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Entretien – Ministre du Commerce et de la Promotion du secteur privé: « La ZLECAf apportera des avantages compétitifs au Niger »

Sadou Seydou, ministre du Commerce et de la Promotion du secteur privé, évoque les atouts de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Une nouvelle plate-forme à l’échelle de l’Afrique dont le pilotage et la mise en place ont été confiés au président nigérien.Au cours du 28e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) qui s’est tenu les 30 et 31 janvier 2017 à Addis-Abeba, le président Mahamadou Issoufou a été désigné par ses pairs Champion du libre-échange en Afrique. Qu’est-ce que la ZLEC et quels sont les objectifs visés par l’UA à travers elle ? Sadou Seydou : Je voudrais avant tout souligner la reconnaissance du peuple nigérien à l’endroit des autres peuples africains pour l’honneur fait en confiant la conduite de ce processus au président de la République du Niger. Pour revenir à votre question, l’acronyme « ZLEC » signifie « Zone de libre échange continentale ». Mais cette appellation a connu une évolution notable, car celle consacrée par l’Accord signé à Kigali le 21 mars 2018 est ZLECAf ou Zone de libre-échange continentale africaine, conformément aux recommandations du président Mahamadou Issoufou dans son rapport à ses pairs du continent. La ZLECAf s’inscrit dans le processus de construction de la Communauté économique africaine conformément au Traité d’Abuja de 1991. Elle fait partie d’un ensemble cohérent pour renforcer l’intégration régionale et atteindre les objectifs de l’agenda 2063 « L’Afrique que nous voulons ». Je citerai entre autres le Plan d’action pour le développement industriel accéléré de l’Afrique, le Programme de développement de l’infrastructure en Afrique, le Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique, la Vision minière africaine et le Plan d’action pour l’intensification du commerce intra-africain. Comment le secteur privé nigérien peut-il bénéficier des avantages de la ZLECAf ? Même si la ZLECAf a été négociée par les gouvernements, c’est un outil pour le secteur privé africain. Selon les études commanditées par la Commission de l’Union africaine, la mise en oeuvre de la ZLECAf présentera maints avantages. Les secteurs industriels qui en bénéficieraient le plus en termes d’expansion du commerce sont le textile, l’habillement, le cuir, le bois et le papier, les véhicules et le matériel de transport, l’électronique et les métaux. Pour ce qui est du secteur agricole, il s’agit de la viande et des produits laitiers, du sucre, des légumes, des fruits, des noix, des boissons, du tabac, etc. Les gains devraient être encore plus grands avec la libéralisation des services et l’élimination des obstacles non tarifaires sur tout le continent africain. Au Niger, nous avons l’habitude d’affirmer que nous disposons d’avantages comparatifs pour les produits d’origine animale. La ZLECAf apportera des avantages compétitifs, et il nous revient de nous mettre au travail pour développer, renforcer ou préserver nos capacités d’offres commerciales dans d’autres filières et chaînes de valeur comme l’oignon, la pomme de terre, le poivron, etc. Pour permettre au secteur privé nigérien de se l’approprier, le gouvernement a mis en place un dispositif national dédié à la ZLECAf. À cela s’ajoutent les réformes faites dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires afin non seulement d’attirer les investissements directs étrangers (IDE) mais aussi d’inciter les opérateurs économiques nigériens à investir dans les différents secteurs de l’économie nationale. Je voudrais aussi souligner que la ZLECAf est une plate-forme qui offre d’énormes opportunités. Elle sera le moteur de la transformation des économies africaines grâce à l’industrialisation. Elle stimulera la compétitivité et placera ainsi notre économie intégrée dans une position plus forte pour une véritable insertion dans le commerce international. Elle permettra l’émergence de chaînes de valeur régionales pour la transformation économique et servira de tremplin aux PME-PMI exportatrices pour pénétrer le marché international. Toujours dans le cadre du processus de mise en place de la ZLECAf, Niamey a abrité en juin 2017 la 3e réunion des ministres africains du Commerce. Quelles grandes décisions ou résolutions ont-elles été prises lors de cette rencontre ministérielle d’ailleurs présidée par le chef de l’État nigérien ? Dans le cadre de ce processus et conformément à la volonté du président de la République en sa qualité de Champion de la ZLECAf, Niamey a abrité les 3e et 4e réunions des ministres africains du Commerce respectivement en juin et décembre 2017. Je puis vous affirmer que l’accord de la ZLECAf a été finalisé à Niamey. Il en est de même pour le Protocole sur le commerce des services. Pour le Protocole sur les marchandises, il restait la question du niveau de libéralisation tarifaire. En effet, une grande majorité d’États africains a opté pour une libéralisation à 90 % des lignes tarifaires. Les 10 % restants concerneront les produits sensibles et les produits exclus. Toutefois, certains pays avaient estimé que pour diverses raisons, ils souhaitaient partir sur la base de 85 %.

Propos recueillis parSerge-Henri Malet

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