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Entretien – Directeur général par intérim de la Banque islamique du Niger ONEP Alioune Traoré, directeur général par intérim de la Banque islamique du Niger. « La BID intervient sur des projets au Niger pour environ 495 milliards de FCFA »

Alioune Traoré, directeur général par intérim de la Banque islamique du Niger (BIN), filiale de la Banque islamique de développement (BID), revient sur les innovations qu’offre la BIN à sa clientèle, notamment sur le plan immobilier. Comment ont évolué les différents chiffres clés de la banque en 2017 par rapport à 2016 ? Alioune Traoré : Les chiffres ont globalement progressé sur l’ensemble des secteurs, avec une croissance de 0,6 % pour le PNB, de 11,8 % pour le total bilan et de 3 % pour les dépôts. Par ailleurs, à fin 2017, nous étions 7e globalement sur les 14 banques que compte le marché nigérien. Comment se profilent les chiffres clés de la banque sur l’exercice 2018 qui arrive à sa fin ? Comme dans l’ensemble du secteur et de la zone UEMOA, l’année 2018 reste marquée par l’entrée en vigueur des normes Bale 2 & 3 ainsi que par l’adoption du nouveau plan comptable bancaire (PCB). Ces nouvelles règles impacteront chaque banque de la zone, et la BIN ne fait pas exception. Toutefois, ces impacts avaient été mesurés et anticipés. Par ailleurs, 2018 a été l’année de la mise en conformité de nos produits avec les principes de la finance islamique grâce réglementaires y afférent. Donc, l’année 2018 est une année charnière pour la BIN, avec des chiffres en léger retrait par rapport au budget arrêté, mais avec des perspectives favorables en clôture d’année. La BIN se modernise et adapte son organisation, les membres du Comité de direction ont été formés et sont certifiés « banquier islamique certifié » (BIC, certification émanant à la publication par le régulateur des premiers textes du CIBAFI, General Council for Islamic Banks and Financial Institutions, basé à Bahreïn). Le renforcement se poursuit également en termes de management et de leadership. Quel a été le coût du nouveau siège de la BIN inauguré cette année et quelles sont ses caractéristiques architecturales ? La BIN a inauguré son nouveau siège le 23 janvier 2018. L’investissement, réalisé sur fonds propres, a coûté environ trois milliards de FCFA. Les caractéristiques architecturales montrent un bâtiment moderne R+4 offrant plus de 6 000 m2 de surface, ce qui donne un espace de travail agréable aux employés de la BIN et un cadre idéal d’accueil à une clientèle de plus en plus exigeante. Cet immeuble, qui représente un renouveau pour la banque accompagnant la mise en conformité avec les principes de la finance islamique, démontre une volonté de modernité, de crédibilité, de pérennité et de qualité. Cet investissement relève également de l’accompagnement du gouvernement dans le projet Niamey Nyala visant à donner une plus belle image de la capitale. En termes de produits, quelles sont les innovations qu’offre la BIN à la clientèle nigérienne, notamment en matière d’immobilier, au moment où l’on parle d’un plan de 25 000 logements sociaux d’ici à 2021 ? La principale innovation que la BIN offre à ses clients est la possibilité, depuis 2018, de financer leurs activités et/ou leurs besoins avec des produits qui ont été validés par notre Comité Charia et qui sont en phase avec les normes comptables définies par l’AAOIFI (Accounting and Auditing Organisation for Islamic Financial Institutions, basé à Bahreïn). En outre, nous offrons pour le moment deux types de produits destinés au financement des activités et des besoins, à savoir la Murabaha, un contrat de vente représentant 80 % des produits vendus par les banques islamiques, et Ijara, un contrat de location qui convient parfaitement aux besoins globaux de nos clients, dont les PME-PMI et les TPE devant acquérir des actifs tangibles, identifiés et licites du point de vue de la Charia, y compris donc les biens immobiliers. Ainsi, nous finançons l’économie réelle. La participation de la BIN au plan de 25 000 logements sociaux d’ici à 2021 se traduit – et continuera à se traduire – par l’accompagnement de nos clients particuliers d’une part, et par le soutien aux sociétés de promotion immobilière présentant des gages de solidité financière, de sécurité et de professionnalisme d’autre part. Les innovations dans ces produits portent sur les notions de responsabilité incombant à la banque, propriétaire du bien jusqu’au transfert de propriété au client car le paiement ne commence en finance islamique qu’à la réception effective du bien demandé par le client, et sur plusieurs autres innovations que nos clients pourront découvrir en se rapprochant de leur chargé de compte. En ce qui concerne les produits d’investissement (terme utilisé en finance islamique), nous en avons de 4 types : le compte d’épargne réglementée Tawfir, le compte d’investissement participatif, la Moudharaba et le mandat d’investissement Wakala. Les 2 premiers produits conviennent parfaitement aux ménages tandis que les 2 suivants sont à destination des grandes entreprises, des PME-PMI et des TPE. Quels sont les atouts du Niger pour la finance islamique,de plus en plus présente via l’ouverture de filiales dans la sous-région ?Les atouts majeurs pour la finance islamique sont entre autres une population majoritairement musulmane constituant de fait une niche pour notre activité, un taux de bancarisation bas générant des parts de marchés à prendre, un environnement réglementaire de plus en plus structuré, l’engagement du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté, et enfin le développement d’autres activités de la finance islamique, notamment les obligations islamiques, ou sukuks, et le takaful, une assurance islamique en cours de réflexion. À l’instar des bailleurs de fonds, la BID intervient au Niger à travers plusieurs projets de développement pour une enveloppe d’environ 495 milliards de FCFA, ce qui la place parmi des premiers partenaires financiers du Niger.

Propos recueillis par Paul de Manfred

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