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Entretien – Ministre de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal: « Dakar est l’épicentre de la pandémie au Sénégal »

Pour Abdoulaye Diouf Sarr , ministre de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal, le système de santé publique de son pays a su riposter à la pandémie de Covid-19 grâce à « des stratégies évolutives et adaptées ».

Le Sénégal, comme les sept autres pays de la zone UEMOA, a été confronté à la pandémie de Covid-19. Comment votre gouvernement a-t-il organisé la riposte ?
Abdoulaye Diouf Sarr : Notre pays s’est organisé à travers deux plans, l’un validé lors du Conseil présidentiel du 2 mars 2020 et financé à hauteur de plus de 1 440,584 milliards de FCFA, et l’autre, un plan de contingence multisectorielle, financé par le fonds Force Covid-19 pour un montant estimé à plus de 1 000 milliards de FCFA. Pour la santé de son peuple, Son Excellence le président Macky Sall n’a pas lésiné sur les moyens, mais il a également su prendre les décisions qu’il fallait. Conséquence, notre système de santé publique a su faire face grâce à des stratégies évolutives et adaptées aux variations du contexte épidémiologique. Il y eu de larges tests autour des cas confirmés ainsi que de leurs contacts, un confinement systématique dans des hôtels pour les personnes infectées, la prise en charge extrahospitalière… tout cela pour dire qu’il a eu un leadership fort au plus haut niveau… Au 10 juin 2020, le Sénégal comptait 4 640 cas confirmés de Covid-19 sur ses 17 millions d’habitants : 52 décès, 2 885 guérisons et 1 703 personnes sous traitement.

Estimez-vous que les mesures de quarantaine décrétées par votre gouvernement ont permis de freiner la propagation du virus et d’éviter un bilan plus lourd ?

Nous le pensons. Nous restons convaincus de l’efficacité et de l’impact positif des ces mesures, qui ont contribué à ralentir la progression de l’épidémie et permis à notre pays de mûrir et de mettre en place des stratégies idoines. Pendant une longue période, la maladie a été pratiquement limitée à Dakar et à Touba. Tous les modèles prédictifs faits par des organisations et d’éminents scientifiques nationaux comme internationaux envisageaient une situation bien plus grave pour notre pays, et plus globalement pour l’Afrique. Bien entendu, ces mesures de confinement, trop lourdes économiquement et socialement aussi bien pour le pays que pour les populations, ne pouvaient pas durer éternellement. Une stratégie de confinement durable n’est pas viable. Il a donc fallu trouver un équilibre entre les exigences sanitaires et les contraintes socioéconomiques, tout en continuant de promouvoir les mesures barrière, en particulier le port de masque. Sachant que 75 % des cas confirmés d’infection sont dans la région de Dakar, quels moyens avez-vous mis en oeuvre pour un ciblage des groupes à risque et leur prise en charge, notamment les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques ? Dakar est effectivement l’épicentre de la pandémie au Sénégal pour des raisons compréhensibles : la région de Dakar, qui ne couvre que 0,3 % de la superficie du pays, abrite presque le quart de la population du Sénégal, avec une densité de presque 6 500 habitants au km2. Dakar abrite également l’essentiel des activités économiques et commerciales, et la ville reste la destination privilégiée des voyageurs venant de l’étranger. Tout ceci a favorisé la circulation communautaire active du virus. Dans le nouveau contexte des mesures d’assouplissement prises par le gouvernement, Dakar requiert effectivement toute notre attention. C’est pourquoi des moyens humains, financiers et logistiques plus importants sont mis à la disposition de la région médicale de Dakar, avec une implication plus forte des autres secteurs ministériels, des collectivités territoriales et des communautés dans leur entièreté et leur diversité culturelle, sociale, économique…

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

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Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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