisfaction générale des
populations bénéficiaires. La deuxième stratégie
a consisté à mettre à jour les outils de
gestion : révision du manuel de gestion des
marchés publics, de procédures administratives
et comptables ou encore du statut du
personnel, et renforcement des capacités du
personnel. Cette stratégie a fait de l’Agetib
la première agence de maîtrise d’ouvrage
déléguée (MOD) du Burkina Faso dotée
d’un manuel de procédures de gestion des
marchés approuvé par le ministère de l’Économie,
des Finances et du Développement,
conformément au modèle élaboré en 2016
par l’Autorité de régulation de la commande
publique (ARCOP). La troisième stratégie a été de prospecter
au-delà de notre tutelle technique, le ministère en
charge des Infrastructures routières, car, même si l’État
reste le principal intervenant dans le développement
et la sauvegarde du patrimoine routier, il y a d’autres
maîtres d’ouvrages résiduels comme le secteur privé
et les collectivités locales. Ainsi, nous avons pu signer
des conventions avec les compagnies minières IAM
GOLD Essakane, BISSA GOLD, etc., pour la réalisation
des routes qui desservent leurs mines, et avec la
Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso
(CCI-BF) pour la conduite du projet de réhabilitation
et d’extension du port sec de Bobo-Dioulasso sur financement
de la BOAD. Nous sommes en négociation assez avancée avec le Conseil régional de l’Est pour
l’accompagner dans un important projet de réalisation
de pistes rurales sur financement de l’Agence
française de développement (AFD). Enfin,
nous n’avons pas perdu de vue l’international,
que nous espérons prospecter cette année.
Le déploiement de ces stratégies et le soutien
de notre ministre de tutelle technique et
de nos administrateurs ont remis l’agence en
orbite afin qu’elle assume pleinement son objet social, à
l’image des agences soeurs de la sous-région, notamment
l’AGEROUTE Sénégal ou Côte d’Ivoire.
L’Agetib va atteindre en 2020 ses dix ans d’existence.
En une décennie, quelle aura été la contribution de
son expertise en appui aux maîtres d’ouvrages dans
les projets routiers ?
Effectivement, 10 ans de vie, même si c’est important
humainement parlant mais peu dans la vie d’une organisation,
c’est cependant assez pour faire un point sur son
parcours. Deux missions majeures avaient été assignées
par le gouvernement à l’Agetib lors de sa création en
2010 : assurer la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets
d’infrastructures routières selon les principes d’indépendance,
d’économie, d’impartialité, de transparence et
d’efficacité, et veiller au renforcement des capacités des
bureaux d’études et des entreprises de BTP
dans l’optique de l’élévation du niveau
de professionnalisme, de la quête de la
qualité dans l’exécution des prestations et
du respect de l’éthique. En une décennie,
si l’on se réfère à sa première mission,
l’Agetib a contribué directement à la mise
en oeuvre d’une trentaine de projets routiers
(études et/ou réalisations) pour un
montant estimé à plus de 120 milliards
de FCFA avec plusieurs sources de financement
: budget de l’État, MCC, Banque
mondiale, Coopération suisse, BOAD,
FSR-B, etc.
2020 étant une année fortement chargée
politiquement, quelles vont être vos
priorités ?
Nos priorités sont de réussir la réalisation
des différents projets en cours à la
satisfaction des maîtres d’ouvrage et des populations
bénéficiaires. Ces projets se résument en trois points.
En premier, la réalisation des travaux de bitumage de
50 km de voiries urbaines entrant dans le cadre du
11 décembre 2020 dans les villes de Banfora, Sindou
et Niangoloko (Région des Cascades) sur financement
du budget de l’État. En second lieu, la réalisation des
travaux d’aménagement de voiries urbaines et des
canaux de drainage d’eaux pluviales dans les villes de
Tenkodogo, Ouahigouya, Dédougou, Koudougou et
Manga, dans le cadre de la mise en oeuvre de la composante
B du Projet de transport et de développement
des infrastructures urbaines (PTDIU) sur cofinancement
de la Banque mondiale et de la Coopération suisse,
et enfin la réalisation des travaux de réhabilitation et
d’extension du port sec de Bobo-Dioulasso au compte
de la CCI-BF sur co-financement de la BOAD, de la
BOA et de Coris Bank International.
Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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