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Entretien – Directeur général du Fonds spécial routier du Burkina

Entretien – Directeur général du Fonds spécial routier du Burkina: « La modernisation des postes de péage est un impératif »

Le Fonds spécial routier du Burkina (FSR-B) dirigé par Adama Ouédraogo a vu les financements des travaux d’entretien routier passer de 15 milliards de FCFA en moyenne avant la restructuration du FSR à 28,8 milliards en 2017, et ils devraient atteindre les 54,8 milliards en 2018.

Pouvez-vous nous présenter les missions du FSR-B ?
Adama Ouédraogo : Le FSR-B est un établissement
public de l’État doté de la personnalité juridique et
de l’autonomie financière et placé sous la tutelle technique
du ministère des Infrastructures et sous la tutelle
financière du ministère de l’Économie, des Finances
et du Développement. C’est un Fonds de deuxième
génération qui a pour mission principale de mobiliser
les ressources liées à l’usage de la route, notamment
la taxe de péage et la taxe sur les produits pétroliers
(TPP) pour le financement de la construction et de
l’entretien routier.
La création du FSR-B ayant eu lieu en 2016, quel bilan
pouvez-vous afficher pour 2017 en termes de performance
pour une structure dont l’une des principales
missions reste la mobilisation des ressources financières ?
La mobilisation des ressources pour le financement de
l’entretien routier, qui est en effet la principale mission
du FSR-B, est un processus à moyen et long termes. Au
regard des acquis, nous pouvons assurer que le bilan en
matière de performance deux ans après la mutation de
la structure en Fonds de deuxième génération est globalement
satisfaisant. Les ressources mobilisées pour le
financement des travaux d’entretien routier sont passées
de 15 milliards de FCFA en moyenne avant la mutation
à 28,8 milliards de FCFA en 2017 et 54,8 milliards
de FCFA en 2018. En outre, le processus de levée de
fonds entamé en 2017 a abouti à la signature d’une
convention de prêt d’un montant de 100 milliards de
FCFA pour le financement des travaux routiers. Les
démarches en vue de la finalisation du processus de
transfert des nouvelles activités ont abouti au transfert
de la gestion du péage au Fonds en janvier 2018, et
également à la rétrocession de 50 % des ressources de
la taxe sur les produits pétroliers (TPP) à la structure.
Pouvez-vous nous donner les raisons qui ont sous-tendu
cette levée de fonds matérialisée le 5 juin dernier par la
signature d’une convention de prêt avec un consortium
de six banques représenté par la Banque internationale
pour le commerce, l’industrie et l’agriculture au Burkina
Faso (BICIA-B) et Ecobank Burkina ?
Selon les statistiques, 50 % du réseau routier du
Burkina constitué de 15 272 km de routes classées,
dont 3 411 km bitumés et 11 861 km en terre, et de
46 000 km de pistes rurales, dont 12 852 km aménagés,
est fortement dégradé, avec un taux de dégradation
de 60 %. En vue de résorber cet important déficit
d’entretien, il a été adopté un programme national
d’entretien routier (PER) 2017-2023 découlant du
Plan national de développement économique et social
(PNDES) impulsé par le gouvernement et qui prévoit
l’entretien de 112 302 km de routes pour un coût global de 471,6 milliards de FCFA. La levée de fonds à
travers la signature le 5 juin 2018 d’une convention
de prêt de 100 milliards de FCFA entre le FSR-B et un
consortium de six banques commerciales (BICIA-B,
Ecobank Burkina, BSIC Burkina, BOA Burkina, SGBF,
CBAO) vise le financement partiel de ce programme.
Ces capitaux vont-ils suffire pour réhabiliter le réseau
routier national dégradé à 60 % ? Qu’en sera-t-il du
suivi et de la supervision des travaux d’entretien routier
?
Au regard des besoins ci-dessus évoqués et du niveau
avancé de dégradation, il est évident que les ressources
mobilisées demeurent insuffisantes, mais d’autres
actions de mobilisation auprès des partenaires financiers
seront menées à moyen terme pour combler le
gap. Le suivi et la supervision des travaux d’entretien
du réseau routier national sont assurés par la Direction
générale de l’entretien routier (DGER), qui représente
le « bras technique » du ministère des Infrastructures,
et les Directions régionales des infrastructures. Une
partie de la levée de fonds sera consacrée au bitumage
de 374 km et permettra de désenclaver des zones à
fort potentiel agricole : Tougan/Lanfiéra/N’di, Koundougou/
Solenzo, Fada/Bogandé, Boulsa/Sapa et Dori/
Gorom-Gorom.
La modernisation des postes à péage dont le FSR-B a
justement obtenu la gestion va-t-elle renforcer votre
trésorerie ?
La modernisation des postes de péage est un impératif
pour le FSR-B au regard de leur état actuel. On en
dénombre une cinquantaine répartie sur tout le territoire
national, et le processus de modernisation, qui sera
progressif, débutera par les postes les plus rentables,
notamment ceux de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.
Les résultats de l’étude de modernisation qui
est en cours sont attendus pour décembre 2018 et la
construction des premiers postes modernes débutera
en 2019. Cette modernisation contribuera sans doute à
améliorer le niveau des recettes, aujourd’hui d’environ
6,5 milliards de FCFA par an.
Quelles sont les réformes qui seront entreprises afin
de permettre au FSR-B de mieux réussir ses nouvelles
missions ?
Afin de permettre au FSR-B de réussir ses nouvelles
missions, une réorganisation des services est en cours
d’implémentation à travers l’adoption d’un nouvel
organigramme et un renforcement de l’effectif de la
structure. Ce nouvel organigramme inclut la prise en
compte de la gestion du péage, avec notamment la
création d’une Direction de la commercialisation de
la route chargée entre autres d’élaborer la politique et
la stratégie de mobilisation des recettes.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

EA Magazine

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