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Entretien – Président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso

Entretien – Président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso: « Le bilan est très satisfaisant »

Mahamadi Savadogo, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), fait part de sa satisfaction quant à l’évolution du Plan stratégique de la mandature 2016-2021 et annonce que l’édition 2019 d’AFRICALLIA se tiendra à Abidjan.

Quelles sont au bout de deux ans les premières retombées de votre plan stratégique 2016-2021 ?

Mahamadi Savadogo : Adopté le 4 août 2017 par
l’assemblée générale de la Chambre de commerce et
d’industrie du Burkina Faso lors de ses premières journées
de réflexion stratégique, le Plan stratégique de
la mandature 2016-2021 (PSM) en est, en réalité, à
seulement une année de mise en oeuvre. C’est plutôt la
mandature qui en est presque à deux ans puisque l’assemblée
générale a été installée le 30 novembre 2016.
Cela dit, je voudrais indiquer qu’après une année de
mise en oeuvre du PSM, le bilan est très satisfaisant :
mieux, nous nous réjouissons de la bonne tendance
constatée dans la réalisation des différentes activités.
Dès notre prise de fonction effectuée le 19 décembre
2016, nous avons immédiatement engagé des concertations
avec les autorités politiques, administratives,
coutumières et religieuses afin de leur présenter nos
civilités et de recueillir leurs conseils et bénédictions
pour la réussite de notre mandat.
La 5e édition du forum AFRICALLIA qui s’est tenue
en février dernier a réuni plus de 500 entreprises. Quel
bilan en tirez-vous ?
La 5e édition du forum ouest-africain de développement
des entreprises AFRICALLIA s’est tenue effectivement
du 21 au 23 février dernier et a connu une participation
record de 660 hommes d’affaires représentant
508 entreprises de 19 pays d’Afrique, d’Amérique,
d’Asie et d’Europe. Plus de 8 000 rencontres d’affaires
ont été organisées dans le cadre des B2B avec
6 164 rendez-vous formels pris via notre plate-forme
électronique de mise en relation et plus de 1 300 rencontres
informelles. D’après l’évaluation faite à l’issue
du forum, nous avons enregistré un taux de satisfaction
de 93 %. En ce qui concerne les retombées du forum
pour les entreprises, je dois indiquer qu’AFRICALLIA
a simplement pour vocation de créer un cadre de rencontre
pour les chefs d’entreprises qui souhaitent nouer
des relations d’affaires ou qui sont en quête d’alliances technologiques, commerciales ou financières. Nous
disons d’ailleurs qu’AFRICALLIA permet aux dirigeants
et chefs d’entreprises de faire le tour du monde
en 48 heures en un seul lieu. Une fois le cadre créé et le
contact établi, il appartient naturellement aux hommes
d’affaires d’identifier les opportunités et les projets sur
lesquels ils pourraient signer des partenariats d’affaires.
En tant que structure d’accompagnement, il va sans
dire que nous restons disponibles pour faciliter certains
contacts ou même pour aider à peaufiner certains projets
d’investissement. En la matière, je puis vous assurer
que les choses se passent bien pour les entreprises au
regard de leur nombre sans cesse croissant depuis la
première édition du forum en 2010.
Quelles innovations comptez-vous introduire en 2019
pour la 6e édition ?
De 2010 à 2018, AFRICALLIA se tenait tous les deux
ans à Ouagadougou. Mais dans une volonté d’intégration
de nos peuples, nous avons décidé d’en faire un
forum tournant dans la sous-région ouest-africaine.
C’est ainsi que dorénavant, le forum se tiendra les
années paires au Burkina Faso et les années impaires
dans l’un des pays de l’Union économique et monétaire
ouest-africaine (UEMOA). AFRICALLIA est certes
une initiative du Burkina Faso, mais nous estimons
que, comme son nom l’indique, le forum concerne
toute l’Afrique. Il est bien évident que cette innovation
permettra au forum de contribuer à l’intégration des
économies de l’Afrique de l’Ouest, et la 6e édition se
tiendra donc en 2019 en Côte d’Ivoire. Le choix de
ce pays s’explique par deux raisons essentiellement.
La première est qu’entre nos deux pays, il existe des
relations séculaires avec une parfaite intégration de nos
populations et, partant, des hommes d’affaires. Cela a
conduit à la signature, depuis 2008, d’un Traité d’amitié
et de coopération entre la Côte d’Ivoire et le Burkina
Faso dont la 7e conférence au sommet s’est tenue en
juillet dernier à Yamoussokro. Je signale d’ailleurs
qu’un forum d’affaires ivoiro-burkinabè a été organisé
en marge de ce sommet et a connu la participation
de plus de 300 hommes d’affaires des deux pays, ce
qui traduit bien le dynamisme de nos relations économiques
et commerciales. La deuxième raison est que
depuis la 1re édition d’AFRICALLIA, la Côte d’Ivoire a
toujours conduit la plus forte délégation d’Afrique de
l’Ouest. Cette année, 23 chefs d’entreprises ivoiriens
y ont effectivement pris part. Cela traduit l’intérêt que
revêt ce forum pour les Ivoiriens. Avec la Chambre de
commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, nous avons
déjà signé un accord pour l’organisation de la prochaine
édition. Un cahier des charges a été élaboré dans le
but de préserver le concept et le label AFRICALLIA.
Comment expliquez-vous que, malgré la grogne sociale
d’une partie des fonctionnaires et la tension du climat
sécuritaire, l’économie burkinabè ait résisté en 2017
en alignant un taux de croissance du PIB de plus de
6 % qui devrait connaître la même vigueur en 2018 ?
Effectivement, depuis la fin de l’année 2014, une
nouvelle ère s’est ouverte pour notre pays. La crise
socio-politique a perduré jusqu’en 2016 où les élections
se sont bien tenues, rétablissant ainsi l’ordre
constitutionnel normal. Mais cette crise a impacté
négativement le climat des affaires au Burkina Faso
et, partant, son économie. Nous avons connu une
morosité au niveau des affaires après que plusieurs
entreprises ont vu leurs locaux et biens saccagés lors des
événements de fin octobre 2014. Les autorités actuelles
travaillent à rassurer les investisseurs, à sécuriser le
pays et à mener un dialogue ouvert avec le corps social.
C’est ce qui a valu l’adoption du
Plan national de développement
économique et social (PNDES),
ce référentiel de gouvernance et
de développement voulu par Son
Excellence Monsieur Roch Marc
Christian Kaboré, président du
Faso. La Chambre de commerce
et d’industrie du Burkina Faso
en tant qu’institution, et les
hommes d’affaires dans leur
ensemble, sont partie prenante de cette vision qui a
pour objectif la prospérité économique du Burkina
Faso. En somme, c’est dire que des efforts ont été
faits par le gouvernement qui a initié d’importantes
réformes, en l’occurrence la relecture du code minier,
l’adoption d’un nouveau code des impôts et de celui des
marchés publics, l’amélioration du climat des affaires,
etc. Le retour des investisseurs et l’appui notable des
bailleurs de fonds ont également permis de remettre
notre économie en selle. Voici autant de raisons qui
expliquent la bonne tenue des indicateurs. Il reste que
nous devons maintenir le cap, redoubler d’efforts et
poursuivre les réformes pour que les années à venir
soient meilleures.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

 

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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