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Entretien – Ministre du Budget

« Les fonds propres participent au budget 2019 à 84 % »

Ismaël Dioubaté, ministre du Budget, rappelle les missions dévolues à son département et précise les objectifs financiers fixés ces deux dernières années par le gouvernement aux trois régies financières que sont les Douanes, les Impôts et le Trésor.

D’ici à 2020, quelles sont les priorités que vous a fixées le chef du gouvernement dans votre feuille de route ?

Ismaël Dioubaté : L’action du ministère du Budget se traduit à travers des objectifs spécifiques ainsi que par des actions prioritaires qui se présentent en dix points. En premier lieu, il s’agit d’optimiser la  politique budgétaire et d’améliorer l’administration fiscale et douanière pour sécuriser les recettes et  qualifier la dépense publique. Ensuite, nous élaborons une stratégie budgétaire de moyen terme  crédible, puis nous qualifions la dépense publique. Viennent ensuite la promotion de la transparence budgétaire, la maîtrise des équilibres budgétaires et la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. Par ailleurs, nous publions régulièrement un rapport qui compare pour chaque acteur (opérateur, fournisseur Internet) la part de marché déclarée par l’ARPT (Autorité de régulation des postes et télécommunications) avec la contribution effective aux recettes fiscales de l’État : TVA, TARTEL, TCT, etc. En outre, nous assurons la production régulière du budget citoyen, qui est suivie de la mise à disposition du public des informations relatives à l’exécution du budget. Nous veillons également à l’exercice de la tutelle des établissements publics administratifs et contribuons aussi à la lutte contre la corruption, contre le détournement de deniers publics et contre la fraude pour restaurer l’image et la crédibilité de l’État. Et enfin, nous nous attelons à veiller à la promotion des composantes à haute intensité de main-d’oeuvre dans tous les programmes et projets publics et privés afin de favoriser la création d’emplois pour les jeunes et d’améliorer leurs conditions de vie.

Quelle a été la contribution des bailleurs de fonds à la formation du budget de 2019 et quelle sera-t-elle à celui de 2020 actuellement en préparation ?

Selon la loi de finances rectificative (LFR) 2019, la conclusion des négociations avec la Banque mondiale a abouti à un appui budgétaire de 100 millions de dollars américains en faveur de la Guinée, contre 40 millions prévus par la loi de finances initiale (LFI). Ajoutons aussi l’aboutissement des négociations avec le Qatar, qui a permis de mobiliser sous forme d’emprunts non affectés un montant de 60 millions de dollars, ainsi que l’encaissement du produit de la vente de la licence d’exploitation 4G de la société Orange Guinée pour un montant de 90 millions de dollars, non prévu non plus dans la loi de finances  initiale.

Le budget annuel du gouvernement guinéen pour l’exercice 2019 s’équilibrait en recettes et en dépenses à plus de 22 313 milliards de francs guinéens (2,4 milliards de dollars). Dans ce budget, quelle est la part consacrée à l’investissement et au volet social ?

La part consacrée à l’investissement dans le budget annuel du gouvernement pour l’exercice 2019 s’élève à 9 665,33 milliards de GNF selon la LFI 2019, et à 9 019,21 milliards de GNF selon la LFR 2019, soit une diminution de 7,16 %. Quant à la part consacrée au volet social dans le budget annuel du gouvernement pour l’exercice 2019, elle s’élève à 6 182,739 milliards de GNF, soit 25,64 % (LFI).

À quelle hauteur les fonds propres issus des régies financières participent-ils au budget, et quel est le niveau de collecte fixé par le gouvernement aux régies des Impôts, du Trésor et de la Douane en 2019 ?

La mobilisation des fonds propres participait à hauteur de 88,35 % dans le budget de 2018, et à 84,89 % dans le budget 2019. Le niveau des collectes fixé par le gouvernement aux régies des Impôts, du Trésor et de la Douane en 2019 s’élève à 17 697,3 milliards de GNF (lire l’encadré).

Quel rôle la MAMRI (Mission d’appui à la mobilisation des ressources) sera-t-elle conduite à jouer auprès des trois régies financières ?

Les administrations des Douanes, des Impôts et du Trésor relèvent, dans la configuration actuelle, du ministère chargé du Budget pour ce qui est des Douanes et des Impôts, et de celui de l’Économie et des Finances pour ce qui est du Trésor. Cette nouvelle structure qu’est la Mission d’appui à la mobilisation des ressources va jouer un rôle de modernisation de ces administrations, comme il est précisé dans le décret portant création de la MAMRI. Plus précisément, ce décret prévoit que la Mission d’appui à la mobilisation des ressources internes est chargée d’accompagner la modernisation des administrations fiscales et autres régies financières de l’État en vue d’accroître significativement la mobilisation des ressources internes. L’arrêté d’application du décret prévoit un cadre de concertation et de coopération regroupant la MAMRI et les responsables des principales directions et régies concernées par la mobilisation des ressources internes. Autre précision importante, la MAMRI a mobilisé des ressources non négligeables auprès de la Banque africaine de développement, soit 15 millions de dollars, et des Émirats arabes unis avec près de 58 millions de dollars. Ces ressources sont destinées à assurer la modernisation des administrations impliquées dans la collecte et le maniement des ressources internes, à travers, en particulier, leur digitalisation.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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