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Entretien – Ministre des Infrastructures: « TOUT LE PAYS EST EN CHANTIER »

Entretien – Ministre des Infrastructures: « TOUT LE PAYS EST EN CHANTIER »

Dans cet entretien, Éric Wendenmanegha Bougouma, ministre des Infrastructures, explique qu’une concertation directe s’opère dans le choix des projets routiers avec les populations et les collectivités territoriales de la zone d’intervention du chantier.

Les infrastructures étant une priorité du PNDES, le
projet de société du président Kaboré, le Burkina Faso
ressemble à un chantier à ciel ouvert. Quel bilan pouvez-
vous présenter en termes de réalisations à mi-mandat,
notamment les principaux projets routiers engagés ?
Éric Wendenmanegha Bougouma : Le respect des engagements
du président Roch Marc Christian Kaboré
contenus dans l’axe 3 du PNDES met nécessairement
tout le pays en chantier. Comme cela ne fut jamais le
cas antérieurement en si peu de temps. En deux ans
et demi, nous avons mis en chantier plus de 800 km
de bitumage de routes, dont 130 km de voirie urbaine
dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et
Gaoua. Divers projets de bitumage sous diverses formes
font ressortir le linéaire total achevé ou en cours à
près de 1 500 km. En matière d’entretien routier, plus
de 1 000 km de routes bitumées ou en terre bénéfi –
cient de l’entretien périodique et plus de 11 000 km
bénéfi cient de l’entretien courant. Au niveau du réseau
rural, le programme présidentiel de 5 000 km de pistes
rurales a permis d’aménager à ce jour 1 560 km de
pistes, alors que 332 km sont en cours de travaux et
1 000 km en phase de passation de marché. Par ailleurs,
d’importants ponts ont été construits, dont ceux sur
le Nakambé (RN 4), le Mouhoun (N 1), la Sirba (RN
18). De nombreux autres, comme celui sur le Nazinon
(RN 5) sont en cours de travaux. L’ensemble de ces
travaux a mobilisé plus de 500 milliards de FCFA et quelque 200 entreprises, et généré
plus de 100 000 emplois directs et
indirects.
Comment se présente votre programme
d’activités de l’année 2018
tel qu’il a été défini par le conseil
d’administration du secteur ministériel
(CASEM) du ministère des
Infrastructures que vous dirigez ?
Après le bilan positif dressé par
le CASEM tenu en mars 2018, le
programme d’activités porte principalement
sur le renforcement du
suivi des chantiers en cours et un
investissement en nouveaux projets
de plus de 200 milliards, dont plus
de 130 milliards seront consacrés au
bitumage de routes emblématiques
comme celles qui mènent à la Gnagna,
dans les Banwa, à Boulsa et
dans la vallée du Sourou. Il en est
de même pour Koudougou et Kongoussi,
dont les routes d’accès vont être entièrement
réhabilitées. Deux autres projets majeurs font partie de
la feuille de route 2018 : la voie express de contournement
de la ville de Ouagadougou, confiée à EBOMAF
dans le cadre du PPP, et l’autoroute Ouagadougou/
Bobo-Dioulasso, dans le cadre du PAYO, en cours de
discussion avec nos partenaires chinois.
Qu’en est-il d’une des promesses du président Kaboré,
qui s’est engagé durant la campagne électorale à réaliser
5 000 km de pistes rurales pour favoriser le désenclavement
des populations isolées ?
Le programme présidentiel d’aménagement de 5 000 km
de pistes rurales dans les 13 régions du Burkina est en
marche et se déroule très bien. En effet, 1 560 km de
pistes rurales ont déjà été aménagées dans les 13 régions
du Burkina Faso, soit un taux d’exécution de 31 %
sur l’ensemble du programme, et 332 km de pistes
rurales sont actuellement en cours de réalisation. Plus
de 1 000 km de pistes en sont à la phase du processus
de passation de marché. En outre, à la fin de l’année
2018, nous aurons près de 60 % du programme présidentiel
qui sera exécuté.
Une des causes de la dégradation des routes au Burkina
Faso étant la pratique de la surcharge par les usagers,
tous vos efforts de développement des infrastructures
routières peuvent se trouver compromis par cette pratique.
Comment votre ministère, avec celui des Transports,
s’implique-t-il dans la sensibilisation des usagers ?
Au cours de la dernière réunion des ministres en charge
des Infrastructures et des Transports routiers des États
membres de l’UEMOA à Niamey, les ministres ont
réaffirmé l’engagement des États à une application
intégrale et concomitante du règlement n°14/2005/CM/
UEMOA du 16 décembre 2005 et à prendre toutes les
dispositions administratives, techniques et financières
nécessaires pour mettre en oeuvre ledit règlement. Parmi
les actions réalisées par le ministère des Infrastructures,
il y a notamment les actions de sensibilisation et de
prévention entreprises par l’Office national de Sécurité
routière (ONASER) avant, pendant et après la
construction des nouvelles infrastructures routières ainsi
que la construction systématique, sur tous les grands
axes routiers notamment, de corridors et de postes
de pesage qui permettent aux agents de l’ONASER
d’effectuer les contrôles nécessaires et de prendre les
mesures qu’il faut.
En termes de gouvernance, votre ministère associe-t-il
les populations et les autorités locales au choix des
projets routiers ?
En effet, le choix des projets routiers est fait en concertation
directe avec les populations de la zone d’intervention
du projet et les collectivités territoriales suivant un
certain nombre de critères tels que l’accès aux infrastructures
sociales (centres de santé primaire et social), l’accès
aux infrastructures éducatives (écoles, collèges et
lycées), l’accès aux infrastructures marchandes (marchés,
marchés à bétail, etc.), ou encore l’accès aux sites
touristiques et l’accès aux zones de production.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

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