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Entretien – Ministre des Mines et des Carrières

Entretien – Ministre des Mines et des Carrières: « Le secteur minier burkinabè poursuit son envol »

Omarou Idani, ministre des Mines et des Carrières, a de quoi se réjouir : le volume d’or produit en 2017 a enregistré 45,6 tonnes, soit une hausse de plus de 20 % par rapport à 2016. Et l’année 2018 s’annonce sous de bons auspices avec les travaux de construction de 4 mines.

Le secteur minier du Burkina Faso reste dynamique et
présente de bonnes perspectives. Pouvez-vous dresser
un état des lieux de ce véritable levier de croissance
du PIB dont le taux serait, selon la grande argentière
du pays, de 6,8 % ?
Oumarou Idani : Le dynamisme du secteur minier burkinabè
est réel et même attesté par des investisseurs et
des économistes spécialisés dans le secteur des mines.
Vu sous l’angle des ressources financières mobilisées et
destinées à la recherche, notre secteur minier est jugé
comme le deuxième plus dynamique sur le continent
africain après celui de la République démocratique
du Congo. En termes d’état des lieux, je dirais sans
autocélébration que la situation est encourageante. En
témoignent ces chiffres de 2017 : ce sont 45,6 tonnes
d’or qui ont été produites, soit un accroissement de plus
de 20,1 % par rapport à 2016. La grande argentière
vous a annoncé à juste titre que le taux de croissance
global du pays était de 6,8 %. Comme je viens d’indiquer,
dans le domaine minier, le taux de croissance
sectoriel est de 20,1 %, et nous avons une contribution
de 11,4 % à la formation du PIB du pays, contre 9,1 %
en 2016. En 2017, nous avons enregistré des recettes
de 226 milliards de FCFA, contre 190 milliards en
2016, des recettes d’exportation de 1 308 milliards en
2017, contre 1 023 milliards en 2016, et enfin plus de
9 200 emplois directs, contre 6 700 en 2016.
Où en est votre gouvernement dans la recherche d’un
nouveau partenaire pour l’exploitation de la mine de
Tambao, qui abrite les plus importantes réserves de
manganèse au monde et qui est à l’arrêt depuis 2015 ?
Ne nécessite-t-elle pas une enveloppe d’un milliard de
dollars pour redémarrer sa production ?
Sur la situation de la mine de Tambao, un communiqué
du gouvernement burkinabè daté du 14 mai 2018 dit en
substance que la Chambre du commerce international
(CCI) a refusé de faire droit à la demande de mesures
provisoires effectuée par les sociétés du groupe TIMIS.
Ce qui permet désormais au gouvernement burkinabè
d’envisager une reprise de la mine par un investisseur
capable de mettre en oeuvre le projet d’exploitation.
Au sujet du montant de l’investissement nécessaire,
je ne voudrais pas avancer de chiffres, étant donné
que le format du projet peut présenter plusieurs scénarii
différents. En tout cas, la mine de manganèse
de Tambao mérite mieux que sa situation actuelle. Je
profite de l’occasion pour confirmer aux investisseurs
qu’elle est l’une des meilleures au monde en termes
de teneur et de volume. Le gouvernement, à travers
mon département, reste ouvert à toute initiative et
toute proposition d’option d’exploitation allant dans
le sens des intérêts de notre pays.
À quoi va servir la plate-forme numérique des fournisseurs
miniers du Burkina Faso dénommée MIRELS
et lancée en mars derniers à Ouagadougou,
et comment fonctionne-t-elle ?
Sous l’égide du ministère des Mines et des
Carrières, la plate-forme Mining Suppliers
Repertory Link, MIRELS en abrégé, a effectivement
été lancée à Ouagadougou le 29 mars
2018 par l’Alliance burkinabè des fournisseurs
de services miniers (ABSM). C’est une
plate-forme numérique dont la vocation est de développer
le marché de la fourniture locale de biens et
services aux mines. Dans un contexte où nous nous
sommes résolument engagés à promouvoir la fourniture
locale de biens et services, avec une étude réalisée
sur la question, nous ne pouvons que saluer cet outil
moderne qui sera certainement un véritable instrument
de rapprochement de l’offre et de la demande. Cet
outil est simple d’utilisation : tout fournisseur peut
accéder au site de MIRELS sur Internet et procéder à une inscription de sa société de
fourniture de biens et services. En
quête de fournisseurs, toute société
minière peut à son tour se connecter
au site et y trouver le prestataire
de son choix. L’outil, dont nous
plaidons la pérennisation, peut
rendre visibles les sociétés prestataires
dans les mines et optimiser
les rapports professionnels entre
les acteurs directs et indirects de
la filière minière.
Quels sont vos grands chantiers
d’ici à 2018 ?
Pour l’année 2018, retenez que
ceux-ci reposeront sur trois axes
majeurs : l’accroissement et la diversification
des productions minières,
la poursuite des réformes institutionnelles,
législatives et réglementaires
engagées dans le secteur, et
enfin la promotion de nos potentialités
géologiques et minières.
L’accroissement des productions
est pour nous un chantier prioritaire
qui se traduira par l’accompagnement
de la grande mine de
Niankorodougou en construction
dans l’extrême sud du pays, ainsi
que par le démarrage prochain des
travaux de construction des mines
de Bomboré et de Tanlouka dans le
centre du pays. L’année 2018 verra
également nos services techniques
à l’oeuvre pour le suivi des travaux
de construction de 4 mines suite à des signatures de
conventions avec quatre sociétés minières. Intervenues
le 22 février 2018, ces signatures sont relatives
à l’extension de trois mines d’or : à Bouéré-Dohoun
dans l’ouest du pays, à Yéou dans le centre-nord et à
Guiaro dans le centre-sud. La quatrième convention
signée en février est relative à l’exploitation d’un
gisement de calcaire à ciment à Tin-Dioulof, dans la
partie sahélienne du Burkina Faso. Ces projets apporteront
des avantages non négligeables à l’économie
nationale par la création de 400 emplois directs et
par l’apport de 26 milliards de FCFA par an comme
recettes budgétaires.
Parmi les chantiers de 2018, la poursuite des réformes
législatives, réglementaires et institutionnelles figure en
bonne place. Après l’adoption de sept décrets d’application
du code minier en 2016, et l’adoption de deux
lois en 2017, l’une sur la commercialisation de l’or
et l’autre sur l’usage civil des substances explosives,
nous sommes sur une bonne lancée pour l’entrée en
vigueur d’environ 20 textes d’application de ces trois
lois en 2018.
Enfin, la promotion des potentialités géologiques et
minières du pays relève de nos chantiers prioritaires
en 2018 au regard de la révélation future d’une partie
de notre sous-sol. En effet, le 19 mai 2017, nous
lancions à Fada N’Gourma, dans l’est du pays, une
opération de levé géophysique et aéroporté qui a
pour finalité de mettre en exergue le potentiel dans
le quart sud-est du pays. Notre ambition en 2018
est d’exploiter au mieux les résultats de l’opération
dans le sens d’attirer les investisseurs au Burkina en
général, et dans cette partie nouvellement couverte
en particulier. Vous l’aurez constaté, le secteur minier
burkinabè poursuit son envol.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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