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Entretien – Directeur général de NIGER TELECOMS: « Un CA de 39,593 milliards en 2018, contre 33 milliards en 2017 »

L’État du Niger a décrété le 14 octobre 2015 en Conseil des ministres la fusion de SAHELCOM et de SONITEL en NIGER TELECOMS. Près de trois ans après, quel bilan pouvez-vous dresser de cette mise en commun des ressources des deux sociétés en termes de performance et de compétitivité ? Dr Abdou Harouna : Aujourd’hui, la situation de NIGER TELECOMS, héritière de SONITEL et de SAHELCOM, deux sociétés publiques marquées principalement par une situation sociale, technologique et financière préoccupante mais pas irrémédiablement compromise, a été redressée au grand bonheur de tous. Plusieurs réalisations ont été faites, au nombre desquelles, dans le domaine technique, la finalisation de l’installation des 42 BTS 3G et 92 BTS 2G du projet EXIMBANK avec mises en service effectives en 2018 pour le lancement de notre 3G, l’optimisation des équipements techniques et l’augmentation de la bande passante Pop vers les routeurs et Firewall de 1 Go à 10 Go, et enfin le déploiement du WiFi dans les grands centres urbains et les places publiques Niamey Gnala, Monteuil, Tahoua, etc. Comment se traduit ce bilan sur le plan commercial ? Par les actions suivantes : le lancement commercial de la 3G TURBO, le lancement commercial de FACHI, premier site village intelligent de l’ANSI, la création d’un centre d’appels (Call Center) de dernière
génération suivie de l’installation d’une plate-forme de SIM Registration qui permet l’identification et l’activation instantanée des nouveaux numéros, bientôt le déploiement du système E-money de NIGER TELECOMS en attente de l’autorisation de la BCEAO, également l’établissement et la finalisation du roaming international avec plus 600 destinations, et enfin bientôt le lancement commercial dudit service. Dans le domaine managérial, quelles ont été les avancées ? La mise en place d’un progiciel de gestion intégrée (ERP) assurant la gestion des RH, des achats et des finances pour garantir la transparence dans nos activités opérationnelles, et dont la deuxième phase concernera le commercial et les clients. Citons aussi l’élaboration et l’adoption par le conseil d’administration (CA) du plan stratégique de NIGER TELECOMS 2019-2023, puis l’élaboration d’un draft de plan social toujours en discussion au sein du CA, et enfin l’élaboration et la soumission à l’ARCEP des dossiers d’obtention des licences 4G, processus toujours en cours. Quelle est la situation de NIGER TELECOMS ? En 2018, sur le plan financier, nous avons réalisé un taux d’accroissement de 9,64 % avec un chiffre d’affaires de 39,593 milliards, contre 33 milliards en 2017 et 24,741 milliards en 2016, avant la fusion. Nous avons obtenu un résultat net opérationnel de 3,328 milliards pour un objectif de 2,471 milliards, soit 34,68 % de plus que prévu, contre 2,4 milliards en 2017 et -291 millions en 2016, avant la fusion. J’ajouterai qu’entre 2017 et 2018, nous avons payé plus de 25 milliards de dettes et arriérés d’impôts, et cela malgré les nombreuses plaintes pour non-paiement dont vous entendrez parler ici ou là. En matière de recherche, nous avons aussi ouvert un volet sur la poursuite des négociations d’un financement permettant d’investir pour assurer la densification de la ville de Niamey et des grands centres urbains de l’intérieur du pays. Enfin, citons la recherche et la poursuite des négociations pour l’obtention de la garantie sur les projets inscrits au PDES en 2017, soit 290 millions de dollars US destinés à l’extension du réseau GSM et au backbone national et international en fibre optique. Quelle a été votre réaction à votre élection triomphale comme président de la Conférence des opérateurs et fournisseurs des services de télécommunications (COFTEL) de l’espace UEMOA en juin dernier à Bamako ? Quel est le rôle de la COFTEL dans la sous-région et quelles seront vos priorités à la tête de cette institution ? Tout naturellement, je fus étreint par l’émotion quand ce choix fut porté sur ma modeste personne pour présider aux destinées d’une si importante organisation. Ce choix m’honore, bien sûr, mais au-delà, c’est mon pays, le Niger, qui en sort grandi. La COFTEL a pour credo de servir de cadre de concertation aux opérateurs et fournisseurs de télécommunication de l’UEMOA, de défendre leurs acquis et intérêts et, en même temps, de promouvoir la transparence des textes relatifs aux télécommunications dans l’espace. La COFTEL se veut aussi un vecteur de développement des technologies de l’information et de la communication au sein de l’UEMOA. De plus, elle veille à établir des relations saines et fructueuses avec les autorités gouvernementales, administratives, civiles et professionnelles dans le secteur des télécommunications au
sein de l’espace UEMOA. Enfin, la COFTEL constitue un cadre idéal et un creuset de réflexion et d’actions pour que le secteur des télécommunications continue à jouer pleinement son rôle dans le développement socio-économique. Notre priorité sera de mettre la COFTEL dans les normes juridiques adéquates et de lui insuffler une toute nouvelle dynamique afin qu’elle puisse pleinement jouer le rôle qui lui est dévolu. Les deux thèmes principaux qui ont fait débat lors de cette conférence étaient le free roaming (itinérance gratuite) dans l’espace UEMOA et l’IoT (Internet of Things ou Internet des choses). Quelle est la pertinence du choix de ces thèmes ? Ces thèmes sont d’une importance capitale pour les pays de l’espace UEMOA. La mise en oeuvre du free roaming a permis d’établir la gratuité de la réception d’appels en situation de roaming dans l’espace et la réduction très sensible des coûts d’appels désormais indexés aux tarifs applicables aux usagers locaux. En effet, à l’instar de ce qui a été observé au sein des pays membres du Corridor Nord après le lancement de roaming sans frais ou surtaxes, les données récoltées auprès des opérateurs attestent de l’augmentation du volume du trafic du free roaming. Il est incontestable que la suppression des frais d’itinérance suscite du volume dans le trafic roaming. Ainsi, le free roaming va constituer à terme une véritable opportunité d’affaires pour les opérateurs en raison de l’augmentation croissante du volume de trafic. Le free roaming est une aventure gagnant-gagnant autant pour les opérateurs que pour les utilisateurs, et donc finalement pour les États. Cela permettra de dégager les voies et moyens pour une mise en oeuvre effective par tous les pays membres du règlement de la CEDEAO concernant l’itinérance sur les réseaux de communication mobile ouverts au public à l’intérieur de l’espace CEDEAO. Nous devrons en conséquence nous préparer à relever ce défi qui va assurer la croissance et le développement de nos entreprises.

Propos recueillis par Paul de Manfred

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