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Entretien – Ministre des Finances du Niger: « Un plan de riposte contre le Covid-19 évalué à 1438,4 milliards de FCFA »

Mamadou Diop, ministre des Finances du Niger, indique que la pandémie de Covid-19 a conduit son gouvernement à doter les hôpitaux de moyens additionnels
pour renforcer leur capacité à « faire face à des crises du genre ».

En 2020, le gouvernement a révisé le budget de l’État, passé de 2 266,15 à 2 422,33 milliards de FCFA, soit une augmentation de 156,18 milliards de FCFA (+ 6,89 %). Ce réajustement a-t-il atténué les pertes de recettes dues à la pandémie de Covid-19 ?

Mamadou Diop : La persistance de la crise du Covid-19 et sa progression non maîtrisée auraient des conséquences au niveau des finances publiques, dont l’impact serait une dégradation du déficit budgétaire liée à des pertes de recettes fiscales et une augmentation des dépenses publiques. Pour rappel, afin de faire face à la crise, le gouvernement a élaboré un plan global de riposte évalué à 1 438,4 milliards de FCFA axé sur cinq composantes : la gestion sanitaire de la pandémie, l’appui à la résilience du système éducatif, le soutien aux personnes vulnérables, l’atténuation de l’impact économique et financier du Covid-19 et le renforcement de la résilience des producteurs du secteur agropastoral. Au niveau du budget, en ce qui concerne les ressources, les modifications proposées par la première loi de finances rectificative ont trait aux recettes nouvelles et aux révisions de certaines prévisions initiales. La révision des prévisions initiales concernait quant à elle les pertes des recettes à la fois sur les impôts et taxes intérieurs, les droits de douane et les recettes non fiscales, évaluées à 199 milliards.

Eu égard à cette crise sanitaire mondiale, ne faut-il pas accroître les investissements et le renforcement des capacités dans le secteur stratégique de la santé ?

Comme indiqué, le gouvernement a élaboré un plan global de réponse au Covid-19 évalué à un montant de 1 438,40 milliards de FCFA, dont 167,3 milliards destinés au secteur de la santé. Dans le budget de l’année 2020 réajusté à 2 422,33 milliards, les crédits inscrits au titre du secteur de la santé s’élèvent à 158,25 milliards, dont 60,52 milliards de crédits additionnels. Effectivement, les crédits ouverts participent de la volonté du gouvernement de doter les établissements sanitaires de moyens additionnels pour renforcer leur capacité à faire face à des crises du genre, aux niveaux humain et matériel.

En 2019, quelle a été la position du Niger sur les trois critères de convergence de premier et second rang fixés par la Commission de l’UEMOA ?

Sur les trois critères de 1er rang, le Niger en a respecté deux en 2019. Il s’agit des critères relatifs au taux d’inflation, qui ressort à – 2,5 % pour une norme de + 3 % maximum, et celui de l’encours de la dette rapporté au PIB, qui s’est établi à 39,5 % pour un plafond de 70 %. Le seul critère non respecté est celui du ratio du solde budgétaire, dons inclus, rapporté au PIB, qui a légèrement franchi le seuil et ressort à – 3,6 % pour une norme de – 3 %. S’agissant des critères de second rang, aucun des deux n’a été respecté en 2019. En effet, le ratio de la masse salariale sur recettes fiscale ressort à 36 % pour une norme de 35 %, et celui du taux de pression fiscale à 10,3 % pour une cible de 20 % au minimum. Le niveau du taux de pression fiscale reflète, en partie, l’incidence de l’augmentation du PIB nominal induite par l’opération de rebasage des comptes nationaux intervenue en 2018. Ce rebasage a ainsi fait passer le taux de pression de 15,2 % à 11 % du PIB en 2018. Le non-respect du critère clé s’explique notamment par l’incidence des chocs multiformes qui affectent notre pays depuis quelques années : aléas climatiques, crise sécuritaire, baisse des prix des matières premières… Nonobstant ces conditions difficiles et l’impact négatif de la pandémie de Covid-19, le gouvernement est déterminé à poursuivre la consolidation des finances publiques et du cadre macroéconomique global.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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