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Entretien – Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat

Entretien – Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat: « La Cité de la diaspora est estimée à plus de 1 000 logements »

L’ambitieux chantier des 40 000 logements voulu par le président Roch Marc Christian Kaboré se poursuit : 1 500 sont déjà sortis de terre à Bassinko, et 1 000 autres sont prévus dans la Cité de la diaspora à Ouaga 2000. Maurice Dieudonné Bonanet, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, nous en parle.

« Pour la construction de logements sociaux, je m’engage,
d’ici à 2020, à faire de l’accès au logement
un droit effectif », avait indiqué le président Kaboré
durant sa campagne. Puis il y a eu la mise en oeuvre
du Programme national de construction (PNCL) de
40 000 logements. Où en êtes-vous à l’approche de
2020 ?
Maurice Dieudonné Bonanet : Comme vous le dites si
bien, ce programme est une émanation du programme
présidentiel et correspond à un engagement très fort,
et même à un défi si nous considérons l’environnement
et les ressources insuffisantes pour faire face à
tous les secteurs prioritaires. Le président a ainsi fait
de la question du logement une priorité, et pas pour
simplement relever des défis, mais pour apporter une
réponse conséquente à la problématique du logement.
Le programme 40 000 logements est une ambition du
gouvernement, mais la demande réelle de logements
est au-dessus de 40 000 : à la faveur des souscriptions,
nous avons enregistré 208 000 inscrits. L’objectif principal
est de faire émerger un mécanisme pérenne qui
permette au Burkina Faso d’avoir un dispositif clair
d’accès au logement pour toutes les catégories sociales.
Ce n’est pas en un ou deux ans que l’on peut régler le
problème de logement dans un pays. Le programme
a été mis en forme, les acteurs clés qui interviennent
ont été identifiés, et nous sommes dans le processus de
production. En 2017, nous avons lancé une tranche de
5 000 logements qui sont aujourd’hui en construction,
la tranche 2018 sera étendue jusqu’aux communes
rurales, et 2019 verra forcément une accélération en
fonction de la mobilisation foncière pour qu’en 2020,
on atteigne les 40 000 logements annoncés dans le
programme. Nous avons validé la demande par la
campagne de souscription, puis nous avons procédé
à une mobilisation foncière dans toutes les communes
du Burkina Faso. Il s’agit maintenant d’aménager tous
les sites mobilisés et de les mettre à la disposition des
promoteurs immobiliers choisis pour la construction
des logements. Quelles sont les modalités d’accès pour les ménages
burkinabè ? Ces habitations sont-elles également
accessibles à l’importante diaspora des Burkinabè en
Afrique et en Europe ?
Á la suite de la campagne d’inscription qui a permis de
cerner la demande de logements, il y a un processus de
souscription aux différentes tranches du programme
qui, à terme, permet de réaliser un tirage au sort pour
désigner les bénéficiaires de façon totalement transparente.
Nos compatriotes de la diaspora ont été pris en
compte dans le programme et ils ont même participé
à la campagne d’inscriptions. Ils peuvent prétendre
acquérir les logements économiques en construction
au même titre que les résidents. Outre cette possibilité,
le ministère, à travers le CEGECI, a mis en place une
opération spéciale qui leur est dédiée, avec des offres
attractives pour les motiver à investir dans leur pays, le Burkina Faso. La Cité de la diaspora, estimée à plus de
1 000 logements, est l’illustration parfaite de la volonté
du président du Burkina Faso d’apporter des solutions
aux nombreuses quêtes de logements exprimées par les
Burkinabè de l’extérieur.
Qui sont les promoteurs immobiliers en charge d’honorer
les engagements du PNCL et, considérant que
les classes moyennes burkinabè seront exigeantes sur
la qualité des ouvrages, pensez-vous qu’ils satisferont
leurs attentes ?
En ce qui concerne le processus de construction des
40 000 logements, 17 promoteurs ont été sélectionnés
pour la première tranche à la suite d’une procédure de
sélection. C’est vous dire, donc, pour répondre à votre
question, que les autres tranches suivront la même
procédure. Quant à savoir si ce sont les mêmes qui
seront reconduits, la question a déjà trouvé sa réponse
: cela dépendra de leurs performances dans la présente
tranche. Plus encore : tant qu’un promoteur n’a pas
terminé convenablement les travaux confiés, il ne peut
pas prétendre à de nouvelles conventions dans le cadre
de ce programme. Nous sommes du reste très regardants
quant à la qualité des ouvrages. Je puis donc vous
rassurer sur la qualité des ouvrages qui seront mis à
la disposition des populations, parce qu’une attention
particulière sera accordée au suivi des travaux par les
cabinets de contrôle commis à la tâche. C’est d’ailleurs
pour être à l’abri de désagréments pouvant être causés
par des contre-performances des promoteurs que nous
avons défini des tranches : ceux qui ne pourront pas
remettre les clés dans les délais et suivant les exigences
de qualité définies dans le cahier des charges ne pourront
pas postuler pour les tranches à venir et se verront même
remplacés par les plus performants pour finir les travaux
qui leur ont été confiés. Le ministère, au terme de ce
programme, va dresser une liste des promoteurs performants
et défaillants, et il en tiendra compte pour la
validation des projets immobiliers futurs. Le programme
a aussi budgétisé de façon conséquente le suivi-contrôle
des chantiers de construction des logements.
En 2018, outre le fait de suivre le bon déroulement du
PNCL, quelles sont vos autres priorités ?
Le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat (MUH) a
principalement pour mission d’encadrer l’urbanisation
et de répondre aux besoins des populations en matière
d’habitat et de logements. Á cet effet, nous disposons
principalement de trois programmes opérationnels :
le Programme planification et aménagement urbain,
le Programme architecture et construction, et enfin
le Programme accès au logement. À travers ces programmes,
des actions majeures ont pu être réalisées,
dont l’élaboration de 13 schémas directeurs d’aménagement
urbain (SDAU), le 1er lotissement de 35 chefs-lieux
de communes rurales, et enfin les infrastructures du
11 décembre 2018 à Manga, qui comprennent la Cité
du 11 décembre, une place de la Nation ainsi qu’une
salle polyvalente.
Par ailleurs, il y a une relecture de la réglementation
dans le secteur, puisque le ministère date de 2006 et
que la réglementation date pratiquement de 2008.
La pratique nous conduit à revisiter certaines choses
pour être en conformité. Il faut revoir les textes afin
d’harmoniser l’accès au foncier destiné la production
de logements et également la contribution de l’État
dans le processus du logement social. L’aide que l’État
doit apporter aux différentes catégories de Burkinabè
pour leur permettre d’accéder aux logements, la mise
à disposition du foncier, les prêts bonifiés et le FOLOS
tel qu’il a été mis en place avec la création de la Banque
de l’habitat sont autant de perspectives pour 2018.
La loi sur la promotion immobilière est également en
relecture pour mieux intégrer les mutations intervenues
dans le secteur de l’urbanisme et de l’habitat.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

 

Auteur

EA Magazine

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