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Entretien – Directeur général du Trésor et de la comptabilité publique

Entretien – Directeur général du Trésor et de la comptabilité publique: « Les émissions obligataires du Burkina ont toujours été une réussite »

Naby Abraham Ouattara, directeur général du Trésor, indique que sur ces six dernières années, l’intervention toujours réussie du Burkina Faso sur le marché financier régional avec 76 émissions de bons du Trésor traduit la crédibilité de la signature de son pays.

Malgré les 1 816 milliards de FCFA de recettes propres
intégrées au budget 2018 du Burkina Faso, quels
impératifs ont obligé l’État burkinabè à rechercher
le 15 mai dernier à travers la DGTCP 75 milliards
de FCFA sur le marché financier de l’UEMOA via
un emprunt obligataire d’un taux de 6,5 % pour la
période 2018-2025 ?

Naby Abraham Ouattara : Les besoins énormes en
matière d’investissement font que la plupart des budgets
des États sont rarement votés en équilibre. Pour
cette raison, et surtout dans le contexte du Burkina
Faso marqué par la mise en oeuvre du Plan national
de développement économique et social (PNDES), le
budget 2018 de l’État burkinabè a été voté en déficit.
Conformément à la loi de finances gestion 2018 en
son article 40, le ministre chargé des Finances a été
autorisé à rechercher les voies et moyens susceptibles
d’assurer l’équilibre financier du budget de l’État.
Á cet effet, le ministre a été habilité à négocier avec
toute source de financement intérieure ou extérieure.
L’emprunt obligataire a donc été identifié au titre des
sources de financement intérieur. Cet emprunt entre
dans le cadre de l’exécution du programme annuel des
émissions des bons et obligations du Trésor du Burkina
Faso au titre de l’année 2018. L’émission réalisée vient
en complément des ressources déjà mobilisées pour le
financement des projets porteurs de croissance inscrits
dans le PNDES du Burkina Faso.

Avez-vous pu réunir les capitaux nécessaires et les
conditions s’y prêtaient-elles ?
Malgré un contexte de resserrement général du marché
régional, le Burkina Faso a pu quand même couvrir
le montant recherché dans le cadre de cet emprunt
obligataire. En effet, sur un montant sollicité de 75 milliards
de FCFA, un total de 93 744 340 000 FCFA a
été mobilisé, soit un taux de couverture de 124,99 %.
De 2012 à nos jours, le Burkina Faso est intervenu près
de 106 fois sur le marché financier par 76 émissions
de bons du Trésor. Cette régularité est-t-elle un gage
de crédibilité ?
Cette régularité est en effet un gage de crédibilité
et traduit la qualité de la signature
de l’État burkinabè. Elle permet de rester en
contact permanent avec les investisseurs qui
désirent placer leur épargne. Globalement,
les émissions du Burkina ont toujours été
une réussite, et cela témoigne de la confiance
sans cesse renouvelée des investisseurs de l’UEMOA
aux titres du Burkina Faso. L’État peut ainsi réaliser
des infrastructures pour accélérer le développement.
Quels sont les avantages inhérents à cet emprunt obligataire
?
En termes d’avantages, les obligations du Trésor sont
exonérées d’impôts pour les souscripteurs résidant au
Burkina Faso. Les avantages pour l’État sont liés au
fait que cet emprunt est en monnaie locale, ce qui le
préserve du risque de change.
Par ailleurs, comme je l’indiquais,
les ressources qui seront
mobilisées dans le cadre de cet
emprunt serviront prioritairement
à mettre en oeuvre des
projets d’investissements dans
divers domaines du développement
du Burkina Faso.
Pour la réussite de cette opération,
pourquoi le Trésor public
s’est-il attaché les services d’un
arrangeur ?
Pour une émission par appel
public à l’épargne, la réglementation
fait obligation à
l’émetteur de recourir à une
société de gestion et d’intermédiation
financière (SGI).
C’est donc pour cette raison
qu’un arrangeur, chef de file
de l’opération, a été retenu.
Le choix de cet arrangeur a été
opéré au regard de son expérience et de ses capacités
de mobilisation sur le marché. En ce qui concerne le
choix du co-chef de file, il est laissé à l’appréciation
du chef de file, qui doit également réunir toutes les
conditions pour la réussite de l’opération.
Les multiples grèves engagées par le personnel des
Finances depuis l’année dernière ne vous ont-elles pas
empêché de respecter vos engagements ?
On ne peut pas affirmer catégoriquement que les
mouvements sociaux ne nous ont pas affectés. Fort
heureusement, nous avons toujours su trouver les
ressorts nécessaires pour assurer l’essentiel dans l’accomplissement
de nos différentes missions. En matière
de paiement des dépenses publiques surtout, l’État, à
travers le Trésor public, a toujours pu respecter ses
engagements. Des dispositions ont en effet été prises
pour honorer à bonne date tous les engagements avec
nos partenaires de l’intérieur comme de l’extérieur. À
ce jour, nous n’avons enregistré ni arriérés, ni retards
de paiement.

Propos recueillis par Paul de Manfred

Auteur

EA Magazine

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