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Entretien exclusif: « L’alternance est le poumon de la démocratie »

Force conjointe du G5 Sahel, 33e sommet de l’UA à Niamey, Zone de libre-échange continentale africaine
(ZLECAf), évolution des chantiers d’infrastructures, présidentielle de 2021… le président Mahamadou Issoufou s’est prêté sans détour et parfois avec force détails au jeu des questions d’Économies Africaines.

Quasiment à mi-mandat, quelle analyse pouvez-vous livrer sur les objectifs à atteindre par votre projet de société Renaissance, qui est dans sa deuxième phase ? Et quels étaient la nécessité et le but du nouveau dispositif relatif à la « renaissance culturelle » qui s’est greffé à votre programme ? Mahamadou Issoufou : Avec le Programme de Renaissance sur la base duquel j’ai été élu et réélu, j’ai apporté une grande innovation dans la gouvernance politique du Niger. Par le passé, les dirigeants étaient élus sans aucun programme concret. Ils l’étaient tout au plus sur la base de simples promesses électorales générales comme « je vais améliorer les conditions de vie des populations ». En proposant aux citoyens le Programme de Renaissance, un document écrit, chiffré et structuré en huit axes, j’ai en quelque sorte contractualisé les rapports entre gouvernants et gouvernés. Ce programme m’a servi de boussole pour l’exécution du premier mandat et il continue à me guider pour le second. L’évaluation de l’acte 1 qui couvre le premier mandat a révélé un taux d’exécution de plus de 90 % tant en termes de financement que de réalisation. L’acte 2 qui concerne le deuxième mandat se décline également en huit axes et comporte effectivement un axe « renaissance culturelle ». Mon objectif étant de transformer l’économie grâce aux 7 autres axes du programme, j’ai réalisé que cette modernisation économique devait nécessairement s’accompagner d’une modernisation sociale et politique. Il s’agit donc d’une transformation de notre société sur le plan économique, politique et social basée sur la promotion des valeurs positives, la libération des citoyens des facteurs inhibant leurs initiatives individuelles et collectives, et enfin la lutte contre les anti-valeurs et les pesanteurs sociales. Le 7e congrès de votre parti, le PNDS-Tarayya, a reconduit votre ministre Mohamed Bazoum à la présidence de cette formation. Comme vous n’allez pas briguer un troisième mandat, beaucoup de Nigériens voient en lui l’homme capable de poursuivre votre travail de transformation du Niger. Partagez-vous cette vision ? La gouvernance politique est un travail d’équipe. Si j’ai réussi dans la mise en oeuvre du Programme de Renaissance, c’est parce que je suis soutenu par une équipe de camarades engagés dans un parti politique stable et résilient, le PNDS. C’est un parti bien structuré et qui dispose de cadres compétents. Au-delà des individualités, j’ai une confiance totale en la capacité de cette équipe à poursuivre le travail de transformation du Niger que nous avons engagé ensemble. Le camarade Bazoum était vice-président du PNDS. Il en est aujourd’hui le président. C’est un camarade qui a toute ma confiance. Vos efforts ont permis de fédérer les positions de la communauté internationale, conduisant à la création du G5 Sahel. En matière de financement, malgré la contribution de l’Union européenne et de l’Arabie Saoudite, on perçoit les réticences des Américains et de l’ONU. Á terme, cela ne pourrait-il pas mettre en péril l’existence même du G5 Sahel ? Il n’y a pas de réticence des Américains et de l’ONU. Les Américains souhaitent contenir, voire diminuer les contributions obligatoires des États membres à l’ONU. Dans ce cadre, ils ne souhaitent pas placer le mandat de la Force conjointe sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies. Cependant, ils font partie des partenaires qui soutiennent la Force conjointe du G5 Sahel à travers une importante contribution financière et technique aux États du G5 Sahel de manière bilatérale. Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres soutient fortement et sans équivoque la Force conjointe du G5 Sahel. Cette force a d’ailleurs un arrangement technique avec la MINUSMA pour la fourniture de moyens logistiques sur le terrain. Ni la position des Américains, ni celle de l’ONU ne peuvent donc mettre en péril la Force conjointe et encore moins celle du G5 Sahel. Quelles sont les parts respectives des forces alliées et de la Force conjointe du G5 Sahel dans cette lutte contre le terrorisme ? La part de la Force conjointe dans la lutte contre le terrorisme est très importante. Elle va encore s’accroître au fur et à mesure que le niveau opérationnel et le niveau d’équipement de cette force va augmenter dans les tout prochains mois. La Force conjointe est déployée sur 3 fuseaux que sont les zones transfrontalières des États membres du G5 Sahel. Ces zones sont des espaces vulnérables en raison de leur faible densité de population et parce qu’elles permettent aux terroristes de trouver refuge au-delà des frontières. Il a donc fallu définir ces zones comme des zones prioritaires et faire un effort sécuritaire particulier à leur profit. Les terroristes ont compris cela et c’est pour cela que leurs zones d’action ont évolué. Il faut que nous évoluions également pour être présents face aux terroristes et pour les neutraliser là où ils seront. La force française Barkhane et la MINUSMA, chacune avec un mandat différent, participent aux côtés de la Force conjointe à cette lutte contre le terrorisme. Des efforts importants de coordination ont été faits entre ces 3 forces pour accroître leur efficacité et assurer leur complémentarité. En 2019, Niamey accueillera le sommet de l’UA. en sont les préparatifs de cet événement d’une ampleur considérable pour la diplomatie nigérienne ? Effectivement, la 25e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine a retenu le Niger pour abriter, en cette année 2019, la 33e session de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Le Niger est par conséquent heureux de pouvoir offrir l’hospitalité et l’amitié de son peuple aux peuples d’Afrique à travers cette importante rencontre prévue au mois de juillet 2019 à Niamey. Cette volonté forte du gouvernement nigérien d’accueillir sur son sol la Conférence de l’Union africaine procède de sa volonté d’offrir à l’Afrique ce qu’elle a donné au Niger des décennies durant. Le Niger, n’ayant encore jamais organisé un sommet de l’Organisation de l’Unité africaine, apprécie au plus haut point la confiance ainsi placée en lui. C’est pourquoi le gouvernement et le peuple nigériens sont aujourd’hui plus que jamais mobilisés pour réussir cette mission et faire de la terre africaine du Niger le lieu de retrouvailles et de concertations sur les grandes questions de l’heure pour le continent. Évidemment, nous avons pris les dispositions nécessaires pour réaliser diverses infrastructures et rénover ou remettre à niveau celles déjà existantes. Plusieurs hôtels cinq étoiles, un Centre de conférences internationales, des villas et des résidences d’hôtes, des infrastructures aéroportuaires et des routes ainsi que la mise en place de certaines facilités comme l’accès à Internet et tout ce que nous pouvons faire pour réserver à nos hôtes un accueil chaleureux sont en train d’être réalisés. Nous avons
créé un dispositif institutionnel dédié à cette mission et dirigé par le directeur général de l’Agence pour l’organisation de la Conférence UA 2019 qui s’attelle à la bonne exécution des différents chantiers dans les délais. Nous attendons donc à bras ouverts et impatiemment de pouvoir accueillir les 55 chefs d’État et de gouvernement africains ainsi que les 5 000 participants qui seront nos hôtes à cette occasion. Depuis janvier 2017 à Addis-Abeba, vous avez été désigné par vos pairs pour piloter le processus de mise en place de la ZLECAf, la Zone de libre-échange continentale africaine. Combien de pays de l’UA l’ontils déjà ratifiée ? La ZLECAf est un projet important, porteur de l’intégration, de la prospérité et du développement de l’Afrique. Il est consubstantiel de l’importance de l’Afrique et de la place qui devrait être la sienne dans le contexte mondial. La ZLECAf constitue un marché unifié au niveau du continent, où les produits et les services peuvent circuler librement, grâce à l’abolition de toutes les barrières tarifaires et non tarifaires. L’adoption et la ratification du traité par les États africains évoluent progressivement, laissant entrevoir une
entrée en vigueur de ce traité intégrateur. Á ce jour, nous avons enregistré 18 ratifications et nous espérons bientôt atteindre le minimum requis de 22 ratifications pour procéder au lancement officiel de la ZLECAf à Niamey, en marge du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. En ma qualité de champion de cette initiative historique pour l’intégration et la prospérité du continent, je suis fier d’avoir porté ce programme à son aboutissement à travers son
adoption au niveau continental. Et je suis d’autant plus fier que l’événement historique de lancement officiel de la ZLECAf prendra place à Niamey. Vous pensez donc de cette nouvelle union qu’elle est d’une importance historique…

La ZLECAf est une chance que l’Afrique a été bien inspirée de saisir aujourd’hui. C’est une initiative qui aurait pu être mise en oeuvre beaucoup plus tôt pour la promotion économique de nos jeunes États. Mais le continent était beaucoup plus absorbé par le processus de sa libération politique. Il revient maintenant à l’Afrique de reprendre sa vraie place dans le contexte mondial grâce au commerce et aux investissements. Incontestablement, il s’agit d’un tournant historique pour l’Afrique, ce continent qui a été divisé, partagé et affaibli. Tous unis, nous serons plus forts et nous pèserons davantage sur les échanges mondiaux, dont les règles ne sont pas à l’avantage de nos pays compte tenu de notre dispersion. Presque un an après la signature de la ZLECAf, quel bilan concret peut-on déjà mettre en avant ? Il est prématuré de parler de bilan concret car la signature ne suffit pas. La mise en oeuvre requiert un quorum de 22 ratifications. Or ces 22 ne sont pas encore atteint. Cependant on note que, depuis le démarrage des négociations, 14 forums, 7 sessions ministérielles et 4 sommets de l’UA se sont penchés sur le sujet et sont parvenus à des résultats. Je citerai notamment l’adoption et la signature de l’Accord cadre instituant la ZLECAf en mars 2018 à Kigali, ainsi que trois de ses protocoles annexes. Ces annexes à l’Accord portent sur le commerce des marchandises, le commerce des services et le règlement des différends. Bien évidemment, l’adoption de ces annexes va accélérer la ratification et l’adoption du plan de travail révisé de la ZLECAf. Sont d’ores et déjà effectifs l’institution du forum des entreprises de la ZLECAf, l’organisation de la 1re foire commerciale intra-africaine en Égypte, et enfin le lancement de la 2e phase de négociation portant sur les questions de concurrence, d’investissements et de droits de propriété intellectuelle. Mais je rappelle qu’à ce jour, 49 pays sur 55 ont signé l’Accord et que 18 l’ont déjà ratifié. Nous espérons atteindre le minimum requis de 22 ratifications pour le lancement de la ZLECAf très bientôt. Où en êtes-vous avec la Couverture santé universelle (CSU) déjà en pratique au Mali et en phase expérimentale en Côte d’Ivoire ? Quand verra-t-elle le jour au Niger ? En matière sanitaire, l’objectif général que s’assigne le gouvernement est d’améliorer la santé de la population en vue de l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD 3) liés au secteur de la santé, à travers l’accès de la population à des soins et services de qualité, avec un focus particulier mis sur les groupes vulnérables afin qu’il n’y ait pas pour eux d’obstacle financier. Au nombre des principaux axes stratégiques du Plan national de développement sanitaire (PDS) 2017-2021 permettant d’atteindre cet objectif figure en bonne place le développement de mécanismes de financement du secteur de la santé qui vise à renforcer l’offre de soins et à rendre solvable la demande tant pour permettre l’accès aux services que pour assurer
la viabilité des structures sanitaires d’offre de soins et de services de santé. Á cet effet, une forte attention est portée notamment à la promotion des mutuelles de santé dans le cadre global de la mise en place de la Couverture santé universelle (CSU). J’ajouterai que notre gouvernement a créé le 5 décembre 2014 un groupe de travail national (GTN) chargé de conduire le processus de mise en oeuvre de la CSU (GTN/CSU) dans notre pays. Pour assister ce groupe dans l’accomplissement de sa mission, le ministre de la Santé publique a créé en 2016 un groupe de travail restreint (GTR) qui a
été modifié et complété par un arrêté en mars 2018. Pourquoi le choix de la mutuelle communale comme approche pour la CSU ? La motivation de ce choix est que la mutuelle communale vise à enrôler toute la population d’une commune donnée, d’où son nom de mutuelle de santé communale. Il ne s’agit donc pas de mettre en place une mutuelle de santé communautaire classique à laquelle la population adhère de manière volontaire, mais bien d’une mutuelle de santé à laquelle chaque habitant de la commune adhère. Bien que ce soit une initiative menée en synergie avec les élus locaux, elle sera indépendante de la mairie. Par ailleurs, le ministère de la Santé publique est à pied d’oeuvre pour réaliser une étude sur la gratuité des soins et des autres mécanismes assuranciels ainsi qu’une étude sur les coûts (tarification nationale de référence). En outre, il est prévu l’élaboration du plan stratégique de financement de la santé ainsi que la mise en oeuvre avec Enabel, dans le cadre de la coopération avec le Royaume de Belgique, d’un test pilote sur la mutuelle communale dans deux districts : Gaya et Gotèye. Quant à la feuille de route, elle sera revisitée pour tenir compte de l’évolution de la progression sur la CSU. S’agissant de votre politique en matière d’infrastructures, comment s’articule-t-elle ? En matière d’infrastructures, d’importants investissements sont prévus pour assurer le désenclavement interne et externe du pays ainsi que la mobilité urbaine. Les actions concernent les infrastructures routières, fluviales, ferroviaires et aéroportuaires pour la période 2016-2021 et se concrétisent par la poursuite de la réalisation des liaisons nationales et internationales, par la réhabilitation et l’entretien du patrimoine routier national ainsi que par les réformes du système routier national pour en assurer une meilleure efficacité d’entretien, par le développement des zones rurales avec la construction de routes rurales, par la modernisation des villes avec la construction de voiries urbaines et d’échangeurs pour faciliter la mobilité, particulièrement dans la ville de Niamey, par la diversification et le renforcement des ouvrages de franchissement du fleuve Niger et de certains cours d’eau importants (3e pont de Niamey, pont Farié), par la réhabilitation, la modernisation et la mise aux normes des aéroports, et enfin par la promotion du rail avec la poursuite de la construction de la boucle ferroviaire Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan, la réalisation des tronçons de chemin de fer reliant le Niger à la République fédérale du Nigeria ainsi que des nouveaux réseaux ferroviaires dans le cadre du G5 Sahel. Où en sont les réalisations d’infrastructures énergétiques ? Durant le premier quinquennat, l’accent a été mis sur l’amélioration de la fourniture électrique de la ville de Niamey avec la construction d’une centrale thermique de 80 MW et l’extension du réseau, ainsi que sur l’électrification rurale. Au cours de ce second mandat, les efforts se poursuivent et sont concentrés sur un certain nombre de chantiers. Je citerai par exemple la construction du barrage de Kandadji, la construction de la centrale solaire de 15 MW additionnelle à Niamey et de la centrale mixte solaire/fuel d’Agadez, sans oublier l’intensification de l’électrification de zones rurales grâce à l’énergie solaire. Comment évoluent vos projets ambitieux concernant l’habitat social ? Nos projets en matière d’habitat social évoluent normalement. Il est important de rappeler à ce niveau que nos besoins dans ce domaine sont de l’ordre de 40 000 logements par an. Pour atteindre cet objectif, une stratégie de mise en oeuvre du volet habitat a été définie dans le Programme de la Renaissance : elle préconise en premier lieu la dotation conséquente dans le budget de l’État des programmes de construction de logements sociaux, ensuite la création de la Banque de l’Habitat, opérationnelle depuis le 3 décembre 2018, suivie de la mise en place d’un fonds national de l’habitat pour appuyer ladite banque, troisièmement la restructuration en cours de la SONUCI, et enfin le développement du partenariat public-privé (PPP) qui a permis la signature de plusieurs conventions avec des promoteurs privés. C’est le cas de la convention de construction de 537 logements sociaux par la société DB IMMO, de 3 autres conventions en instance de signature pour un total de 6 500 logements sociaux, et enfin de sept autres conventions en cours d’évaluation et de négociation avec les partenaires pour un total de 78 000 logements (1). Globalement, ce sont donc plus de 85 000 logements qui sont attendus avec nos différents partenaires et promoteurs. Cela illustre la confiance accordée par les investisseurs au Niger mais aussi les grands efforts que l’État ne cesse de déployer afin d’assurer les meilleures conditions de vie aux populations nigériennes. La table ronde de Paris sur le financement du Programme de développement économique et social (PDES) incarné par Renaissance II et dont le coût a été fixé à 8 800 milliards de FCFA pour la période 2016-2021 a été un franc succès. Comment s’assurer du décaissement effectif des fonds mobilisés ? De retour de la Conférence de la Renaissance, le gouvernement a adopté le décret en date du 9 février 2018 fixant les missions, la composition et les modalités du fonctionnement des organes du dispositif de mise en oeuvre, de coordination et de suivi-évaluation du PDES 2016-2021. Il faut préciser que ce dispositif comprend un niveau de pilotage stratégique assuré sous mon autorité à travers le Conseil des ministres organisé à la fin de chaque trimestre sur la mise en oeuvre du PDES. Le Conseil national d’orientation présidé, lui, par le Premier ministre opère un pilotage opérationnel du PDES à travers le Comité national de coordination présidé par la ministre en charge du Plan. Ce dispositif compte 7 pôles de coordination sectoriels : le pôle transformation du monde rural, le pôle secteur privé, le pôle transition démographique, santé, éducation et formation, le pôle infrastructures et équipements, le pôle hydraulique et assainissement, le pôle gouvernance et modernisation de l’État, et enfin le pôle gestion du développement. Á ce pilotage stratégique et opérationnel s’ajoutent un comité État/bailleurs de fonds et un cadre de concertation autour de chaque pôle. Pour mobiliser l’ensemble des promesses et des engagements financiers pris par la communauté internationale, le gouvernement a adopté une feuille de route. Elle a pour objectif de mobiliser ces ressources et de veiller à leur utilisation. Cette feuille de route fait l’objet d’un suivi régulier. Á cette date, un montant de plus de 6,1 milliards de dollars a été mobilisé sur les annonces de 12,7 milliards de dollars faites par les bailleurs de fonds, soit 48 % de leurs annonces, ainsi qu’un montant de 4,6 milliards de dollars sur les annonces de 10,3 milliards de dollars issues du secteur privé. Sur cette base, une concertation État/bailleurs de fonds régulière est effectuée. Quelles sont les vertus politiques de l’alternance, pour vous qui avez indiqué sans vous faire prier que vous quitteriez la présidence de votre pays après 2021 ? L’alternance est le poumon de la démocratie. La démocratie a besoin de l’alternance pour respirer, sinon elle étouffe et tend vers ces avatars de démocratie que sont l’oligarchie, la ploutocratie et la tyrannie. L’alternance permet de maintenir l’espoir que le changement de gouvernance est possible par les urnes. C’est donc un facteur important de stabilité des institutions démocratiques.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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