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Entretien – Ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle, de l’Emploi et du Travail

« Des formations qui préparent une main-d’oeuvre opérationnelle »

Lansana Komara, ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle, de l’Emploi et du Travail, présente les initiatives mises en oeuvre par son département visant à favoriser l’emploi des jeunes.

Dans votre discours de prise de fonctions, vous indiquiez que le chef de l’État et le chef du  gouvernement vous faisaient plus une obligation de résultats qu’une obligation de moyens. Á l’approche de 2020, quels sont les résultats ?

Lansana Komara : Les résultats obtenus sont la construction et l’équipement de quatre Écoles  régionales des arts et métiers (ERAM) à Labé, Boké, Siguiri et Nzérékoré, l’amorce de construction de  deux autres ERAM à Coyah et Dabola, l’obtention du financement par la BID des ERAM de Mamou et  Kindia, dont les travaux débuteront en janvier 2020, la construction et l’équipement d’un complexe BTP-Hôtellerie à Nongo – don de la Fondation Mohamed VI –, la construction de deux CFP à Kouroussa et Kérouané, et enfin la construction et l’équipement d’une École normale des instituteurs à Mamou. Ces nouvelles écoles sont venues renforcer le réseau des institutions existantes, pour lesquelles la plupart des infrastructures et des équipements sont en pleine rénovation. C’est aussi le cas pour onze autres établissements : les CFP de Boké, Fria et Matoto, le CEPERTAM et l’ENAM, les ENAE de Koba, Tolo et Macenta, ainsi que le CAFPP-S de Macenta, l’ENPETP de Matoto, dont la rénovation et l’équipement se font par le PAFISAM sur financement C2D de l’AFD, et enfin la rénovation et l’équipement de l’ENPT de Kipé, financés dans un projet de partenariat public-privé avec la Chine. Tout cela a permis de créer de nouvelles filières porteuses et de développer de nouveaux programmes d’enseignement. La mise en place d’une politique nationale d’emplois est venue conforter les activités de préparation et d’appui en faveur des jeunes diplômés dans la recherche du premier emploi. Dans ce cadre, l’achèvement de la construction et de l’équipement de la Maison de l’Emploi et des Compétences (MEC) de Kankan, ainsi que l’ouverture et l’équipement des bureaux de l’Emploi et des Compétences dans les communes de Kaloum, Ratoma, Matam et Matoto ont créé un cadre favorable pour améliorer l’employabilité des diplômés et promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Quelle est la politique de votre gouvernement en matière d’enseignement technique ?

Le gouvernement a confié à mon département la conception, l’élaboration et la mise en oeuvre de sa politique en matière d’adéquation entre la formation et l’emploi. Sa vocation essentielle est de former pour le marché de l’emploi des agents et techniciens qualifiés et compétents grâce à la formation initiale et continue ainsi qu’à un apprentissage modernisé et performant. Cette formation et ce perfectionnement couvrent des domaines aussi variés que les mines, l’agriculture, l’industrie, l’hydraulique, l’énergie, l’hôtellerie, le tourisme, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), etc. Ainsi mon département a pour mission de former aux diverses compétences techniques et professionnelles nécessaires à la mise en oeuvre de la politique de développement socio-économique du pays, en vue de la satisfaction progressive des besoins en main-d’oeuvre dans les principaux secteurs de développement du pays, surtout agricole et minier, et cela grâce à une politique dynamique d’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Cette vision s’appuie essentiellement sur l’adéquation formation-emploi et vise à préparer une main-d’oeuvre formée pour l’emploi. Et de plus en plus, cette adéquation formation-emploi est bien instaurée dans les institutions de formation technique et professionnelle sur l’ensemble de notre dispositif de formation, qui compte actuellement 163 institutions réparties entre le public (56) et le privé (107), et qui développe 84 filières dans 50 corps de métiers pour les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Á ceci s’ajoute le dispositif de formation de courte durée constitué de 15 centres et qui assure une formation souple s’adaptant aux demandes sociales et économiques propres à chaque localité de notre pays et portant sur diverses filières comme la couture, la maçonnerie, le carrelage, les bars-restaurants, la coiffure, la floriculture, la peinture en bâtiment… Le chef de l’État souhaitait dans un discours en 2015 axer son deuxième mandat essentiellement sur l’emploi, s’engageant réhabiliter les infrastructures des écoles et à lutter contre le chômage.

Le taux de chômage des moins de 25 ans étant estimé à plus 60 %, quelles initiatives ont été lancées pour favoriser leur emploi ?

Comme je vous le disais, la mise en oeuvre de cet engagement du chef de l’État a permis de renforcer l’offre de formation existante, à travers notamment la réhabilitation des infrastructures et équipements existants et la réalisation de nouvelles institutions, mais aussi avec l’ouverture de nouvelles filières et le développement de nouveaux programmes ainsi que la rénovation des programmes existants en vue d’une meilleure adéquation des formations aux emplois disponibles sur le marché. Á tous ces acquis s’ajoutent de nombreuses innovations orientées vers des formations en entrepreneuriat et en création de PME, et l’organisation de stages pratiques en entreprise. Dans ce cadre de création d’emplois, un programme d’autonomisation des femmes par la femme et l’apprentissage a été mis en oeuvre par l’ONFPP en faveur des groupements productifs, associations coopératives et Muffa (Mutuelles financières des femmes africaines de Guinée). Ainsi, ce sont près de 7 500 femmes qui sont déjà formées et équipées en outillage et matières premières en faveur de groupements et coopératives pour la couture, la teinture, les activités maraîchères, la transformation agroalimentaire et autres.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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