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Entretien – Ministre des Mines et des Carrières

« Le secteur des mines a contribué à la transformation structurelle de l’économie »

Oumarou Idani, ministre des Mines et des Carrières, peut se prévaloir d’un bilan satisfaisant sur les quatre dernières années. Il révèle que la mise en exploitation de trois nouvelles mines en 2019 va générer 1 505 emplois directs et renforcer le Fonds minier de développement local à hauteur de 2,9 milliards par an.

En 2017, la contribution du secteur minier au budget de l’État s’est établie à 226,26 milliards de FCFA, contre 190 milliards en 2016. Cette tendance haussière s’est-elle poursuivie en 2018 et va-t-elle se confirmer en 2019 ?

Oumarou Idani : Effectivement, en raison de réformes audacieuses, le secteur minier a connu un dynamisme sans précédent. Tout en confirmant les chiffres avancés pour les années 2016 et 2017, j’affirme que la tendance à la hausse s’est poursuivie en 2018. Entre 2017 et 2018, la production aurifère a crû de 15,4 % en passant de 45,6 à 52,6 tonnes, et celle du zinc a crû de 0,5 % en passant de 164 290 à 165 100 tonnes. Pour l’année 2018, la part du secteur minier dans le PIB burkinabè est de 10,6 % pour une cible de 9 %. La contribution aux recettes budgétaires est de 252,6 milliards de FCFA, contre 226,027 milliards en 2017. En principe, pour l’année 2019, la tendance à la hausse sera maintenue. Toutefois, à cause du défi sécuritaire et de la fronde sociale, une baisse des performances est à craindre. Néanmoins, nous ne devrions pas perdre espoir car le cours mondial de l’or est favorable aux industries minières, et le dialogue social a permis une reprise du travail ainsi qu’un gain certain de productivité. Du fait également de la robustesse de la riposte opposée aux terroristes par nos forces de défense et de sécurité, l’heure du dynamisme retrouvé sonnera pour notre secteur. Le 26 février 2019, vous avez procédé à la signature de trois conventions d’exploitation de ressources minières dans trois provinces : le Noumbiel, le Zoundwéogo et le Ganzourgou.

Quelle idée peut-on se faire de ces conventions dont on estime l’IDE à environ 609 milliards de FCFA ?

Les trois conventions ont été signées avec les sociétés West African Resources pour la mine de Sanbrado dans la province du Ganzourgou, avec Orezone pour la mine de Bomboré, dans le Ganzourgou également, et Kiaka S.A pour la mine de Kiaka dans le Zoundwéogo. Ces trois conventions viendront renforcer les performances et les retombées du secteur minier. La production attendue de ces mines est d’environ 145 tonnes d’or. La mise en exploitation de ces mines va générer 1 505 emplois directs et renforcer le Fonds minier de développement local à hauteur de 2,9 milliards par an. Enfin, les 609 milliards d’investissement offrent aux fournisseurs locaux de services l’opportunité de réaliser de bonnes affaires.

Le secteur minier, qui avait prévu 3,5 milliards de FCFA d’investissements locaux en 2018 et la création de près de 15 000 emplois durant le quinquennat, a-t-il tenu ses promesses ?

Votre question est pertinente, mais nous voulions rappeler les cibles qui nous ont été assignées dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES) : augmenter la part des industries extractives dans le PIB de 7,9 % en 2015 à 10,2 % en 2020, augmenter la proportion des achats locaux dans les consommations alimentaires des industries minières en la faisant passer de moins de 14 % en 2015 à 25% en 2020, accroître le montant moyen des investissements locaux réalisés par l’industrie minière en passant de 2 milliards de FCFA en 2015 à 5 milliards de FCFA en 2020, et enfin multiplier par deux le nombre d’emplois directs et indirects créés par le secteur minier : près de 20 000 en 2020, alors qu’il était de moins de 10 000 en 2015. Au vu de nos résultats, la promesse est tenue. En ce qui concerne la variation de la part des mines dans le PIB, nous avons constamment été au-delà de la cible du PNDES : 8,6 % en 2016, 11,4 % en 2017 et 10,6 % en 2018. S’agissant des investissements locaux, le Fonds minier de développement local a permis de mobiliser 12 milliards, qui ont été répartis entre toutes les communes et régions du Burkina Faso. En outre, plus de 2 milliards, soit 20 % des taxes superficiaires payées par les sociétés de mines et de carrières, ont été reversés directement aux collectivités locales. Quant aux emplois, sur une cible de 20 000 emplois directs et indirects à créer d’ici à 2020, nous sommes actuellement à plus de 10 000 emplois directs et à plus de 25 000 emplois indirects. Au vu des conventions minières signées entre l’État et les nouvelles sociétés minières pour la construction de nouvelles mines, le chiffre de 20 000 emplois sera largement dépassé. Pour la proportion des achats locaux, de gros efforts ont été déployés, mais nous ne disposons pas pour l’instant de chiffres précis pour mieux évaluer les performances.

Á l’approche de la fin du quinquennat, quel est le bilan de la série d’actions menées par le gouvernement pour ce secteur qui représente un levier de développement économique et social ?

Nous pouvons nous prévaloir d’un bilan satisfaisant à plus d’un titre. Entre 2015 et maintenant, nous avons, au titre des nouvelles mines, accompagné plusieurs mines à entrer en production : Roxgold Bagassi, SEMAFO Boungou, Houndé Gold Operation, Bouéré-Dohoun, Wahgnion Gold Operations et Samtenga. Bientôt, deux mines, Orezone Bomboré S.A et Sanbrado, porteront à 17 le nombre de mines industrielles en exploitation au Burkina Faso. Au titre des emplois, les performances salutaires que je viens de signaler ont couronné nos efforts. Au titre des réformes législatives, réglementaires et institutionnelles, qui ont constitué un point d’orgue nos actions, ce sont 15 décrets et 23 arrêtés qui ont été adoptés pour une meilleure application du code minier et de la loi portant organisation de la commercialisation de l’or. Plusieurs autres textes d’application sont en cours d’élaboration. Des réformes ambitieuses ont également abouti à l’encadrement des artisans miniers ainsi qu’à la modernisation et à la numérisation du cadastre minier. De même, malgré le défi sécuritaire, nos programmes de recherche de base par le Bureau des mines et de la géologie du Burkina Faso (BUMIGEB) sont opérationnels, les programmes de recherche et d’exploration en vue du développement de nouveaux gisements sont poursuivis de manière encourageante, ce qui laisse présager un avenir radieux pour notre secteur minier dans les années à venir, surtout après notre victoire  certaine sur les forces du mal. Á quelques mois de la findu mandat du président du Faso, nous pensons avoir relevé le défi d’une meilleure contribution du secteur minier au processus de transformation structurelle de l’économie burkinabè.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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