logo

Entretien – Ministre des Finances et du Budget du Sénégal: « Le budget de la santé est le 3e après ceux de l’éducation et de la formation »

En riposte au Covid-19, Abdoulaye Daouda Diallo, grand argentier du Sénégal, indique que son gouvernement a mis en place un plan de résilience économique et sociale d’un coût global de 1 000 milliards de FCFA, soit près de 7 % du PIB.

Quel est l’impact de la pandémie de Covid-19 sur l’économie sénégalaise ?

Abdoulaye Daouda Diallo : La propagation du Covid-19 a entraîné des répercussions sanitaires, économiques et financières mondiales sans précédent, et le Sénégal est lourdement touché. Les frontières ont été fermées, les enseignements ont été suspendus, un couvre-feu a été décrété et l’état d’urgence proclamé sur l’ensemble du territoire national. Ces mesures ont affecté directement de nombreux secteurs d’activité comme le transport, le tourisme, l’éducation et le commerce. De même, d’autres branches d’activité telles que la construction, l’élevage, la pêche et la fabrication de produits agro-alimentaires ont été indirectement atteintes. Tout cela explique la projection en baisse du taux de croissance du PIB réel à 1,1 % en 2020, contre une prévision initiale de 6,8 %.

Quelle est la stratégie mise en place par votre gouvernement pour amortir les effets de cette crise sur la croissance du pays ?

Pour atténuer l’effet de la pandémie et replacer l’économie sur un sentier de croissance, le président de la République a rapidement mis en place un plan de riposte d’un coût global de 1 000 milliards de FCFA, soit près de 7 % de notre PIB. Ce programme repose sur 4 piliers. Naturellement, le pilier numéro un est le soutien au secteur de la santé, qui bénéficie d’une enveloppe de 77 milliards de FCFA pour l’amplification des efforts de prévention précoce et de prise en charge des cas de malades atteints par le Covid-19. Le second, d’un montant de 100 milliards de FCFA, vise à renforcer la résilience et la cohésion sociale. C’est une sorte de renforcement de la politique sociale du président de la République pour atténuer les pertes de revenus des ménages. Le troisième pilier, qui mobilise près de 800 milliards, a trait à la conservation de la stabilité macroéconomique et financière pour soutenir le secteur privé et maintenir les emplois. Enfin, le quatrième pilier relatif à la sécurisation des circuits d’approvisionnement et de distribution pour les denrées alimentaires absorbe un montant d’environ 77 milliards de FCFA.

Le budget général du Sénégal adopté par le Parlement en 2020 a été fixé à 4 215,15 milliards de FCFA, en hausse de 3,5 % par rapport à 2019. Quelle est la part accordée au volet santé ?

C’est vrai que la loi de finances 2020, sous format budget de moyens, a été fixée à 4 215,15 milliards de FCFA intégrant le service de la dette. Mais la loi de finances 2020 a été adoptée sous format programme, ne prenant en compte que les intérêts et commissions de la dette, et elle porte sur un montant de 3 708,95 milliards de FCFA, dont 191 milliards FCFA pour la santé. Pour déterminer la part du budget de la santé dans le budget général, il ne faut surtout pas la considérer par rapport au budget général mais par rapport au budget hors dette, soit 364 milliards de FCFA, hors charges non réparties qui englobent des dépenses de santé, soit un peu plus de 127 milliards, et enfin hors imputations budgétaires, soit 10 milliards payés directement par la solde centrale. Il faut également intégrer des dépenses de santé logées dans d’autres départements ministériels tels que l’Hôpital principal, qui dépend du ministère des Forces armées, la couverture maladie universelle
logée au ministère du Développement communautaire, et enfin le Programme de renforcement de la nutrition et le Programme de lutte contre le Sida sous la tutelle du secrétariat général du gouvernement. Cependant, vous pouvez noter l’importance accordée au budget de la santé, qui est le troisième après ceux des secteurs de l’éducation et de la formation.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

EA Magazine LLB Afrique
Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.
SAVOIR PLUS
ARTICLES RÉCENTS
Contact Info
LLB Afrique
  • 91 Rue FAUBOURG ST HONORE 75008 Paris – France
  • +33 1 42 65 25 52