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Entretien – Ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique: « Le taux de pénétration de la téléphonie est de 101 ,2 % »

Moustapha Mamy Diaby, ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, estime que l’implantation de la 4G aura un impact sur les activités de plusieurs secteurs de l’économie. Son département envisage aussi de renforcer les  capacités humaines dans le milieu de l’enseignement.

Depuis janvier 2016, vous êtes ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, et vous nourrissez de grandes ambitions pour ce secteur. Où en êtes-vous avec la construction du backbone national et la commercialisation des premiers tronçons ?

Moustapha Mamy Diaby : L’écosystème des TIC ne se résume pas au projet du backbone national. Nous avons un document de Politique et stratégie nationale pour le développement des TIC et de l’économie numérique qui présente nos objectifs, axes d’intervention, acteurs-clés et résultats attendus. Le projet de backbone national à fibre optique de Guinée s’inscrit dans l’objectif de promotion de la société de l’information. Il a été initialement dimensionné pour couvrir 4 000 km. Puis, pour desservir certaines zones minières rurales qui n’avaient pas été prévues, il a été ajouté près de 500 km. Ainsi, ce réseau est construit selon un modèle hiérarchique à deux niveaux : un réseau de niveau national constitué
de deux anneaux principaux comprenant tous les
chefs-lieux de région – Conakry, Kindia, Mamou, Labé,
Boké, Boffa, Faranah, Kankan, N’Nzérékoré
– et les préfectures, et un réseau de
niveau régional constitué de bretelles et
des axes vers les 6 États frontaliers dans
le cadre l’interconnexion régionale. Les
derniers réglages sont en cours avant le
lancement de la commercialisation des
services. Comme vous le savez, avant de
lancer un réseau de télécommunications,
il faut s’assurer qu’il remplisse les critères
de fiabilité, de stabilité et de continuité
de service.
Qu’en est-il de vos actions pour développer
et promouvoir la gouvernance
électronique et moderniser les services
de l’administration ? Le centre d’alerte et
de lutte contre les attaques informatiques
est-il opérationnel et a-t-il déjà fait ses
preuves ?
Comme vous le savez, il y a une Agence
nationale de la gouvernance électronique qui existe au
niveau de la Primature. Cependant, cette gouvernance
électronique et les services modernes de l’administration
doivent reposer sur des infrastructures numériques que
nous avons en charge de construire et de développer.
Nous construisons le backbone national à fibre optique
qui reliera les différentes localités du pays. Dans les
villes, nous prévoyons la construction de réseaux métropolitains
pour connecter les différents services de l’État
afin non seulement de les raccorder entre eux, mais
aussi de les interconnecter à l’administration centrale
via le backbone national. Sur le plan de la sécurité,
nous avons une loi qui prévoit la création du Centre
national d’alerte précoce et de riposte aux incidents
informatiques. Les arrangements institutionnels sont
en cours pour la création et l’opérationnalisation de
cet organe. Actuellement, nous sommes dans la phase
de renforcement de capacités techniques et opérationnelles
de l’Agence nationale de sécurité des systèmes
d’information (ANSSI). La création de l’Agence nationale de sécurité des systèmes
d’information (ANSSI) et du GouvLab répondait-
elle à un besoin urgent ? A-t-on lieu aujourd’hui
d’être rassuré sur la protection des transactions électroniques
?
Comme je le disais, l’ANSSI a été mise en place pour
servir d’organe de mise en application de certains aspects
de la loi 037, dans sa partie relative à la cyber-sécurité.
Le GouvLab, une initiative de notre département,
consiste à mettre en place un centre d’apprentissage et
d’incubation équipé et ouvert
à tous les jeunes étudiants
évoluant dans les secteurs des
TIC pour apprendre, pour
développer des applications,
etc. Le cadre réglementaire
relatif à la protection des
données à caractère personnel
est en cours d’élaboration à travers notamment
l’opérationnalisation de l’organe en charge de la protection
des données à caractère personnel.
Quelle est l’évolution du taux de pénétration de la
téléphonie fixe et mobile depuis 2015 ?
Le taux de pénétration de la téléphonie
en République de Guinée
a considérablement évolué, les
chiffres en attestent. Nous avons
observé qu’en 2015, il était de
l’ordre de 99,1 %. Ce chiffre est
passé à 97 % en 2016, puis a
augmenté à 98 % en 2017 pour
passer à 101,2 % en 2018.
La 4G, une réalité en Guinée
cette année, donne accès au haut
débit. Quel sera son impact sur
l’économie numérique ?
La 4G aura plutôt un impact
sur Internet. Ce réseau aidera
à améliorer l’expérience des
consommateurs, mais surtout
les activités des professionnels :
banques, assurances, industries,
universités, etc. Elle se fera donc
sentir sur toute la chaîne de
valeur.
D’ici à 2020, quelles sont les
priorités inscrites sur votre
feuille de route ?
Nous savons que le secteur des
TIC est en pleine évolution et
nous comprenons pleinement
le besoin de continuer l’investissement intelligent et la
mutualisation des efforts pour une croissance durable
et partagée. Nous envisageons donc dans les meilleurs
délais le renforcement des capacités humaines
au niveau des écoles et des universités avec l’initiative
de connexion des écoles (IPCE), la stimulation de l’entrepreneuriat
dans le numérique avec notamment la
Semaine nationale de l’entrepreneuriat dans le numérique,
le renforcement des capacités des centres d’autopromotion
des femmes par la construction de centres
d’information et par la formation aux métiers et à la
gestion, la commercialisation du backbone national,
l’acquisition d’un Data Center, la densification de la
couverture du réseau mobile Internet, et enfin l’organisation
du Sommet Transform Africa-2020.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

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