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Entretien – Ministre des Infrastructures

« Les infrastructures routières de qualité contribuent à la lutte contre l’insécurité »

Éric Wendenmanegha Bougouma, ministre des Infrastructures, donne un aperçu de sa feuille de route de 2020 qui prévoit l’aménagement d’une nouvelle tranche de 1 000 km de pistes rurales, et nous dresse le bilan des grands chantiers routiers des quatre dernières années.

Du 7 au 9 février dernier, vous avez présidé le conseil d’administration de votre département où a été examinée l’atteinte des objectifs de 2019. En 2020, quelles sont les actions menées pour renforcer les infrastructures routières au Burkina Faso ?

Éric Wendenmanegha Bougouma : Plusieurs chantiers routiers majeurs ont été mis en oeuvre sur les axes d’intervention au cours des quatre années écoulées. S’agissant de l’entretien routier, on note que l’entretien courant a concerné 18 463 km de routes. Quant à l’entretien périodique, plus de 900 km de routes ont été concernés, dont 768 km sont achevés et 186 km sont en cours d’exécution. Des  ouvrages spécifiques de franchissement ont été réalisés pour garantir la praticabilité du réseau routier en toute saison. On peut citer l’ouvrage de franchissement de la Sirba sur la route nationale n° 18, le pont du Mouhoun à Boromo, les trois ouvrages entre Sakoinsé et Sabou sur la route nationale n° 1, et enfin l’ouvrage hydraulique de la route nationale n° 3 sur le barrage de Yalgo. L’ouvrage en cours de réalisation est celui du pont du Nazinon sur la route nationale n° 5. Quant à la modernisation et l’extension du réseau routier principal, sur un linéaire de 2 070 km engagés, on compte environ 705 km de routes comportant des travaux de bitumage ou de renforcement, 607 km en cours d’exécution et 758 km dont les financements sont bouclés et en instance de démarrage. Des ouvrages spécifiques tels que l’échangeur du Nord ont été réalisés. Enfin, en ce qui concerne l’aménagement des pistes rurales, ce sont 2 324 km de travaux de pistes rurales qui ont été engagés dans la période sur l’ensemble des régions du pays, dont 1 929 km sont achevés et 395 km sont en cours de réalisation. Il faut noter que dans ce cadre, environ 140 km de pistes rurales sont réalisées par la méthode HIMO (haute intensité de main-d’oeuvre), permettant ainsi de contribuer à la création de plus d’emplois par le secteur.

Au niveau de la coopération bilatérale, quels sont l’appui et la contribution de la Chine autour des projets de l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou et de la route Banfora-Sidéradougou-Gaoua ?

Depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre notre pays et la République populaire de Chine, nous travaillons de façon étroite sur les projets d’infrastructures routières. La Chine s’est engagée à financer les travaux de construction de l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou dans sa section Ouagadougou/Bobo-Dioulasso. À ce titre, une entreprise a été identifiée et elle est déjà intervenue sur le terrain avec nos techniciens afin de préparer les différents dossiers entrant dans le cadre de la procédure de mise en place du financement. Pour ce qui est de la section 2 allant de Bobo-Dioulasso à Yamoussoukro, les études sont en cours de réalisation sur financement de l’UEMOA. Quant à de la route Banfora-Sidéradougou-Gaoua, une requête de financement a été officiellement soumise à la République populaire de Chine pour le financement des travaux.

Après votre séance de travail à Ouagadougou en mars dernier avec une délégation américaine du Millenium Challenge Corporation, quel espoir placez-vous en l’éligibilité du Burkina Faso au Compact régional ? Quels grands projets burkinabè économiquement viables et intégrateurs ont été au menu de vos échanges ?

Le Compact régional s’intéresse aux financements des projets interrégionaux, notamment les corridors. Ainsi, après des visites de sites, des collectes de données et des échanges, deux projets routiers économiquement viables et intégrateurs ont retenu l’intérêt du MCC. Tout d’abord le projet de construction et de bitumage de la liaison routière Ouessa-Léo-Nébou-Pô-Zabré-Bittou appelée « la ventrale » qui contribuera à faciliter les échanges entre le Burkina Faso, le Ghana, le Togo et la Côte d’Ivoire. Le deuxième projet retenu est celui de la réhabilitation de la route Bobo-Banfora-Frontière de Côte d’Ivoire qui contribuera à améliorer les échanges entre notre pays et ce pays voisin. La question sécuritaire est devenue une préoccupation majeure pour les Burkinabè.

Ne craignez-vous pas que tous les efforts du gouvernement en matière d’infrastructures routières pendant ce quinquennat soient relégués au second plan par le thème de la sécurité lors de la présidentielle et des législatives de 2020 ?

C’est vrai que la situation sécuritaire de notre pays est actuellement difficile, mais le président du Faso met tout en oeuvre avec son gouvernement pour venir à bout de l’hydre terroriste. Et je crois fermement que la réalisation d’infrastructures routières de qualité peut contribuer grandement à la lutte contre l’insécurité.

Au niveau des infrastructures routières, quels sont en 2020 les projets les plus importants qui vous restent à mener à leur terme ?

Pour 2020, plusieurs projets devront être achevés tels que Didyr-Toma-Tougan, Manga-Zabré, la section urbaine RN4-RN3 communément appelée « route de l’hôpital » ainsi que d’importants travaux de voirie urbaine et d’entretien routier. De nouveaux projets démarreront : Gounghin-Fada N’Gourma-Frontière du Niger, Dori/Gorom-Gorom, Koundougou-Solenzo et Tougan-N’di. Le programme 5 000 km de pistes rurales va être relancé avec l’aménagement d’une nouvelle tranche de 1 000 km.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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