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Entretien – Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale: « L’emploi représente un défi majeur à relever »

Mohamed Ben Omar, ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, revient sur les dernières créations d’emplois et détaille la mise en oeuvre de la Politique nationale de l’emploi (PNE).

Votre département regroupe le travail, l’emploi et la protection sociale. Quelle est l’importance de ces secteurs dans la mise en oeuvre du Programme de Renaissance II du président de la République ?

Mohamed Ben Omar : Les domaines de l’emploi, du travail et de la protection sociale constituent des axes majeurs du Programme de Renaissance II traduits dans le Plan de développement économique et social (PDES) 2017-2021. Dans les trois domaines, les défis à relever sont de divers ordres. En premier lieu, sur le plan de la protection sociale, il s’agit de réduire la vulnérabilité de la population et des groupes défavorisés. Pour ce faire, la couverture de la protection sociale doit être élargie à tous les niveaux, grâce à la poursuite de l’exécution des programmes et stratégies qui sous-tendent la mise en oeuvre de la Politique nationale de protection sociale adoptée en août 2011. Dans le domaine de l’emploi, l’orientation principale porte sur des actions à même de favoriser la promotion de l’emploi décent et l’insertion socio-économique des jeunes, notamment par le développement d’une offre de formation adaptée, ainsi que par le soutien à l’auto-emploi des jeunes. Au regard de ce qui précède, les attributions de mon département ministériel sont essentiellement centrées vers l’atteinte des objectifs assignés. Pour rappel, il faut noter que le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale est chargé, en relation avec les ministres concernés, de la conception, de l’élaboration, de la mise en oeuvre, du contrôle, du suivi et de l’évaluation des politiques en matière d’emploi, de travail et de protection sociale, conformément aux orientations définies par le gouvernement. Á ce titre, il crée un environnement qui facilite le dialogue social et favorise la promotion l’emploi et du travail décent ainsi que la lutte contre le chômage et le sous-emploi, de même qu’il applique la stratégie nationale dans le domaine de la promotion des droits et principes fondamentaux au travail, de la migration de main-d’oeuvre et de la gestion des conflits en milieu professionnel. Comme on peut le constater, ces attributions participent à la prise en compte de la dimension sociale du développement.

Votre département annonce la création de 1 035 837 emplois entre 2011 et 2017, ce qui va nettement au-delà de l’objectif de 350 000 que s’était fixé le gouvernement sur la même période. Pour atteindre ce chiffre, quelle politique avez-vous déployée, pour quels types d’emplois et dans quels secteurs ?

Il faut rappeler que le gouvernement a adopté en 2009 une Politique nationale de l’emploi (PNE) qui traduisait la volonté des plus hautes autorités du Niger de placer la création d’emplois au centre des objectifs de politique économique et sociale en vue de l’amélioration des conditions socio-économiques des populations. Les programmes et les stratégies de sa mise en oeuvre étaient fondés sur les principes directeurs tels que le développement de l’employabilité des ressources humaines par l’acquisition d’une formation de base et le renforcement des qualifications, l’amélioration des mécanismes de connaissance du marché de l’emploi dans l’optique d’une meilleure adéquation de la formation à l’emploi, l’impulsion d’une dynamique entrepreneuriale au niveau de la jeunesse, et enfin le développement des stratégies d’accueil, d’orientation professionnelle et de stages à destination des demandeurs d’emploi. La mise en oeuvre de ces actions a permis d’enregistrer des résultats très probants en termes de création d’emplois. C’est ainsi que 816 144 emplois, toutes catégories confondues, ont été créés au cours de la période 2011-2015, pour un objectif de 250 000 décliné dans le Programme de Renaissance de SEM le président de la République. Au titre de la mandature en cours, et pour les deux premières années, les données collectées et traitées donnent une situation de 219 683 emplois créés, soit 90 413 en 2016 et 129 272 en 2017, ce qui donne un total de 1 035 829 emplois pour la période allant de 2011 à 2017 (lire notre tableau).

D’ici à 2021, quelles sont les solutions préconisées face à la problématique de l’emploi et du travail des jeunes Nigériens qui perdure malgré les avancées, notamment l’aide attendue de la part des bailleurs de fonds ?

La problématique de l’emploi, en particulier l’emploi des jeunes, est une question qui préoccupe, au plus haut sommet, les autorités de notre pays. C’est pour cette raison que mon département ministériel entend développer et intensifier les actions centrées vers cette couche vulnérable de la population. D’ores et déjà, nous citerons en termes de perspectives l’élaboration en cours de la PNE 2019-2024 : l’atelier de lancement du processus de formulation a eu lieu en avril 2018 et une feuille de route a été adoptée à l’issue de cette rencontre. Notons aussi le démarrage en janvier 2019 de la mise en oeuvre, pour une durée de 5 ans, du projet « Emploi des jeunes et production inclusive » qui va concerner 40 communes sur toute l’étendue du territoire en faveur d’environ 40 000 jeunes, la poursuite de la mise en oeuvre du programme de création de micro-entreprises par les jeunes, la mise en oeuvre prochaine du plan d’action national sur les investissements dans les ressources humaines en santé et social dans le cadre de la poursuite des Objectifs de développement durable et de la Couverture sanitaire universelle, et enfin la poursuite et l’intensification des actions de prospection de l’emploi à étranger. Il est évident que l’emploi constitue un enjeu important pour tout pays qui se soucie de l’avenir de sa jeunesse et qui aspire à une quiétude sociale. Par ses multiples dimensions, il représente un défi majeur à relever. Toutefois, la lutte contre le chômage et le sous-emploi est une oeuvre de longue haleine qui requiert notamment l’élaboration de mécanismes pérennes et fiables de financement, une prise de conscience collective des acteurs sur les enjeux de l’emploi ainsi que la mutualisation des efforts et la contribution de tous les acteurs. C’est pourquoi un accompagnement des bailleurs de fonds est vivement attendu, notamment dans le financement des programmes et projets en faveur des jeunes, ainsi que pour le renforcement des capacités.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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