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Entretien – Maire de la ville de Ouagadougou

Entretien – Maire de la ville de Ouagadougou: « LA POPULATION DE OUAGADOUGOU AUGMENTE DE PRÈS 7,6 % PAR AN »

Armand Roland Pierre Béouindé, maire de la ville de Ouagadougou, compte réorganiser la brigade verte ainsi
que la gestion des déchets. Il envisage une nouvelle approche du système de collecte afi n de mobiliser plus de
ressources et faire face aux besoins du secteur de la propreté.

Quel bilan d’étape pouvez-vous faire de la mise en
oeuvre de votre programme au bout de deux ans de
mandature ?
Armand Roland Pierre Béouindé : L’année 2017 a
été consacrée à la réorganisation des services municipaux.
La structure de la commune de Ouagadougou,
qui compte près de 1 800 agents, comportait près de
40 directions. Suite à un audit organisationnel, les
services ont été regroupés en cinq départements et
neuf directions générales, dont sept sont opérationnelles
et deux en instance de création. Nous avons
donc le département prospectives, planification et
études ; le département relations internationales ; le
département de la commande publique ; le département
de la communication et des relations publiques et le
département affaires juridiques et contentieux. Les
directions générales fonctionnelles sont notamment
l’agence municipale des grands travaux ; l’agence de
développement économique urbain ; la direction générale
des services techniques municipaux ; la direction
générale des ressources ; la direction générale des services
administratifs ; la direction générale des services
sociaux et la direction générale de la police municipale.
Y a-il eu un consensus sur les délibérations portant
révision des seuils d’approbation des résultats des travaux
des commissions d’attribution des marchés et des
seuils d’autorisation des conclusions des marchés par
la procédure d’entente directe ?
Le débat est clos car toutes ces délibérations ont été
adoptées par le Conseil municipal après la tenue d’une
session de formation sur les nouveaux référentiels des
marchés publics. Les élus de l’opposition ont compris
que les propositions ne relèvent pas d’une invention de
mauvaise foi de la majorité municipale, mais s’inscrivent
comme des directives à l’endroit des services de l’État
et de ses démembrements. Ces délibérations ont été validées par la tutelle, ce qui confirme qu’elles ne sont
pas illégales et sont bien conformes à la législation.
Comment les services de la police municipale de la
commune de Ouagadougou sont-ils organisés afin
d’assurer la sécurité des Ouagalais ?
La police municipale constitue le plus gros effectif des
agents municipaux avec près de 500 policiers. Cependant,
je juge cet effectif insuffisant par rapport aux
enjeux sécuritaires pour notre ville qui s’étend sur une
superficie de 600 km² et compte 3 millions d’habitants
environ. Suite à l’audit organisationnel, nous avons
entrepris de renforcer les effectifs à travers des recrutements
additionnels aussi bien en cadres qu’en agents
afin de disposer d’environ 1 000 policiers d’ici la fin du
mandat. Les agents bénéficieront aussi
de concours professionnels afin de faciliter
les avancements et le renforcement
des capacités. Des questions logistiques
et d’équipements seront aussi résolues,
à savoir les tenues, les véhicules de terrain
et les infrastructures d’accueil pour
le service. Des incompréhensions ont subsisté entre les
agents de la police municipale et le maire que je suis,
mais elles sont aujourd’hui en train d’être dissipées car
j’ai pris le temps d’expliquer ma vision.
La population de Ouagadougou (environ 3 millions
d’habitants) produit annuellement quelque
600 000 tonnes de déchets solides. Quel est le schéma
directeur de gestion de ces déchets ?
La gestion des déchets ne s’improvise pas : elle doit
être bâtie sur un modèle durable et éprouvé. Le dernier
schéma date de 2003, et après une dizaine d’années,
l’usure des équipements et le changement des usages qui
a induit de nouveaux modes de consommation font que
le schéma doit être révisé. À cet effet, un cabinet a été
recruté pour nous proposer un nouveau schéma directeur
dans six mois. La ville fait face à une croissance
de sa population de près 7,6 % par an, une tendance
qui sabote les stratégies mises en place pour assurer la
salubrité. La non-application des réglementations sur
la réduction des sachets plastiques et leur utilisation
dans tous types d’achats en ville favorisent l’insalubrité.
Nonobstant cela, des activités sont entreprises pour
l’acquisition d’engins de travaux publics dédiés à la
gestion des déchets d’ici la fin de l’année. Un travail de
réorganisation des acteurs tels la brigade verte et les
cantonniers est aussi en cours afin de mieux occuper le
terrain. Nous envisageons une révision en profondeur
de la gestion des déchets, avec une approche globale
du système de collecte et du nettoiement, pour mobiliser
davantage de ressources et faire face aux besoins
du secteur de la propreté. Nous investissons près de 4 milliards de FCFA par an alors que le besoin total
annuel est estimé à près de 20 milliards de FCFA. Je
profite de vos colonnes pour remercier tous les citadins
et les associations qui oeuvrent quotidiennement pour
assurer la salubrité devant leur cour, leur commerce et
dans leur quartier. La salubrité n’est pas liée seulement
aux ressources financières, mais aussi à la participation
citoyenne et à la lutte contre l’incivisme.
Ouagadougou connaît de vraies difficultés de mobilité
et de transport urbain. Qu’est ce qui est envisagé à
ce niveau ?
La mobilité est le défi numéro 1 de notre mandat, car
notre ville est caractérisée par plus de 90 % de transport
individuel. Le Conseil municipal estime qu’il faudrait changer de paradigme et amorcer un changement intelligent
et durable. Un plan de circulation élaboré par
une commission ad hoc et livré en juillet 2018 sera
mis en oeuvre d’ici la fin de l’année afin de fluidifier la
circulation. Pour faciliter le transport interurbain, les
gares routières de Ouagarinter, de l’Ouest, de Tampouy
et de l’Est seront toutes rénovées, à commencer
par Ouagarinter en octobre et l’Ouest en février
2019. Enfin, nous avons un projet de modernisation
du transport urbain collectif par la redynamisation de
la SOTRACO à travers un renforcement des lignes,
une tarification adaptée, le tout assorti d’une étude
de faisabilité du bus à haut niveau de service (BHNS)
de Ouagadougou.
Sur cet exercice 2018, quels sont vos objectifs prioritaires
en droite ligne du PNDES, projet de société du
président Kaboré ?
Le programme de mandat est l’émanation du PNDES
au niveau local. Plusieurs chantiers sont en cours dans
le domaine scolaire à travers une dizaine de collèges
d’enseignement général (CEG) en cours de construction,
les travaux de bitumage de voiries longues de 25 km
seront lancés d’ici la fin de l’année, et enfin les gares
routières, les bus modernes, les engins de terrassement et
de gestion de déchets seront des réalités. Et ce n’est pas
tout. Des aires de stationnement, un parc de vente de
véhicules d’occasion et un troisième pont sur le barrage
n° 2 allant de l’avenue Kwamé N’krumah à Tanghin,
au nord de la ville, sont en étude pour recherche de
financement.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

EA Magazine

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