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Entretien – Directeur général de l’Entreprise WELAS

« Le BTP n’est pas la seule activité de l’Entreprise WELAS »

Issaka Yugo, directeur général fondateur de l’entreprise WELAS, a estimé stratégique de renforcer le développement de sa société en se délocalisant dans la sous-région :  Sénégal, Mali, Guinée Conakry et Côte d’Ivoire.

Quel est l’historique de l’Entreprise WELAS ?
Issaka Yugo : Ma PME a été créée le 19 mars 2013 et,
lors de la formation de son capital, je me suis octroyé
une position d’actionnaire majoritaire. Á l’origine, je
suis d’une famille de commerçants. Après l’obtention
de mon diplôme supérieur sur le transit-transport et
la logistique à Ouagadougou (IFC, 2009), j’ai suivi,
toujours au Burkina, une autre formation essentiellement
tournée vers le commence international et le
management (IFC, 2010-2011). Après ce parcours
académique, j’ai travaillé de 2011 à 2012 au sein de
l’entreprise familiale auprès de mon père. Dès 2013,
j’ai souhaité me mettre à mon compte et m’assumer en
créant ma propre entité : l’Entreprise WELAS.
Le BTP est-t-il votre activité essentielle ou l’Entreprise
WELAS a-t-elle d’autres coeurs de métiers ?
Le BTP n’est pas la seule activité de l’Entreprise WELAS,
qui évolue aussi dans le secteur des équipements électroniques
ainsi que dans celui des équipements et du
matériel de sécurité et militaire. Par ailleurs, une autre
de mes activités, prisée ces deux dernières années par
mes différents clients, est d’une part le conseil dans
les dossiers se rapportant à l’obtention des marchés
publics, et d’autre part l’apport de mon expertise dans
l’accompagnement des sociétés internationales désireuses
de s’implanter sur certains marchés porteurs
des pays de la sous-région UEMOA.
Vous expliquiez promouvoir des équipements de sécurité
et de type militaire. Compte tenu du climat sécuritaire
inquiétant, ce matériel est-t-il très demandé ?
Actuellement, comme vous l’évoquez, le climat sécuritaire
est inquiétant. Notre pays connaît des événements
tragiques, et le Burkina Faso est en guerre déclarée
contre des groupes terroristes, ce qui lui vaut d’ailleurs
d’être classé en zone rouge par le Quay d’Orsay en
France. Permettez-moi de saluer au passage l’action du
chef de l’État, car nous vivons des moments difficiles et
chaque Burkinabè se doit d’être solidaire de l’action de
notre gouvernement dans cette guerre. Notre président
est dans la situation d’un chef de famille de cinq enfants
qui voit que les cinq sont gravement malades ainsi que
son épouse. Devant ce dilemme, lui, en tant que chef de
famille, soit il abandonne provisoirement son activité de salarié pour occuper une grande partie de son temps
à être avec le personnel hospitalier pour les soins de ses
enfants, soit il assume les deux situations : être auprès
de ses enfants tout en continuant à travailler pour
subvenir aux besoins de sa famille. Je prends expressément
cette image pour faire comprendre que Roch
Marc Christian Kaboré, étant ce chef de famille, doit
se dépasser tous les jours pour continuer à gouverner
le Burkina et à donner de l’espoir. Figurez-vous qu’au
bout de quatre ans il a pu, malgré ce climat de guerre,
engranger des résultats positifs dans les infrastructures
routières, la santé avec la gratuité des soins ainsi que
dans la création d’emplois, etc.
Certes cela est fort honorable de la part de votre président,
mais qu’en est-t-il de la demande de matériel
de sécurité ?
Bien évidemment, les équipements de sécurité sont
sollicités, car la demande est forte dans beaucoup de
secteurs, notamment les hôtels, les restaurants ou, par
exemple, les banques qui font appel à l’expertise des
sociétés en charge de la sécurité privée.
Sachant l’expertise que vous apportez à des multinationales
de la zone UEMOA, êtes-vous également présent
par des filiales dans la sous-région ?
En effet, je suis représenté dans la sous-région avec
des filiales dans quatre pays. En Côte d’Ivoire, je suis
à Abidjan à travers AGC (African Global Contrator),
alors qu’à Dakar au Sénégal, à Bamako au Mali et à
Conakry en Guinée, mes filiales sont sous l’enseigne
WELAS. Par ailleurs, en qualité de partenaire, je suis
en affaires avec certaines sociétés internationales : un
laboratoire militaire réputé, Tecknisolar-Seni, basé
Saint-Malo en France, une société d’équipement et de
matériel militaire connue sous le nom de Sofema, etc.
Pourquoi avoir estimé que pour vous développer, il
fallait vous délocaliser dans des pays de la sous-région ?
Quand j’ai commencé mes activités en 2013, alors que
j’étais tout jeune marié, j’avais le vent en poupe et je
pensais naïvement au succès et à la réussite rapides.
Mais dès 2016, j’ai rencontré de sérieuses difficultés,
notamment du fait d’une énorme commande au profit
d’une société de forage minier où j’ai passé la commande
à une société tunisienne et où j’ai laissé financièrement
des plumes. J’ai donc pris la décision de m’éloigner un
moment du Burkina Faso et fait le choix de m’installer à
Abidjan dans le but de me relancer. Cette décision était
judicieuse puisqu’elle m’a permis de connaître le succès
et de gagner des parts de marchés dans d’autres pays…
En termes d’effectifs, combien de salariés WELAS
emploie-t-elle ?
Ici, au Burkina Faso, en personnel fixe, WELAS emploie
10 salariés. En fonction des commandes de travaux et de
leur importance, j’emploie aussi des salariés temporaires.
Dans les autres pays, j’ai le même modèle économique
car j’interviens par appels d’offres, notamment dans le
secteur du BTP. Là aussi, en fonction des commandes
dans chaque filiale à l’exception de la Côte d’Ivoire, j’ai
à mon actif une ou deux personnes et dès l’obtention
d’un marché, je fais appel à des intérimaires.
2020 est une année cruciale au Burkina Faso avec le
double scrutin présidentiel et législatif. Les opérateurs
économiques comme vous sont-ils inquiets de savoir
si vos compatriotes vont pouvoir aller voter dans la
sérénité ?
En effet, c’est un temps fort de notre politique que
celui de choisir nos députés et notre président. Nous
ne sommes pas inquiets, car nous savons à l’avance
que des actes terroristes visant à perturber les élections
sont à prévoir. Et les opérateurs que nous sommes sont
conscients du fait que mener nos activités jusqu’au
bout est capital pour la santé économique du pays.
Personnellement, en tant que Issaka
Yugo, je me prononce pour un renouvellement
de contrat à Roch Marc
Christian Kaboré comme président
du Faso. Mon seul souhait est qu’il
puisse s’entourer de ministres ou
collaborateurs qui restent sur une
durée conséquente afin de mener à bien une politique
cohérente, notamment dans des secteurs-clés tels que
l’économie et les finances, les infrastructures, la santé,
l’éducation et l’habitat, où les actions peuvent être
jaugées, vantées, analysées et critiquées avec de bons
arguments à condition d’avoir laissé assez de temps
pour aller au bout des réformes. Il faut également que
le gouvernement revoie le renforcement des capacités
sociales, économiques, culturelles, etc.
Quelle vision de développement avez-vous pour votre
entreprise au Burkina Faso et vos filiales dans d’autres
pays ?
Pour les cinq prochaines années, mon regard est tourné
vers le secteur industriel. J’ai l’ambition d’apporter ma
contribution comme opérateur dans mon pays à travers
des activités industrielles.
Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

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