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Entretien – Fondateur & président directeur général du groupe BENALYA: « Une chaîne de valeurs partagée et durable grâce à l’énergie verte »

Le groupe BENALYA compte cinq entreprises (Holding BENALYA, BENAFSOL, BENALYA SEE, BATECO et EPN) multi-domaines : énergie, eau, irrigation, agro-alimentaire, ingénierie, génie électrique, sécurité électronique, BTP écologique et formation. Son fondateur et président directeur général Moulay Bachir Bendekken nous en parle. Parlez-nous de votre parcours d’entrepreneur. Moulay Bachir Bendekken : Mon parcours d’entrepreneur a commencé au primaire par la vente au détail d’un paquet de bonbons que j’avais reçu en cadeau, puis comme photographe amateur et vendeur de jus de tamarin fait maison au collège de Tanout, vendeur sur commission de pièces de rechange de moto, apprenti mécanicien moto et enfin répétiteur à domicile durant mes années de lycée à Zinder. Après 4 ans d’université au Maroc avec une bourse d’études, j’ai été stagiaire et enseignant vacataire. En 2002, j’intègre l’école d’aviation civile EAMAC et ouvre un cybercafé puis une société de maintenance informatique. En 2004, l’ASECNA m’embauche comme ingénieur de maintenance. En 2008, je crée l’EPN (École polytechnique et Niamey) avec très peu de moyens mais beaucoup de volonté, celle de « commencer petit mais voir grand ». Mon premier objectif pour mon pays était de rehausser les compétences des jeunes pour une meilleure employabilité. Trois ans après, je crée le groupe BENALYA, puis les autres filiales Aujourd’hui, je suis leader de toute une équipe de jeunes et d’adultes, et j’investis beaucoup de temps et de ressources pour développer chez eux/elles ma vision de créer un écosystème intégré pour mettre en valeur les potentialités énergétiques et agricoles du Niger et de la région. J’investis beaucoup dans le développement de leurs capacités et compétences pour réaliser la mission du groupe BENALYA. Justement, parlez-nous du groupe BENALYA. Le groupe BENALYA, ensemble de cinq entreprises de droit nigérien, est un intégrateur de solutions clé en main dans chacun de ses domaines d’activité, permettant ainsi à ses clients de se concentrer sur leur coeur de métier, donc de faire avancer l’économie du Niger et de l’Afrique. Le groupe BENALYA existe depuis 2011 et se présente comme une entreprise citoyenne soucieuse du bien-être des populations nigériennes qui aspirent toutes à vivre dans des conditions décentes. Toutes nos actions sont focalisées sur la pérennité de nos solutions et de nos produits, qui apportent à nos clients la preuve de notre engagement à rendre l’eau, la sécurité alimentaire, l’électricité, le bâtiment et la formation accessibles au plus grand nombre de Nigériens et d’Africains. Notre vision à BENALYA est de dire que tout est possible avec peu de choses ou peu de moyens puisque nous sommes partis de presque rien à la création, et nous sommes convaincus que le développement de notre pays peut se faire avec nos propres intelligences et notre foi en l’idée que personne ne fera le Niger ou l’Afrique à notre place : nous avons le soleil, l’eau, la terre et la jeunesse. Toutes nos filiales et tous nos partenaires, clients et clients de nos clients travaillent avec cette vision de rendre le Niger et l’Afrique émergents en utilisant nos propres ressources naturelles et énergétiques pour développer tel ou tel secteur capable de produire des richesses. Nous y croyons, donc nous continuons, même si de nombreux obstacles se dressent devant nous.Quelle peut être la contribution d’un groupe comme le vôtre dans le PDES ?Un apport de conscience et de responsabilité. Nous n’avons pas attendu les facilités de l’État pour démarrer nos activités. Nous avons lancé cette aventure avec un ordinateur portable et moins d’un million dans nos comptes. Aujourd’hui, BENALYA emploie plus de cinquante personnes, a plus de cent collaborateurs extérieurs et a généré un vaste réseau d’installeurs et de clients qui travaillent en synergie pour développer notre économie. Nos solutions et produits sont conçus ici et adaptés au contexte local, et c’est là notre première vraie bataille contre l’importation et la fuite de capitaux. Notre R&D travaille avec des ingénieurs et experts nigériens ayant à coeur de développer le Niger, et même le continent. Il nous appartient à nous, Africains, de savoir si nous devons rester éternellement dépendants de techniciens, informaticiens, ingénieurs et scientifiques de tous bords venant de l’extérieur, ou si nous voulons mettre fin à cette dépendance en décidant de nous former et de nous prendre en main. D’où notre participation à création très prochaine d’un centre de certification des compétences locales.Les activités de formation du groupe BENALYA vont elles être élargies à la sous-région UEMOA ?Notre ambition est de nous ouvrir à toute l’Afrique afin que chaque jeune Africain puisse venir dans notre centre de formation. Nous discutons déjà avec certains pays de la sous-région pour ouvrir soit une filiale, soit un centre de formation. Les métiers que nous allons proposer aux jeunes Africains scolarisés ou non sont des clés pour l’avenir du continent.Quelle place accordez-vous à la certification de vos formations ?Nous avons dès le départ pris l’engagement de donner une formation qualifiante et certifiée aux jeunes qui vont intégrer nos centres, ce qui in fine débouchera sur la certification de produits et de solutions clé en main certifiés. Toutes les formations que nous dispensons déjà dans notre premier centre EPN aboutissent à des diplômes certifiés et reconnus par les autorités nigériennes et par nos partenaires du Cegep de Sherbrooke. Nous oeuvrons sur les compétences et l’employabilité des jeunes en tant que membre du réseau UNESCO- UNEVOC. Nous sommes fiers aujourd’hui de dire que tout ce qui se fait ailleurs dans les grandes universités en termes de formation se fait aussi dans nos centres ici au Niger.Quelles seront vos priorités en 2019, année où Niger accueille pour la première fois le sommet de l’Union africaine ?La première est de créer un centre panafricain de qualification aux métiers de l’énergie, de l’élevage, de l’eau et de la petite transformation. La seconde est de former des centaines, voire des milliers de jeunes aux techniques de l’irrigation, des installations solaires et de la conservation. La troisième est de voir mon pays confier l’installation de grands champs solaires aux entreprises nigériennes. C’est notre défi : permettre aux millions de Nigériens et d’Africains de profiter du soleil, cette manne intarissable de la nature. Citons aussi l’accès aux crédits bancaires pour nos entreprises dans le domaine des énergies renouvelables. Nos États doivent nous accompagner pour que l’on puisse asseoir des entreprises capables de concurrencer les firmes étrangères. Nous souhaitons la détaxation des produits, équipements et matériels découlant des énergies renouvelables et de l’agriculture. En 2019, le Niger doit être prêt pour accueillir l’Afrique, et nous voulons accompagner l’État dans la création de sites écologiques où les infrastructures soient alimentées par nos installations solaires et notre biogaz local, où le lait soit pasteurisé par notre unité de production… Ce n’est pas une utopie, nous en sommes capables !

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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