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Entretien – Ministre de l’Économie et des Finances: « Le taux d’inclusion financière sera d’au moins 60 % en 2024 »

Á l’occasion de la 7e table ronde de l’Initiative africaine des politiques d’inclusion financière (AFPI) tenue du 25 février au 1er mars 2019 à Abidjan, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Koné a indiqué à notre confrère Fraternité Matin l’importance du chantier de la finance numérique pour relever les défis liés à l’inclusion financière.

Que peut-on retenir de l’organisation par la Côte d’Ivoire de la 7e Table ronde des leaders de l’AFPI qui s’est tenue à Abidjan du 25 février au 1er mars 2019 ?
Adama Koné : L’inclusion financière est en fait la possibilité pour tout citoyen ou toute entreprise, quelle que soit sa condition sociale, d’accéder à moindre coût à toute une gamme de produits et de services financiers utiles et adaptés à ses besoins, notamment les transactions, l’épargne, les paiements, le crédit, les assurances, etc. Elle est un donc un passage obligé pour toute économie qui aspire à l’émergence. Parce qu’il n’y a pas de développement durable et inclusif sans l’émergence d’un système financier fort, robuste, diversifié et proposant des offres de services accessibles à tous. C’est pourquoi nous nous félicitons de l’organisation de ces événements majeurs à Abidjan, car c’est une opportunité pour la Côte d’Ivoire de consolider ses relations avec l’ensemble des institutions internationales oeuvrant dans le domaine de l’inclusion financière et de marquer ainsi son engagement et son leadership régional dans ce domaine. L’une des étapes importantes de ces assises a été l’ouverture officielle du bureau régional
Afrique subsaharienne, Afrique du Nord et Moyen-Orient. L’installation à Abidjan de ce bureau marque la confiance que témoigne à notre pays l’Alliance pour l’inclusion financière (AFI) et nous rassure quant au renforcement de la collaboration avec cet organisme dans la mise en oeuvre du plan d’action de la Stratégie nationale d’inclusion financière 2019-2024.

L’ouverture à Abidjan de ce bureau de l’AFI et la création par votre gouvernement de l’APIF (Agence de promotion de l’inclusion financière) marquent-elles un nouveau départ sur ce sujet en Côte d’Ivoire ?

La présence à Abidjan de l’AFI à travers son bureau régional facilitera ses actions envers notre pays à travers l’identification des défis liés à l’inclusion financière. En outre, ce bureau apportera une assistance plus étroite à la mise en oeuvre des politiques dans la région en général et en Côte d’Ivoire en particulier. S’agissant de l’APIF, sa création par décret depuis mai 2018 répond à la nécessité de mieux coordonner les actions et initiatives relatives à la promotion de l’inclusion financière. Ces différentes initiatives marquent entre autres l’engagement du gouvernement à faire de l’accès des populations aux services financiers formels et à leur utilisation par celles-ci une priorité. Cela devrait se traduire durant les prochaines années par une amélioration significative du taux d’inclusion financière en Côte d’Ivoire.

Quels sont les objectifs du gouvernement en matière d’inclusion financière et pourquoi est-ce si important de réduire le nombre des personnes exclues par le système financier ? Quelle est votre stratégie pour y parvenir ?

Plusieurs études conduites par des institutions financières internationales ont révélé qu’il y a un lien étroit entre l’inclusion financière des populations, la réduction de la pauvreté et la croissance économique. Le gouvernement, fidèle à sa politique de réduction de la pauvreté, est résolument engagé à faciliter l’accès des populations à une gamme diversifiée de services financiers à travers les services des banques, des systèmes financiers décentralisés, des sociétés d’assurances et des entreprises de mobile money. Á cet effet, une stratégie nationale d’inclusion financière a été élaborée pour la période 2019-2024. Cinq axes stratégiques ont été définis et portent sur l’amélioration de l’accès aux services financiers des populations vulnérables et exclues, sur la promotion de la finance numérique, sur la protection des clients et l’éducation financière des populations, sur la réglementation évolutive et enfin sur le cadre fiscal. La mise en oeuvre du plan d’action de cette stratégie devrait permettre à la Côte d’Ivoire d’atteindre un taux d’inclusion financière d’au moins 60 % en 2024, contre 40 % en 2017. En outre, nous nous félicitons déjà de ce que le taux d’utilisation des services de la monnaie électronique s’élève à 45,9 % en 2017, alors que ces services n’existaient pratiquement pas en 2010.

Lors de votre intervention à la 7e Table ronde de l’AFPI, vous avez insisté sur l’opportunité qu’offre la finance numérique dans la promotion de l’inclusion financière. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, peut-on considérer la finance numérique comme la panacée
contre l’exclusion financière ?

L’inclusion financière en Côte d’Ivoire a connu un progrès appréciable ces dernières années, dû principalement à la pénétration des services financiers mobiles, laquelle a connu un bond significatif en passant de 24 % en 2014 à 34 % en 2017. Ces chiffres révèlent que la finance numérique est une opportunité à exploiter. Toutefois, la lutte contre l’exclusion financière nécessite un ensemble d’actions coordonnées en plus de celles spécifiques à la promotion de la finance numérique. Il s’agit notamment de favoriser l’adéquation de l’offre des produits et services financiers à la demande, d’assurer l’éducation financière et numérique des populations, sans oublier de mettre en place des cadres réglementaire et fiscal adaptés. Ce sont donc ces chantiers importants que nous allons mettre en oeuvre sans tarder pour relever les défis liés à l’inclusion financière de manière à assurer l’accès d’un plus grand nombre de nos populations aux services financiers. Il s’agit là d’un objectif inscrit au rang des priorités majeures du gouvernement du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

Propos rassemblés par Paul de Manfred

Auteur

EA Magazine

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