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Entretien – Ministre des Travaux publics: « Une vague de travaux routiers »

Moustapha Naïté, ministre des Travaux publics, présente un état des lieux, ville par ville, de l’ensemble des grands chantiers actuellement en cours dans le pays, et fournit des indications sur leur date d’achèvement.

Au mois de mai dernier, vous avez procédé à une mission d’inspection des chantiers de construction et de réhabilitation des infrastructures routières lancés par votre président. Où en sont-ils ?

Moustapha Naïté : Cette vague de travaux routiers lancés par le président de la République est la  deuxième grande phase de sa vision de développement des infrastructures routières de Guinée. Une vingtaine de chantiers, notamment sur les routes nationales, les voiries urbaines et les ouvrages de franchissement, sont ouverts dans tout le pays : reconstruction sur la RN1 des 370 km Coyah-Mamou-Dabola financés par l’accord-cadre Guinée-Chine, ainsi que des 68 km Dabola-Cissela et les 83 km Cissela-Kourroussa financés par la Banque islamique de développement (BAD) ; sur la RN4, les 35 km Coyah-Kouleté et les 40 km Koulété -Farmorea- frontière avec la Sierra Leone sur financement de la BAD et de l’Union européenne (UE) ; pour la RN7, les 83 km Kankan -Mandiana-fleuve Sankarani, dont le financement est assuré en partie par le Budget national de développement ; sur la RN2, les 35 km Guéckedou -Kondembadou et les 18 km et Kissidougou PK63-Guéckédou sur financement de la Banque islamique de développement (BID), du Fonds koweitien et de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), ainsi que la suite du bitumage du tronçon Lola-Danané avec la BID. Cette vague de reconstruction des routes nationales, dont les travaux finiront en grandie partie après 2020, prouvent que le président de la République entend remettre les infrastructures routières au coeur du développement économique, avec la prise en compte des pôles de compétitivité, sachant que le réseau routier guinéen absorbe plus de 90 % du trafic à l’intérieur du pays avec le déplacement des commerçants, des populations, etc. Il s’agit aussi de donner toute sa mesure à l’attractivité de notre potentiel portuaire, industriel, agricole et minier.

Pouvez-vous nous détailler, selon les villes, le nombre de chantiers, leurs spécificités et les bailleurs associés ?

Il faut dire qu’avant 2010, seules les villes de Siguiri et Kankan disposaient de réelles voiries construites.  Le président de la République a donc initié la construction des voiries des grandes villes de notre pays. Et la volonté du chef de l’État de procéder à une célébration tournante de la fête nationale a permis de faire avancer les voiries urbaines de nos villes : nous pouvons citer Mamou (15 km), Dalaba (12,6 km), Kindia (12 km), Télimélé (10 km), Labé (15 km), Pita (13 km), Kouroussa (15 km), Siguiri (20 km), Kankan (33 km), Mandiana (5 km), Kérouané (5 km), Beyla (12,6 km), Lola (12 km), Gueckédou (10,6 km), N’zérékoré (30 km) et Baro (8,5 km). Nous pouvons y ajouter 15 km pour Boké-Boffa, 20 km pour Coyah-Forécariah et pour Kissidougou, Faranah, Dabola, Dinguiraye, Kouroussa, Siguiri, Mandiana et Kérouané, soit un linéaire total de 52 km. Certains projets ont déjà été réalisés depuis 2011, et d’autres en cours depuis ou seront bientôt lancés. Les chantiers lancés récemment par le chef de l’État évoluent, et les premiers bitumes ont déjà été posés à Labé et Pita. Á Dalaba, toutes les lignes sont ouvertes et plus de 50 % imprégnées. La plupart des ouvrages d’assainissement sont réalisés. La suite de l’ensemble de tous ces travaux a repris en ce mois d’octobre après la saison des pluies.

La capitale a-t-elle bénéficié d’un traitement spécial ?

En effet, un accent particulier a été mis sur la capitale Conakry, avec non seulement la réhabilitation de la voirie sur plus de 200 km, mais aussi, depuis 2011, la construction de nouvelles voies sur environ 88 km. Une réception provisoire des travaux a été faite pour les transversales T5, T6 et T7 : des réserves sont en train d’être levées. Les travaux des T8, T9 et  T10 sont globalement exécutés à 55 % et ont repris en ce mois d’octobre. Pour Sonfonia-Kagbelen, les travaux de terrassement sont faits, le grave bitume a été appliqué, puis la couche de roulement au mois d’octobre. Concernant le cas de Dabompa-KM36, où
les travaux semblent avoir été mal réalisés, j’ai donné des instructions fermes sur avis technique des missions de contrôle, et l’entreprise est sommée de reprendre les travaux, sur fonds propres et sans délai, car nous ne pouvons accepter des travaux mal réalisés.

D’ici à 2020, pensez-vous que la plupart de ces chantiers seront arrivés à leur terme ?

Dans le cadre de la seconde phase sur la voirie de Conakry, la base logistique de Kagbelen est réalisée à 60 %, et les levées topographiques ainsi que les études de trafic pour 22 voies de routes et d’échangeurs sont achevées. Pour les ouvrages de franchissement, les travaux du pont de 85 mètres linéaires sur le fleuve Milo à Kérouané sont toujours en cours. Il a été constaté un retard manifeste dans le démarrage effectif des travaux, avec un taux d’exécution de 15 %, y compris l’installation du chantier. Nous avons donc convenu d’une prolongation du délai d’exécution à la demande de l’entreprise, et établi un nouveau plan d’approvisionnement du matériel sur le chantier pour éviter la rupture des travaux, qui ont repris début octobre 2019. Le pont de Koussi, de 80 mètres linéaires, qui relie les préfectures de Télimélé et Pita, financé par l’OFID et la BADEA, est réalisé à 65 % et sera bientôt livré à la circulation. Les travaux du pont de Bagou, qui relie les préfectures de Labé et Mali, ont été démarrés en mai 2019 et sont terminés : le pont est donc ouvert à la circulation. En résumé, voilà l’état des lieux après le lancement des travaux par le chef de l’État en mai 2019. Le cycle de réalisation d’un projet routier est assez long et chronophage. Nous demandons à nos concitoyens de faire preuve de patience. Une fois tous ces travaux réalisés, ce sont des infrastructures de qualité qui seront livrées. Et ce sera un pas de plus vers le développement de notre pays.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

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