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Entretien – Ministre du Plan: « Le PDES a pour but de transformer structurellement l’économie nigérienne »

 Kané Aïchatou Boulama, ministre du Plan, est l’une des conceptrices du PDES 2017-2021 et de la Conférence de la Renaissance qui a mobilisé les financements dudit PDES à Paris en décembre 2017.

Comment qualifieriez-vous la réussite de la levée de fonds faite lors de la Conférence de la Renaissance organisée à Paris par le Niger les 13 et 14 décembre 2017 en vue du financement du Plan de développement économique et social (PDES) 2017-2021, soit une mobilisation dépassant largement les 17 milliards de dollars espérés ?

Kané Aïchatou Boulama : Cette réussite, je la qualifie de totale, car la réussite d’une table ronde s’apprécie à l’aune de trois principaux critères : la qualité de son organisation, le niveau de représentation des invités et le montant des annonces et promesses faites par les partenaires. Dans le cadre de son organisation, nous avons mobilisé et impliqué tout le secteur public et nos partenaires au développement. Cette conférence a enregistré la participation de 734 personnes dont 3 chefs d’État et 20 représentants de gouvernement venus de 50 pays. En outre, la Conférence de la Renaissance a permis d’enregistrer des annonces de contribution supérieures aux prévisions. En effet, la table ronde et le forum des investisseurs ont enregistré des annonces de contribution de 23 milliards de dollars US pour des besoins de 17 milliards de dollars US. Ces annonces sont constituées des 12,7 milliards $ US du volet institutionnel pour un besoin de 7 milliards $ US et des 10,3 milliards $ US du secteur privé pour un besoin de 10 milliards $ US, assurant ainsi très largement la couverture des besoins de financement pour la mise en oeuvre du PDES 2017-2021.

Quels sont les objectifs visés par votre gouvernement dans ce PDES 2017-2021 qui se décline sur le thème « Un Niger renaissant pour un peuple prospère » ?

Le PDES 2017-2021 a pour but de transformer structurellement l’économie nigérienne en vue d’atteindre un rythme de croissance accéléré, à même de répondre au double objectif de l’amélioration du revenu et de la création d’emplois d’une part, et de la consolidation des fondements d’un développement durable d’autre part. Pour ce faire, le PDES est basé sur deux piliers : d’un côté la transformation du monde rural pour plus de valeur ajoutée et plus de richesse, de l’autre le développement du secteur privé. Ces deux piliers constituent les pivots de l’axe stratégique 3 « accélération de la croissance économique » et de l’axe stratégique 5 « gestion durable de l’environnement ». Pour parvenir à la réussite de la transformation structurelle de notre économie, il est impératif de promouvoir la Renaissance culturelle, qui fortifiera nos ambitions en termes de mieux être des Nigériens. Á ce niveau, l’objectif du PDES est de créer les conditions favorables aux indispensables mutations et changements de comportements favorables à un développement socio-économique inclusif, participatif et durable à tous les niveaux dont le pays a besoin pour préparer un avenir assorti de progrès réels.

Dans le dispositif du PDES, quel rôle va jouer le secteur privé ?

Comme le PDES repose sur les deux piliers que sont la transformation du monde rural et le développement du secteur privé, il est à noter que l’essentiel des réformes concerne les actions d’amélioration du climat des affaires. Ces efforts se sont traduits par des gains réguliers dans le classement Doing Business au cours de ces dernières années. Il est également envisagé d’améliorer la disponibilité et la qualité des infrastructures de base, de s’insérer harmonieusement dans la dynamique d’intégration économique régionale, de développer les services, et enfin de créer les conditions de mise en place du socle d’une industrialisation axée sur la transformation de nos produits de base. Dans cette perspective, les actions du gouvernement bénéficieront de l’accompagnement de nos partenaires techniques et financiers, et en particulier de la Société financière internationale (SFI), filiale du groupe de la Banque mondiale pour le secteur privé. En effet, nous avons établi avec la SFI un partenariat à travers une feuille de route de ses interventions au Niger. Ce partenariat sera axé sur les thématiques suivantes : financement et assistance aux PME, notamment agricoles, en privilégiant le développement des chaînes de valeur, renforcement de l’infrastructure financière, amélioration du climat des affaires pour laquelle la banque est disposée à accorder un financement additionnel, et enfin autonomisation des femmes reposant sur un financement accordé par des institutions de microfinance. Dans le cadre de la mise en oeuvre de ce partenariat, la SFI s’appuiera sur le guichet Secteur privé A, mis en place par la Banque dans le cadre de IDA 18. Ce mécanisme de financement pourrait être utilisé par la SFI sous plusieurs formes (garanties, financement, lignes de crédit) et de façon plus importante pour la mise en valeur des potentialités dont regorge le Niger dans le domaine agropastoral ainsi que ceux des mines et des services. En particulier, il s’agira d’accompagner le Niger pour la promotion du secteur privé par des conseils, notamment en aidant à développer le contenu local et les chaînes de valeur. D’ores et déjà, la SFI a mis en place deux lignes de crédit en faveur de deux établissements de crédit au Niger pour le financement des PME-PMI. Un autre indicateur de la place centrale du secteur privé est sa contribution au financement du PDES 2017-2021. En effet, sur un coût total de 27,3 milliards de dollars, il est attendu du secteur privé un financement de 10 milliards de dollars. Il faut se réjouir de ce que les annonces du secteur privé à travers des mémorandum d’entente (MOU) signés au cours du Forum des investisseurs privés organisé à l’occasion de la Conférence de la Renaissance pour le financement du PDES soient largement à la hauteur de nos attentes.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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