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Entretien – Ministre de l’Entreprenariat des jeunes: « L’entreprenariat représente une alternative au chômage des jeunes »

Ibrahim Issifi Sadou, ministre de l’Entreprenariat des jeunes, identifie les secteurs porteurs afin de stimuler un environnement propice. La Compétition de plans d’affaires (CPA), qui se tient tous les ans, est un exemple d’action menée dans ce sens.

Comment définir les contours de vos missions à la tête de ce ministère dédié à l’entreprenariat des jeunes ?

Ibrahim Issifi Sadou : Avant de répondre à votre question, je dois rappeler quelques faits saillants par rapport à la situation de la jeunesse au Niger. La population de notre pays est essentiellement rurale (86 %), et très jeune : plus de 60 % ont moins de 30 ans. Cependant, cette frange de la population rencontre beaucoup de difficultés à s’insérer dans le circuit économique pour diverses raisons. Le développement de l’entreprenariat des jeunes devient donc une priorité de premier ordre afin de créer les conditions favorisant la création d’entreprises individuelles ou collectives. Dès lors, l’entreprenariat représente une alternative concrète au chômage des jeunes. Ainsi, fondant beaucoup d’espoir sur cette jeunesse qui constitue le fer de lance de tout développement, et désireux de prendre toutes ses préoccupations en charge, le président de la République, dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme de Renaissance II, a créé en avril 2016 un ministère spécifiquement dédié à la question de l’entreprenariat des jeunes. Revenant à votre question, il faut retenir que par décret n° 2016-208/PM du 11 mai 2016 qui précise les attributions des membres du gouvernement, le ministre de l’Entreprenariat des jeunes est chargé, en rapport avec les autres ministres concernés et suivant les orientations définies par le gouvernement, de la conception, de l’élaboration, de la mise en oeuvre, du suivi et de l’évaluation de la politique nationale en matière d’entreprenariat des jeunes. Á ce titre, je dois identifier les secteurs porteurs pour un entreprenariat massif des jeunes, diplômés ou non, concevoir les stratégies de formation, d’accompagnement et de coaching des jeunes entrepreneurs, concevoir une politique cohérente et rationnelle d’appui au financement de leurs activités, et enfin promouvoir l’entreprenariat des jeunes en développant des programmes d’appui ainsi que les mécanismes anciens et nouveaux de financement des projets des jeunes diplômés. Pour mener à bien cette mission, je dispose de l’aide d’une équipe compétente.

Comment, dans son programme de société, se traduit l’importance accordée aux jeunes par le président de la République ?

La question de la jeunesse, au regard des enjeux et défis qu’elle représente aujourd’hui pour notre pays et pour la sous-région, est l’une des préoccupations urgentes des plus hautes autorités de la 7e République. Ainsi, dans le Programme de Renaissance II, l’axe n° 8 a été spécialement dédié à la promotion de l’emploi des jeunes. Par ailleurs, ce programme a été soutenu par l’adoption de la Stratégie de développement durable pour la croissance inclusive (SDDCI Niger 2035), dont l’un des axes est le développement du secteur privé nigérien, à travers notamment la diversification de l’économie, l’absorption des jeunes sur le marché de l’emploi et l’entreprenariat. Cette volonté a été réaffirmée avec l’élaboration et la mise en oeuvre du Plan de développement économique et social (PDES) assorti de son Plan d’actions prioritaires (PAP) 2017-2021 ayant fait l’objet, à Paris en 2017, de la Table ronde des bailleurs de fonds qui a permis au gouvernement nigérien de mobiliser 17 000 milliards de FCFA.

Quelles dispositions avez-vous envisagées à l’endroit des jeunes de la diaspora ?

Le Niger organise chaque année une Compétition de plans d’affaires (CPA) à laquelle plusieurs jeunes de la diaspora participent activement et remportent même des prix. Le gouvernement envisage aussi d’accorder des facilités aux investisseurs de la diaspora, comme assouplir les formalités de création et d’installation de leurs entreprises. Dans la même logique, il a décidé de mettre en place un plan d’accompagnement qui encourage les Nigériens de la diaspora à créer des entreprises au pays. De plus, il compte passer des accords commerciaux progressistes qui contribuent à promouvoir l’innovation, à ouvrir de nouveaux marchés et à créer des opportunités pour eux.

Quelles seront vos priorités en termes d’actions en 2019 ?

Nous allons accélérer la mise en place d’un fonds de garantie de financement des entreprises des jeunes afin de leur faciliter l’accès au crédit, une initiative qui permettrait de créer les conditions d’accompagnement pour l’émergence de l’entreprenariat des jeunes, qu’ils soient ruraux, diplômés des centres de formation aux métiers ou qu’ils aient acquis une expertise par expérience. Nous allons aussi renforcer les capacités des structures d’accompagnement comme les centres incubateurs, renforcer les capacités des jeunes promoteurs et entrepreneurs, et enfin créer des emplois décents pour les jeunes dans l’agriculture et l’élevage. Nos initiatives couvriront tous les domaines et porteront sur l’appui organisationnel, les formations et les stages d’incubation, les kits de démarrage ou l’accès aux lignes de crédit et l’accompagnement avec des Business Plans. Des actions seront entreprises telles la mise en place d’un cadre multi-acteurs pour un suivi participatif et un mécanisme d’émulation entre les jeunes des 8 régions du Niger. Un accent particulier sera mis sur l’autonomisation de la femme rurale avec un programme ciblé d’alphabétisation et l’entreprenariat féminin. Pour ce faire, le Niger a besoin du soutien de tous ses partenaires techniques et financiers dans la mise en oeuvre du plan d’actions 2018-2020. C’est pourquoi nous avons déjà entrepris une offensive diplomatique envers eux.

Propos recueillis parSerge-Henri Malet

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