logo

Entretien – Ministre des Transports: « Des moyens techniques en cours de modernisation dans le transport aérien »

Mahamadou Karidjo, ministre des Transports, donne un aperçu des travaux en cours au niveau aérien
à l’approche du sommet de l’UA 2019. En matière de coopération avec la Côte d’Ivoire, il revient sur la portée des projets ferroviaires visant à désenclaver son pays.

Quelles sont les ambitions du gouvernement en matière de transport aérien, notamment avec l’aéroport international de Niamey en phase de réhabilitation et de modernisation en vue du prochain sommet de l’UA ? D’autres dispositions de réhabilitation d’infrastructures de transport ont-elles été prises ? Mahamadou Karidjo : Le transport aérien joue un rôle fondamental et constitue un moyen indispensable pour le développement économique et social de tout pays, et en particulier pour le Niger, qui est immense et sans littoral. C’est pourquoi le président de la République, dans son Programme de Renaissance acte II, lui a accordé toute son importance à travers notamment la réhabilitation et la modernisation des aéroports. Dans ce cadre, le gouvernement ambitionne d’atteindre les objectifs suivants : baisse des coûts du transport aérien, amélioration de la qualité des prestations et du système d’information sur les transports aériens, désenclavement aérien du pays par la desserte régulière des villes de l’intérieur et par l’intégration ouest-africaine au sein de la CEDEAO et de l’UEMOA, multiplication des escales internationales avec la création d’un hub régional à Niamey, meilleure connectivité à partir de l’aéroport de Niamey, amélioration de la sécurité des utilisateurs des infrastructures, et enfin modernisation des moyens techniques du secteur.
Ainsi, sous la conduite éclairée du Premier ministre, le ministère des Transports a enregistré de bons résultats. Quatre aéroports sont en effets réhabilités et opérationnels : Agadez, Diffa, Maradi et Zinder. Les travaux de l’aéroport de Zinder se termineront en décembre 2018. Des investissements sont également prévus sur les aéroports de Zinder et d’Agadez en vue de leur mise aux normes pour le transfert à la gestion de l’ASECNA : Zinder en mars 2019 et Agadez en mars 2020. S’agissant de la modernisation de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, en plus de contribuer au développement durable du transport aérien de notre pays, elle permettra à court terme de faciliter une bonne organisation du sommet de l’UA 2019. Le contrat de partenariat public-privé (PPP) est signé avec la société Summa sous la forme d’un Build Operate Transfert (BOT : construire-exploiter et transférer), et ce conformément à la législation et à la réglementation en vigueur au Niger. Les travaux sont en cours et prendront fin avant juin 2019. Ils visent entre autres à doter l’aéroport international Diori Hamani d’un nouveau pavillon présidentiel équipé d’une aire de stationnement pour deux avions gros porteurs, d’un parking automobile et d’une voix d’accès dédiée depuis la RN 1 ainsi que de salons ministériel et diplomatique aménagés, d’une nouvelle aérogare passagers à deux niveaux (R+1) avec escalators, escaliers fixes et ascenseurs, d’un centre médical, d’une nouvelle aérogare de fret, de chaussées aéronautiques rénovées et d’une aire de mouvement renforcée, d’une nouvelle aire de stationnement pour dix gros porteurs et de nouvelles voies de circulation, d’une voie de circulation parallèle à la piste pour relier les deux premières réalisées, d’une piste prolongée de 800 mètres, et enfin d’un terminal rénové. De nombreux chantiers de réhabilitation sont en cours dans le cadre de l’organisation de l’UA 2019, parmi lesquels il faut noter la voie express qui facilitera l’accès à l’aéroport international Diori Hamani. En matière de coopération régionale entre le Niger et la Côte d’Ivoire, vous avez été reçu à Abidjan le 17 juillet dernier par le président Ouattara. Quels sont les projets relatifs aux routes, aux liaisons aériennes et aux chemins de fer entre vos deux pays ? La Côte d’Ivoire et le Niger ont une tradition séculaire en matière de coopération régionale, notamment en matière de développement des voies de communication. Le Niger, à l’instar des autres pays sahéliens enclavés de l’hinterland (Burkina Faso et Mali), utilise le port d’Abidjan pour l’importation des produits de première nécessité et l’exportation de certaines matières premières. Les marchandises à destination du Niger débarquées au port d’Abidjan sont acheminées par la route jusqu’au Niger en traversant le territoire burkinabè. Le Conseil nigérien des utilisateurs des transports (CNUT) a une représentation à Abidjan en vue de faciliter ces opérations. En matière de transport de voyageurs, le Niger compte en Côte d’Ivoire une forte communauté de résidents qui utilisent les services des différentes compagnies de transport de voyageurs à l’occasion de leurs voyages d’affaires ou de visites familiales. Qu’il s’agisse du transport de marchandises ou de voyageurs, certaines contraintes doivent être levées afin de faciliter les voyages : les services compétents des deux pays y travaillent. Enfin, en raison des avantages qu’il offre aussi bien en termes de coûts que de capacité et de sécurité, le transport ferroviaire est un moyen dont le Niger envisage de développer l’utilisation : la Côte d’Ivoire et le Niger sont parties prenantes dans le projet de boucle ferroviaire Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan. Ces projets bilatéraux et intégrateurs vont-ils contribuer à rapprocher les Nigériens et les Ivoiriens ? Le projet ferroviaire envisagé se situe dans un cadre global de recherche des voies économiques et efficaces de désenclavement des régions du Sahel ainsi que de renforcement et de diversification des modes de transport. Une voie ferrée fiable reliant Abidjan, Ouagadougou, Niamey et Cotonou bénéficiera à l’ensemble de la région du fait de l’évacuation des produits dans des conditions satisfaisantes et de la réduction des coûts de transport des biens et des personnes. Cela contribuera au renforcement des liens économiques et socio-politiques entre les États et à la stimulation de la croissance économique de la sous-région, et donc contribuera à la réduction de la pauvreté. Les autorités compétentes de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Niger oeuvrent au prolongement jusqu’à Niamey de la voie ferrée Abidjan-Ouagadougou-Kaya.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

EA Magazine LLB Afrique
Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.
SAVOIR PLUS
ARTICLES RÉCENTS
Contact Info
LLB Afrique
  • 91 Rue FAUBOURG ST HONORE 75008 Paris – France
  • +33 1 42 65 25 52