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Entretien – Directeur général des Douanes

« Les Douanes comptent intensifier la lutte contre la fraude »

En 2019, les Douanes burkinabè ont mobilisé plus de 638,274 milliards de FCFA de recettes, soit un taux de réalisation de 95,99 %. En 2020, l’objectif est de dépasser les 750  milliards. Un défi qu’Élie Kalkoumdo, le tout nouveau directeur général, se dit prêt à relever.

En 2018, l’objectif de 694 milliards de FCFA de recettes a-t-il été atteint ?

Élie Kalkoumdo : L’administration des Douanes est une Direction centrale du ministère de l’Économie, des Finances et du Développement. Elle est chargée, en tant que Régie de recettes, de collecter des recettes au profit du budget de l’État. Les prévisions de recettes de l’année 2018 étaient de plus de 572,881 milliards de FCFA. Elle a relevé le défi en recouvrant plus de 639,181 milliards, soit un taux de  recouvrement de 111,57 %.

Quelles ont été les tendances en 2019 ?

S’agissant de l’année 2019, les prévisions étaient de plus de 664,950 milliards de FCFA. L’administration douanière a réalisé plus de 638,274 milliards, soit un taux de réalisation de 95,99 %. Quant aux prévisions de recettes pour l’année 2020, elles sont estimées à plus de 750,706 milliards. Un défi que l’administration se tient prête à relever. Chaque année, les Douanes burkinabè enregistrent une augmentation du recouvrement de 10 à 15 %.

Dans quelle mesure la plate-forme SYLVIE (Système de liaison virtuelle pour les opérations d’importation et d’exportation) contribuent- elle à cette hausse ?

Ces trois dernières années, le taux de progression moyen est de 12 % environ. Ces performances ont été rendues possibles grâce à l’accompagnement des plus hautes autorités du pays et aux réformes engagées au sein de l’administration des Douanes, notamment les réformes institutionnelles et les actions de modernisation comprenant la réorganisation des services, la plate-forme SYLVIE, le lancement de SYDONIA World sur Internet et l’interconnexion de SYDONIA aux systèmes informatiques des administrations soeurs du Togo, de Côte d’Ivoire, du Niger et bientôt du Bénin, du Mali et du Ghana. L’administration des Douanes s’est aussi inscrite dans la dynamique de mise en place des opérateurs économiques agréés (OEA) afin d’accorder plus de facilités aux acteurs du commerce légitime et de mobiliser plus de recettes douanières. S’agissant tout particulièrement de la plate-forme SYLVIE, c’est un guichet unique pour la collecte des documents de pré-dédouanement. Sa mise en oeuvre a contribué, par exemple, à réduire de quinze à trois jours les délais de collecte et à introduire la transparence sur les documents requis pour les opérations de dédouanement. C’est une avancée notable qui impacte positivement la mobilisation des recettes douanières. Très bientôt, nous envisageons l’interfaçage entre SYLVIE et SYDONIA pour donner aux vérificateurs un accès aux documents du commerce extérieur produits par SYLVIE, toute chose qui va contribuer également à lutter efficacement contre la fraude, notamment celle liée à la falsification de documents servant au dédouanement des marchandises.

Comptez-vous mener à son terme le grand chantier démarré en 2017 concernant l’assainissement du secteur des véhicules d’occasion ? Pourquoi cette réforme était-elle si importante pour les caisses de l’État ?

L’assainissement du secteur des véhicules automobiles d’occasion est profitable à tous, notamment aux communes qui pourront disposer des espaces publics, aux importateurs de véhicules automobiles d’occasion qui pourront bénéficier de régimes douaniers adaptés pour optimiser leurs gains financiers, et enfin à l’administration des Douanes qui connaîtra mieux le flux des véhicules automobiles d’occasion.

En termes de bilan en cette année électorale 2020, comment mesurer la contribution des Douanes au financement du PNDES ?

L’année 2020 est une année à double enjeu pour notre pays qui connaîtra deux élections, les législatives et la présidentielle. Les structures pourvoyeuses de recettes comme l’administration des Douanes doivent fournir beaucoup d’efforts dans la mobilisation des ressources afin de permettre à l’État de financer ces échéances électorales. La Douane contribue à environ 45 % des recettes propres de l’État, et à ce titre elle contribue fortement au financement du Plan national pour le développement économique et social (PNDES).

Quels sont les grands chantiers à réaliser ou à poursuivre en 2020 et pensez-vous atteindre votre grande ambition de faire des Douanes burkinabè une administration moderne et performante ?

En 2020, l’administration des Douanes mettra tout en oeuvre afin notamment de recouvrer davantage de recettes au profit du budget de l’État, de poursuivre le déploiement de son plan stratégique 2017-2021, d’étendre l’interconnexion de SYDONIA aux systèmes informatiques des administrations soeurs du Bénin, du Mali et du Ghana, et enfin de renforcer les actions de modernisation du fonctionnement des services et des procédures comme l’élaboration du projet de nouveau code des Douanes, l’informatisation du laissez-passer touristique et de la carte jaune, ou encore la mise en place du système d’archivage électronique des documents. Elle s’attachera aussi à intensifier la lutte contre la fraude, à développer le partenariat avec d’autres parties prenantes de nos actions, et enfin à s’inscrire davantage dans la réalisation des engagements pris par l’État vis-à-vis d’organisations internationales comme l’Union africaine (UA) concernant la Zone de libre-échange continental(ZLEC), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre de l’Accord de facilitation des échanges (AFE), ou encore l’Organisation mondiale des douanes (OMD) afin de continuer la relecture des textes en vue de les adapter à la Convention de Kyoto révisée (CKR).

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

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