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Entretien – Directeur général du Fonds spécial routier du Burkina

« Priorité au développement des infrastructures routières »

En 2018, les recettes engrangées par le service du péage ont été de l’ordre de 6,628 milliards de FCFA. Et pour Adama Ouédraogo, directeur général du Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B), ce montant devrait connaître une hausse en 2019.

Le FSR-B est un fonds de seconde génération dont l’objectif essentiel est de mobiliser des ressources liées à l’usage de la route. Pouvez-vous faire le bilan des collectes de 2018, notamment des taxes sur les produits pétroliers et de péage, et pensez-vous que les recettes mobilisées en 2019 seront en hausse ?

Adama Ouédraogo : Le Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) est en effet un établissement public de l’État placé sous la tutelle technique du ministère des Infrastructures et sous la tutelle financière du ministère de l’Économie, des Finances et du Développement. Il a pour mission la mobilisation des ressources pour le financement des travaux de construction et d’entretien routiers de manière efficace et transparente. En 2018, les recettes collectées au titre du péage s’élèvent à 6,628 milliards de FCFA. L’État s’est engagé depuis janvier 2018, à travers un arrêté du ministère en charge de l’Économie, à reverser au FSR-B 50 % des recettes collectées au titre de la taxe sur les produits pétroliers. Vu le niveau de mobilisation de ces ressources au 30 novembre, il est certain que ces recettes connaîtront une hausse en 2019 comparativement à celles de 2018.

Depuis la création du FSR-B en 2016, qui constituait une mutation de l’existant, pouvez-vous nous décrire les avancées en matière de gouvernance et de réorganisation de vos services ?

Depuis la mutation du FER-B en un fonds de seconde
génération en avril 2016, les réformes se poursuivent
en vue de permettre à la structure de jouer pleinement
son rôle conformément à ses nouvelles missions. Pour
ce faire, les principaux textes régissant le Fonds ont
été relus et un nouvel organigramme a été adopté. En
matière de bonne gouvernance, des audits externes
sont annuellement réalisés et le FSR-B est soumis aux
contrôles des corps de contrôle de l’État.
Dès janvier 2019, vous avez entrepris une modernisation
des postes de péage, dont le premier sur la RN 16.
Avez-vous d’autres projets de construction de postes
de péage ? Les conditions de travail des agents affectés
au péage ont été améliorées. Tous ces efforts auront-ils
un impact sur leur compétitivité ?
Comme nous pouvons le constater, dans le programme
de développement de Son Excellence Roch Marc
Christian Kaboré, président du Faso, une priorité est
accordée au développement des infrastructures routières.
L’ensemble de ces infrastructures financées à
des centaines de milliards de FCFA constitue le patrimoine
routier national, qui doit absolument être sauvegardé
à travers la mobilisation
de ressources suffisantes pour son
entretien régulier. Cela implique
la construction d’infrastructures
de péage adéquates. Outre le poste de
péage construit sur la RN16 à Tenkodogo,
une étude de modernisation
de sept autres postes a été bouclée et
les travaux de construction de trois postes modernes
à Ouagadougou débuteront au cours du 1er trimestre
2020. Il s’agit des postes de péage de Ouagadougou
sortie Fada, Ouagadougou sortie Bobo et Ouagadougou
sortie Po. Les conditions de travail des agents affectés au
recouvrement des recettes ont également été améliorées
depuis leur transfert en 2018, à travers notamment la
revalorisation de leur rémunération. Il est évident que
toutes ces initiatives auront un impact positif sur leur
compétitivité.
Avec une délégation du FSR-B, vous avez pris part
en octobre dernier à Abu Dhabi au 26e Congrès mondial
de la route sur le thème : « Rapprocher les cultures
et renforcer les économies ». Quelles résolutions ont
été prises et dans quelle mesure peuvent-elles avoir une incidence sur le cas burkinabè ?
Il s’agissait pour la délégation burkinabè,
aux côtés de structures plus
expérimentées, de mieux cerner toutes
les dimensions des missions assignées
aux différents fonds d’entretien routier
au niveau mondial, eu égard aux
nouvelles exigences organisationnelles
qui s’imposent désormais au FSR-B.
Il s’agissait également de mieux se
faire connaître aux plans africain et
mondial. Dans ce cadre, cette instance
semble être la mieux indiquée pour
échanger avec des structures de plusieurs
continents ayant des expériences
variées. En termes de résolutions, il
a été question de voir comment faire
pour accroître la participation des
pays africains, notamment au sud
du Sahara, à de telles rencontres en
vue d’en tirer le maximum de profit.
Á ce titre, le Sénégal a été retenu pour
l’organisation de l’une des rencontres
des comités spécialisés de l’AIPCR.
Concernant le FSR-B, nous pouvons
retenir que sa délégation a pris part
à des séances et visites techniques
de grand intérêt : plus d’une dizaine
de conférences et trois visites techniques
de terrain. Par ailleurs, durant
les visites de stands effectuées sur le site du Congrès,
des contacts ont été noués pouvant donner lieu à des
actions futures.
Quelle était l’importance de la 11e réunion du Groupe
focal Afrique de l’Ouest qui s’est tenue en 2018 au
Burkina Faso sur le thème : « La problématique de la
consolidation des acquis des Fonds d’entretien routier
du GFAO » ?
Il s’agissait pour les FER du Groupe focal Afrique de
l’Ouest (GFAO), membre de l’association des Fonds
d’entretien routier africains (AFERA), de passer en
revue l’évolution de leur situation au double plan institutionnel
et économique, et de proposer des solutions
durables de leur actions en termes d’entretien routier
au regard de l’importance capitale de leur rôle dans les
économies nationales des différents pays.
Quelles ont été les résolutions prises durant cette rencontre
?
Durant cette importante rencontre, les résolutions suivantes
ont été prises : création d’un comité technique
composé de trois membres pour analyser les conditions
de mise en place d’un mécanisme régional de financement
de l’entretien routier, rédaction d’un plaidoyer pour solliciter
l’appui des bailleurs de fonds afin d’accompagner
les FER dans la consolidation des acquis, réalisation
d’études préalables à un emprunt optimum avant de
s’engager dans tout emprunt, prise de dispositions pour
mettre en oeuvre des critères de bonne gouvernance,
réalisation d’une étude d’impact de l’entretien routier
sur l’économie nationale de chaque pays, et enfin élaboration
d’un manuel de procédures administratives,
financières et comptables avant la mise en place du
secrétariat permanent à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Comment évolue le Programme national d’entretien
routier (PER) 2017-2023 concentré sur 50 % du réseau
routier de votre pays ?
Le bilan à mi-parcours du PER 2017-2023, bien que
ne couvrant pas la totalité du réseau routier national
en raison des ressources limitées, est globalement satisfaisant.
Aujourd’hui, grâce aux efforts consentis par
le gouvernement, et notamment à la levée de fonds de
100 milliards de FCFA conclue avec six banques locales,
certains des principaux tronçons routiers ont fait l’objet
d’entretien ou sont en cours de réhabilitation.
Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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