logo

Entretien – Directeur général de SUNU Assurances Vie Côte d’Ivoire: « Nous voulons accroître notre leadership dans toute la zone CIMA »

Saliou Bakayoko est à la fois président de l’Association des sociétés d’assurances de Côte d’Ivoire (ASACI) et directeur général de SUNU Assurances Vie CI. Sur ce marché, sa compagnie jouit d’une position de leader en zone CIMA depuis cinq ans. Il nous explique les raisons de ce succès.

Comment analysez-vous le dynamisme du marché ivoirien de l’assurance, dont le chiffre d’affaires global dépasse les 300 milliards de FCFA en 2017 et pèse 27 % du marché CIMA, alors que le taux de pénétration de l’assurance ne dépasse pas les 2 %?
Saliou Bakayoko : Effectivement, le marché ivoirien de l’assurance est très dynamique et reste de loin le plus gros marché de la zone CIMA avec plus de 360 milliards de FCFA de chiffre d’affaires en 2018. Malgré ce dynamisme, le taux de pénétration de l’assurance dans le pays, c’est-à-dire la contribution des primes de l’ensemble des sociétés d’assurance du marché au PIB du pays – et non pas la proportion de populations assurées – reste inférieur à 2 %. Ce paradoxe peut s’expliquer par l’ignorance ou la méfiance des populations vis-à-vis de l’assurance. D’autres facteurs sont
également à prendre en compte, notamment le fort taux de personnes exerçant dans le secteur informel. Les difficultés d’accessibilité à ces cibles et de recouvrement des primes d’assurance sont un réel challenge pour les
assureurs qui ont cependant entamé, en ce qui concerne SUNU Assurances, une politique de sensibilisation avec des produits adaptés et des moyens de souscription à distance.
Pourquoi la Côte d’Ivoire est-elle l’un des rares marchés de la zone CIMA, et même d’Afrique subsaharienne hors Afrique du Sud, où l’assurance-vie progresse et se rapproche de l’assurance IARD ?
Votre remarque est juste. En Côte d’Ivoire, en 2018, la part de l’assurance-vie dans le chiffre d’affaires du marché est de 43 %, contrairement à la plupart des marchés d’assurance de notre zone, où ce taux se situe autour de 20 %. Á mon avis, l’une des raisons est que la Côte d’Ivoire a été la première de notre zone à avoir défiscalisé les primes des contrats collectifs d’indemnités de fin de carrière, dont les montants sont parfois très
élevés. Par ailleurs, le développement de la vente des produits d’assurance-vie via les banques, communément appelée bancassurance, est significatif, contrairement à l’assurance IARD où la bancassurance reste encore
très marginale.
Comment analysez-vous la décision de la CIMA de relever le capital minimum des compagnies de 1 à 3 milliards de FCFA d’ici à 2019, puis
à 5 milliards d’ici à 2021, ce qui conduira selon certains experts à une nouvelle configuration du secteur du fait de la probable disparition des petits acteurs ?

Cette mesure va permettre un assainissement du marché de l’assurance avec des compagnies d’assurances plus solvables qui respectent leurs engagements. Certes, certaines sociétés disparaîtront ou fusionneront, mais
la crédibilité du secteur s’en verra renforcée et la méfiance des populations déclinera sûrement, même si nous aurions souhaité que tous les acteurs du marché soient associés à cette prise de décision.

On observe aussi le dynamisme de SUNU Assurances, leader en assurance-vie dans la zone CIMA, avec 48,742 milliards de FCFA (89,197 millions USD) à fin 2017. Ce montant est-il en évolution en 2018 ?
Quelle stratégie déployez-vous pour garder la première place du podium où vous êtes depuis 5 ans ?
En effet, SUNU Assurances Vie CI est leader dans toute la zone CIMA avec 48,9 milliards de chiffre d’affaires à fin 2018, donc en évolution par rapport à 2017. Notre position de leader en assurance-vie résulte essentiellement
de trois facteurs. Le premier est notre capacité d’anticipation et d’innovation en matière de réseau de distribution. Nous sommes pionnier et leader en bancassurance, nous avons institué la micro-assurance avec
une distribution via les institutions de microfinance et autres formes de groupements, nous avons un réseau de commerciaux large et organisé
dans tout le pays, et enfin nous avons innové avec la distribution de l’assurance-vie via le téléphone portable, le « Mobile Insurance ». Le deuxième facteur est notre professionnalisme et la solidité financière du groupe qui soutient notre image de marque. Le troisième est le fort attachement à nos valeurs, basées essentiellement sur une satisfaction totale du client matérialisée par le paiement rapide des prestations promises et par l’innovation dans nos offres de produits et services.
Quelle part consacrez-vous à la micro-assurance dans vos activités ?
La micro-assurance est accessible financièrement à toutes les couches de la population, d’autant plus qu’elle vise à la protéger, à assurer ses biens et surtout à l’aider au développement de ses projets d’avenir. Cette cible de population fait partie de notre politique de sensibilisation et de pédagogie à l’assurance. Á SUNU Assurances, la micro-assurance est un axe stratégique de développement. À cet effet, nous avons créé un grand département dédié
à cette activité et obtenu l’agrément pour pratiquer la micro-assurance, à laquelle nous consacrons de plus en plus de temps et d’investissements.
Pour 2019, quels sont vos priorités et objectifs ?
Nos priorités et objectifs s’inscrivent dans l’accroissement de notre leadership dans toute la zone CIMA en maintenant et en renforçant notre capacité d’anticipation et d’innovation en matière de réseau de distribution et d’évolution future de notre métier. Pour terminer, nous disons merci à tous nos clients pour la confiance qu’ils continuent à nous accorder. Nous leur disons que l’adage « le client est roi » n’est pas une vaine expression à SUNU Assurances Vie CI, mais un état d’esprit. Ils sont au centre de nos activités. L’essentiel de notre stratégie est consacré à nous rapprocher d’eux.

Propos recueillis par Paul de Manfred

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

EA Magazine LLB Afrique
Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.
SAVOIR PLUS
ARTICLES RÉCENTS
Contact Info
LLB Afrique
  • 91 Rue FAUBOURG ST HONORE 75008 Paris – France
  • +33 1 42 65 25 52