logo

Entretien – Directeur général du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage: « Le FAFPA a formé plus de 20 000 jeunes de 2013 à 2017 »

Abdou Djerma Lawal, directeur général du Fonds d’appui à la formation professionnelle et l’apprentissage (FAFPA) et président du Réseau africain des institutions et fonds de formation professionnelle (RAFPRO), rappelle que le FAFPA est par excellence l’outil de renforcement des compétences des acteurs socio-économiques.

Comment définir les missions du FAFPA ?

Abdou Djerma Lawal : Le FAFPA est un établissement public de l’État doté de la personnalité morale et jouissant de l’autonomie financière. Créé le 26 octobre 2015 suite à la restructuration du FAPCA, ce fonds, dans sa forme juridique actuelle, s’est vu confier en plus de ses missions d’origine la prise en charge de l’accompagnement et de l’insertion des jeunes après leur formation. Mais le FAFPA a pour mission générale la mise en oeuvre pratique de la politique du gouvernement en matière d’enseignement et de formation professionnels et techniques (EFPT) à travers le financement de la formation professionnelle continue et de la formation qualifiante par apprentissage des jeunes Nigériens, de leur orientation, leur accompagnement, leur reconversion et leur insertion dans le circuit de l’économie nationale.

Comment le secteur privé contribue-t-il au financement de la formation professionnelle ?

Il faut préciser que les entreprises exerçant sur le territoire national sont assujetties au paiement de la taxe d’apprentissage (TAP), un prélèvement collecté par l’administration fiscale sur la masse salariale des entreprises à hauteur de 3 % pour les nationaux et 5 % pour les étrangers. Ces sommes, reversées au FAFPA à hauteur de 60 % des produits collectés, contribuent à la mise en formation des salariés d’entreprises et au renforcement des capacités de leur personnel ainsi qu’à la mise à leur disposition d’ouvriers qualifiés en fonction de leurs besoins.

Quelles sont les ressources du FAFPA et quels sont les résultats obtenus dans l’utilisation de ces lignes budgétaires ?

Le FAFPA tire ses ressources essentiellement de la subvention de l’État, de la taxe d’apprentissage dont nous vous parlions et des fonds d’aide extérieurs. Il faut noter que cette année, 30 000 jeunes ayant épuisé leur cursus sont sortis du cycle primaire de l’enseignement sans diplôme. Le FAFPA prévoit la mise en formation de 15 000 de ces jeunes. Il faut rappeler ici que le président de la République a décidé de rendre obligatoire l’école pour tous les jeunes Nigériens jusqu’à l’âge de seize ans. La mise en formation de ces 15 000 jeunes se fera à travers un cycle de formation/apprentissage/ insertion sanctionné par un certificat de qualification professionnelle (CQP) à l’issue d’une formation de deux ans. Il est aussi bon de rappeler à ce niveau que le FAFPA a signé plusieurs conventions et accords de partenariat, notamment avec l’Office algérien de la formation professionnelle et l’Office de formation de perfectionnement professionnelle et du travail (OFPPT) du Maroc. Par ailleurs, ces quatre dernières années, nous enregistrons au profit du FAFPA, en vue de la prise en charge de la formation/insertion des jeunes Nigériens, une forte contribution des bailleurs de fonds : PRODEC, PEJIP, Union européenne, Royaume du Luxembourg, UNICEF et Coopération suisse.

Comment mesurer les résultats du FAFPA ?

En matière de résultats obtenus par le FAFPA dans la mise en oeuvre de ses activités en lien avec les ressources mises à sa disposition, sachez qu’il a formé de 2013 à 2017, toutes catégories de métiers et tous secteurs d’activités confondus, un peu plus de 20 000 jeunes. Pour vous donner quelques exemples, sur financement de l’Union européenne à travers l’UNICEF, le FAFPA a formé et placé 661 jeunes dans la région de Diffa, une région en proie aux actions négatives de certains groupes terroristes, dans le cadre du projet de « renforcement du droit des enfants et des jeunes à l’éducation et à la protection contre la violence et l’exploitation pour favoriser la stabilité et la paix dans la région de Diffa ». Dans le même cadre, en apprentissage agricole, 545 jeunes ruraux ont été formés courant 2017 dans 5 filières agricoles et d’élevage sur financement de la Banque mondiale. Dans le cadre d’une action de la Coopération luxembourgeoise et de l’Union européenne à travers le Programme NIG 017, ce sont 4 145 jeunes qui ont bénéficié de formations en atelier, de formations qualifiantes et de formations initiales à profil professionnel. Toutes ces dispositions visent à terme une formation qualifiante des jeunes afin de leur permettre d’accéder non seulement à l’emploi, mais également à l’auto-emploi par l’entrepreneuriat, c’est-à-dire la création de leurs propres ateliers, micro-entreprises ou entreprises. Concernant l’aspect de la formation continue des entreprises, qui constitue une des priorités du FAFPA, il a conduit en 2018 des formations en ingénierie de la formation au profit de 150 directeurs des ressources humaines d’entreprises du secteur bancaire, de la télécommunication, de l’assurance, des médias, du BTP, etc.

En janvier 2018, vous avez signé à Niamey avec l’Agence UA 2019, organisatrice de la 33e Conférence de l’UA, une convention de partenariat pour la formation et le renforcement des capacités de quelque 13 000 jeunes Nigériens appelés à soutenir l’organisation de cet événement. Quelles perspectives et opportunités le FAFPA offre-t-il à ces jeunes en formation ?

L’UA 2019 constitue une grande opportunité d’emplois pour les jeunes Nigériens, raison pour laquelle le FAFPA a signé une convention de partenariat avec l’équipe chargée de son organisation. Ce sont en effet 13 000 jeunes Nigériens qui seront mobilisés et formés à cette occasion dans divers domaines entrant dans le champ de l’organisation de ce rassemblement : la santé, les TIC, les médias, les transports, l’hôtellerie, les arts et loisirs, et enfin le protocole. Le personnel de l’Agence UA 2019 bénéficiera aussi de plusieurs sessions de renforcement de capacités. Précisons qu’à l’issue de l’événement, ces formations assureront à près de 4 500 jeunes des emplois permanents.

Comment envisagez-vous l’avenir pour le FAFPA ?

Le Programme de la Renaissance II du président de la République traduit par la Déclaration de politique générale du gouvernement se donne comme objectif l’atteinte de 40 % des effectifs de l’enseignement secondaire et moyen au niveau de l’EFTP à l’horizon 2021. C’est dans ce cadre que le FAFPA se fixe comme objectif de former de 30 000 jeunes par an. Nous comptons aussi faire passer le taux d’insertion des formés de 63 à 80 % d’ici à 2021. Le FAFPA, par ses missions, constitue à n’en point douter une grande opportunité pour la jeunesse nigérienne : il est par excellence un outil de renforcement des compétences des acteurs socio-économiques du Niger.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

EA Magazine LLB Afrique
Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.
SAVOIR PLUS
ARTICLES RÉCENTS
Contact Info
LLB Afrique
  • 91 Rue FAUBOURG ST HONORE 75008 Paris – France
  • +33 1 42 65 25 52