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Entretien – Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso: « Nous avons pu faire rentrer 2 431 Burkinabè au pays »

Malgré la fierté que lui inspire l’UEMOA, avec ses réussites dans le domaine de l’intégration sous-régionale, Alpha Barry, chef de la diplomatie burkinabè, estime qu’il reste encore des défis à relever, par exemple l’emploi des jeunes.

Au lendemain de la célébration des 25 ans d’existence de l’UEMOA, quel regard portez-vous sur la gouvernance politique de cette union pour les huit pays membres et sur l’évolution du modèle d’intégration qu’elle représente ?

Alpha Barry : Tout d’abord, en 25 ans d’existence et grâce aux importants chantiers réalisés, l’UEMOA est devenue un modèle d’intégration réussie en Afrique. Ensuite, avec son programme économique régional (PER), l’UEMOA a construit un corridor routier, formé des ressources humaines, amélioré l’environnement des affaires et facilité les échanges intracommunautaires et internationaux. Cependant, des challenges restent à relever. Au nombre de ces défis, citons entre autres l’accélération du processus d’intégration sous-régionale, le faible taux des échanges intercommunautaires, les distorsions en matière de concurrence et les nombreux contrôles sur les corridors, y compris les prélèvements illicites, etc. Cette situation incite les États membres à réaliser des autoroutes pour, notamment, endiguer les rackets. Citons aussi les perspectives au niveau de la lutte contre le terrorisme ou la question de l’emploi des jeunes. Malgré ces défis, l’UEMOA reste une source de fierté pour ses membres. La réforme des relations de coopération monétaire entre l’UEMOA et la France comporte trois évolutions majeures, dont le changement de nom de la monnaie de l’UEMOA, qui deviendra prochainement l’éco. Comment le Burkina Faso apprécie-t-il cette évolution ? La coopération monétaire entre la France et l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) repose sur un accord de coopération monétaire signé le 4 décembre 1973 par les ministres des Finances de l’UMOA et de la France. Il posait le cadre général de la coopération. Depuis 1994, trois principes régissent cet accord : la parité fixe entre le franc CFA et l’euro, la garantie, accordée par la France, de convertibilité illimitée de la monnaie, et enfin la centralisation des réserves de change. En 2019, les autorités politiques de l’UMOA ont fait part de leur intention de réviser les dispositions qui entourent cette monnaie pour être en phase avec les avancées économiques de la zone, visant la modernisation de l’Union monétaire, mais aussi tenant compte des évolutions en cours dans les autres pays de la CEDEAO (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest). Pendant la crise liée au coronavirus, plusieurs pays ont été confrontés à l’épineuse question de l’évacuation de leurs ressortissants coincés à l’étranger. Comment le Burkina Faso a-t-il pu gérer cet aspect de la pandémie ? Depuis la fermeture des frontières jusqu’à la date du jeudi 30 juillet 2020, ce sont au total 843 autorisations de sortie et d’entrée qui ont été accordées au profit de 11 647 personnes. Parmi ces dernières, certaines disposaient des moyens pour leur déplacement. Il s’agit essentiellement de nos compatriotes qui se sont vus bloqués dans les pays voisins comme le Mali, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Togo et le Ghana. Malheureusement, d’autres étaient bloqués sur d’autres continents, très loin du pays, au moment où tous les États ont fermé leurs frontières. Parmi ces personnes se trouvaient des malades partis pour des soins, des fonctionnaires en fin de mission, des étudiants en fin de formation, des commerçants en voyage d’affaires, etc. C’est dans ces conditions que le ministère a pu, en bonne collaboration avec le ministère de la santé et l’ANAC (l’Agence nationale de l’Aviation civile), organiser 39 opérations de rapatriement dans 16 pays différents. Cela a permis de faire rentrer au pays 2 431 Burkinabè à la date du 30 juillet 2020.

Propos recueillis par Paul de Manfred

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Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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