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Entretien – Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME: « La Côte d’Ivoire a gagné 55 places au Doing Business depuis 2013 »

Souleymane Diarrassouba, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, défend son bilan en matière de lutte contre la vie chère et rappelle les actions du gouvernement visant à renforcer l’attractivité du climat des affaires ainsi que la promotion des PME et des start-up.

En matière de lutte contre la vie chère, quel bilan pouvez-vous dresser depuis votre entrée au gouvernement le 11 janvier 2017 ?
Souleymane Diarrassouba : Á notre prise de fonctions, nous avons mis la lutte contre la vie chère au coeur de nos actions. Nous avons élaboré une stratégie portant en priorité sur l’alimentation, le transport et le logement,
avec des préconisations immédiates et à moyen terme. Nous avons donc renforcé le cadre institutionnel avec notamment le Conseil national de lutte contre la vie chère et l’opérationnalisation en quasi-juridiction de la Commission de la concurrence. Les équipes de surveillance du marché ont été renforcées et des actions menées pour diffuser les informations sur les
prix et établir un partenariat durable avec les associations de consommateurs. Les études portant création d’une dizaine de marchés de gros et d’une trentaine de marchés de détail sont finalisées et l’on a lancé le
processus de délivrance de la carte de commerçants qui permettra de créer le fichier national des commerçants et constituera un levier pour financer leurs activités et les amener à migrer de l’informel vers le formel.
Au classement Doing Business 2019, votre pays est passé de la 139e à la 122e place pour l’attractivité aux investissements.

Quelles actions du gouvernement justifient cette évolution et quel impact va-t-elle avoir sur le climat des affaires ?

Je voudrais rappeler que depuis 2012, le gouvernement a initié d’importantes réformes pour améliorer l’environnement des affaires et promouvoir les initiatives privées nationales et internationales, et elles se
poursuivent. Il s’agit notamment du Guichet unique de formalités des entreprises avec la réduction des délais et des coûts, de la création du tribunal et de la cour d’appel de commerce d’Abidjan, de la mise en place du groupe de travail de suivi des indicateurs du Doing Business ainsi que de la Haute Autorité pour la bonne gouvernance et de la Cour des comptes, de
l’adoption de la loi sur le code de transparence des finances publiques, de la création du Guichet unique du commerce extérieur, et enfin de la réforme du cadre institutionnel et réglementaire des PPP (partenariats
public-privé). La Côte d’Ivoire a gagné 55 places depuis 2013 et elle
s’est repositionnée parmi les dix meilleurs pays réformateurs dans le monde au titre du Doing Business 2019, ce qui explique son attractivité et son taux de croissance de 9 % en moyenne de 2012 à 2016, et de 8 % depuis 2017. Cette croissance créatrice d’emplois et de valeur ajoutée est l’une des plus rapides au monde. Le gouvernement travaille cependant à la rendre plus inclusive par la promotion de l’entreprenariat, des PME et des start-up ainsi que par différents programmes sociaux. De plus, le nouveau code d’investissements 2018 vient ajouter à l’attractivité de notre pays, notamment pour des secteurs prioritaires : agriculture, industrie, santé,
hôtellerie et éducation.
D’ici à 2020, quelles sont les priorités inscrites sur votre feuille de route ?
Au titre du commerce intérieur, le département se dotera d’une stratégie de modernisation. Nous allons délivrer aux commerçants la carte professionnelle qui leur permettra de bénéficier des avantages fiscaux et
sociaux. Nous procéderons aussi à la surveillance du marché et à la promotion des instruments de mesures conventionnels. Nous achèverons la réforme de l’Office d’aide à la commercialisation des produits vivriers
(OCPV) pour réguler la vente à l’exportation et créer un système d’information sur l’offre et la demande. Enfin, le commerce électronique fait également partie de nos priorités pour professionnaliser ce secteur et renforcer la confiance des clients avec des transactions sécurisées. Au titre du commerce extérieur, nous allons reprendre le Guichet unique du commerce extérieur, implémenter le VOC (vérification de la conformité), déployer la Stratégie nationale des exportations et mettre en place l’agence Côte d’Ivoire Export, appliquer les différents accords comme l’AGOA avec l’organisation du 18e Forum en août 2019, l’Accord de partenariat économique intérimaire et la zone de libre échange continentale africaine
en liaison avec le secteur privé, et enfin préparer les accords avec la Grande Bretagne après le Brexit. Au niveau de l’industrie, nous allons mettre en oeuvre le Programme de développement industriel inclusif et
durable (PCP) en liaison avec l’ONUDI, poursuivre les mesures sectorielles en faveur de la transformation de nos matières premières et de la diversification de notre tissu industriel relativement au montage, notamment, de l’automobile, des matériaux de construction, de
l’industrie pharmaceutique, etc. Nous poursuivrons l’application des mesures transversales de réhabilitation (Koumassi et Vridi) et de développement des infrastructures industrielles (Abidjan, Yamoussoukro, Bonoua, Aboisso, Bouaké, Korhogo, Bondoukou, Séguéla, etc.), notamment des 940 hectares de PK24. Nous allons aussi promouvoir la qualité des normes et la lutte contre la contrefaçon, et lancer la campagne d’inspection des industries en matière d’hygiène et de salubrité. Seront également renforcées les différentes structures d’appui à la compétitivité et la mobilisation de ressources auprès de PTF (partenaires techniques et financiers) en liaison avec le ministère en charge des Finances ou du Plan. S’agissant des PME, nos actions porteront notamment sur la restructuration et la mise à niveau à travers le PARCSI ainsi que sur la promotion de l’innovation et du développement technologique. Les autres actions initiées seront mises en oeuvre par le secrétariat d’État en charge de la Promotion des PME en vue de booster en leur faveur la commande publique, la sous-traitance et l’opérationnalisation du fonds de garantie.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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