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Entretien – Président de la Chambre des mines du Burkina

« Quatre mines industrielles vont entrer en production d’ici à 2021 »

Tidiane René Barry, président de la Chambre des mines, évoque les efforts déployés pour maintenir l’attractivité du potentiel minier malgré le contexte difficile. Il confirme aussi la hausse en 2019 de la contribution directe au budget de l’État de la filière mines : 256 milliards de FCFA, contre 252 milliards en 2018.

Votre mandat de président de la Chambre des mines
2017-2019 arrive à son terme. La mise en oeuvre de
votre plan stratégique s’est-elle poursuivie sans accroc et
au rythme que vous souhaitiez ? Estimez-vous que votre
bilan vous permettra de briguer un second mandat ?
Tidiane René Barry : Tout d’abord, je voudrais vous
remercier pour l’opportunité que vous me donnez de
parler de l’industrie minière au Burkina Faso. Effectivement,
mon mandat arrive à terme et je me réjouis
des résultats auxquels le conseil d’administration que
je préside est parvenu, résultats qui s’inscrivent dans la
mise en oeuvre du plan stratégique de développement
de la Chambre des mines du Burkina. Le travail abattu
par le conseil d’administration et la direction exécutive
de notre institution a permis de donner à la Chambre
des mines du Burkina une place incontournable dans
le paysage institutionnel de notre pays, d’obtenir des
succès pour un certain nombre de préoccupations de
l’industrie minière, notamment le Fonds minier de
développement industriel, qui est en cours d’opérationnalisation,
et la création d’un mécanisme de remboursement
du crédit de TVA des compagnies minières. Les
cadres de concertation mis en place aussi bien avec les
institutions de l’État qu’avec les collectivités minières
et les communautés riveraines des sites miniers fonctionnent
bien, permettant une exploitation minière
industrielle dans un climat apaisé.
Les attaques terroristes que connaît le secteur des
mines peuvent-elles entamer la confiance des investisseurs
sur le long terme ?
L’insécurité est une contrainte majeure dont l’impact
sur les compagnies minières est indéniable. Cet impact
se traduit par une hausse des coûts d’opération, un
renchérissement des coûts des sous-traitants et un
renforcement de la perception négative des investisseurs
internationaux, malgré les efforts déployés
par le gouvernement pour enrayer la menace. Au
niveau régional, c’est toute la région ouest-africaine
qui tombe sous le coup de cette perception. Cependant,
les compagnies minières opérant au Burkina Faso ont
exprimé leur confiance en la capacité de l’État à juguler
cette crise, et elles continueront à être présentes.
Malgré le contexte difficile, le Burkina Faso essaie de
maintenir son attractivité grâce à son potentiel minier
important et aux dispositions réglementaires et juridiques
qui encadrent le secteur, source de confiance
pour les investisseurs.
En 2018, le Burkina Faso comptait 12 mines industrielles
en production : 11 d’or et une de zinc. Où en
est-on avec les 3 autres mines d’or en construction ?
Comment a évolué la production industrielle d’or de
2015 à 2018 et qu’en sera-t-il en 2019 ? Avec plus de
400 sites d’orpaillage, l’État parvient-t-il à référencer
l’or acheté via les comptoirs officiels ?
Concernant les mines en construction, celle de
Wahgnion Gold Operations est entrée en production
au troisième trimestre de 2019, et la construction des
autres – Somisa S.A (Sanbrado) et Orezone Bomboré
S.A – se poursuit : elles seront opérationnelles en 2020
et 2021. Quant à la production d’or, elle était en hausse
depuis 2015. Mais en 2019, on a noté un fléchissement
de la production, qui a été de 50,300 millions de tonnes, contre 52,662 tonnes en 2018. Cette baisse,
comparativement aux attentes, s’explique par l’arrêt
pendant 3 mois de la mine de Boungou 2019 suite à
l’attaque de son convoi de transport de travailleurs.
Concernant les sites d’orpaillage, l’État a mis en place
une agence d’encadrement dénommée ANEEMAS pour
gérer ce secteur et mieux contrôler sa production, qui
était estimée à 10 tonnes en 2017.
En 2017, l’or a rapporté des recettes de l’ordre de
226 milliards de FCFA au Trésor burkinabè. Ces dividendes
étaient-ils à la hausse en 2018 et le seront-ils
encore en 2019 ?
En 2018, la contribution du secteur aux recettes de
l’État a été de 252 milliards de FCFA. Pour l’année
2019, la contribution directe au budget de l’État est
estimée à 256 milliards malgré la baisse de la production,
et ce en raison principalement de la hausse du
cours de l’or.
Il existe un Fonds de réhabilitation pour l’environnement
évoqué lors de la dernière Commission d’enquête
sur les mines. Est-t-il opérationnel et quelles sont les
missions qui lui sont dévolues ?
La mission du Fonds de réhabilitation de l’environnement
consiste à évaluer, valider et
financer le plan de réhabilitation de la
mine après sa fermeture. Ce fonds est alimenté
par les cotisations des compagnies
minières pendant leur période d’exploitation.
Ce fonds est en cours d’opérationnalisation
avec la mise en place du Fonds
d’intervention de l’environnement, dont
l’ancrage institutionnel est au ministère de l’Environnement
et du Développement durable.
La Semaine des activités minières de l’Afrique de l’Ouest
(SAMAO), salon à l’organisation duquel vous êtes
associés par le gouvernement, est-elle parvenue à replacer
le Burkina Faso auprès des compagnies minières
internationales ?
La SAMAO est organisée depuis 2018 par une entité
tripartite État-Chambre des mines du Burkina-Association
des carriers du Burkina. Le succès des deux
précédentes éditions, qui ont drainé entre 1 500 et
2 000 participants ainsi que des acteurs clés de l’industrie
minière, résulte de cette synergie des moyens
des trois acteurs. La présence des plus hautes autorités
à ce salon démontre à souhait l’ambition du pays de
faire de la SAMAO un tremplin pour la promotion du
secteur minier burkinabè.
Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

Auteur

EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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