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Entretien – Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire: « Nos services d’appui s’étendront au plus grand nombre de PME »

Faman Touré, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), rappelle que dans son pays les opportunités sont ouvertes au monde entier et que le rôle de son institution est d’accompagner les PME à être compétitives vis-à-vis des firmes internationales pour profiter des marchés.

Quel bilan pouvez-vous dresser de vos actions et priorités immédiates depuis votre élection en 2016 en qualité de président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire ?

Faman Touré : Au moment où nous avons pris fonction, en 2016, nous avons trouvé une institution consulaire dans une bonne dynamique au plan de la qualité de son offre de services aux entreprises, notamment grâce au compagnonnage, qui a eu pour effet d’accroître et de diversifier les services d’appui et de formation. De nouveaux packs de services ont été conçus et proposés aux PME. Cependant, l’institution avait deux grands défis à relever, l’accroissement de ses ressources financières et l’amélioration de son image auprès du monde économique, voire la reconquête de sa notoriété vis-à-vis des entreprises et des pouvoirs publics. Pour faire face à ces défis, nous avons organisé à Grand-Bassam en novembre 2016 les assises de la CCI-CI : elles ont permis d’adopter la vision de faire d’elle un acteur majeur de l’émergence et de la promotion des entreprises. Des axes stratégiques ont été également définis à partir de cette vision. Sur cette base, nous avons poursuivi le développement des services d’appui aux entreprises par l’accroissement de leur nombre et l’amélioration de leur qualité. Les actions de formation continue et initiale ont également été renforcées suivant la même logique. Nous avons procédé en outre à la modernisation des services concédés : le transit routier inter-États, le pesage et la gestion du Programme national de sécurisation des factures normalisées avec plus de dématérialisation et l’introduction de la démarche qualité. Au plan institutionnel, l’objectif d’étendre le réseau des partenaires nous a conduits à nouer plusieurs alliances avec des structures techniques, des partenaires au développement et des organismes étatiques afin d’accroître les capacités d’intervention de la CCI-CI dans tous les domaines. Par ailleurs, l’appui apporté au gouvernement dans la mise en oeuvre de sa politique de développement économique a considérablement amélioré l’image de notre institution vis-à-vis des pouvoirs publics. Des activités et projets majeurs tels que les journées promotionnelles du Portugal en Côte d’Ivoire, les symposiums sur la mangue et le manioc, et le premier Forum économique du TAC ont été menés dans le cadre d’un partenariat public-privé. Au plan international, la CCI-CI milite activement dans les organisations consulaires comme la Conférence permanente des Chambres consulaires africaines et francophones, la Fédération ouest-africaine des Chambres de commerce et la Chambre de commerce régionale de l’UEMOA.

Vous avez déclaré vouloir faire de la CCI-CI le creuset du développement du secteur privé ivoirien et être la courroie de transmission entre les entreprises et l’État. Comment avez-vous matérialisé ce rôle ?

La CCI-CI est l’intermédiaire entre l’État et le secteur privé. Notre rôle consiste à donner des avis consultatifs et à interpeller l’État sur tous les sujets relatifs aux activités du secteur privé. Par ailleurs, nous encourageons et aidons les entreprises du secteur privé ivoirien à saisir les opportunités que crée le gouvernement lors des actions de développement tels que les grands travaux d’infrastructures. La mission de la CCI-CI consiste aussi à accompagner les PME à se structurer et à se développer pour pouvoir soutenir la compétition avec toutes les entreprises installées en Côte d’Ivoire. La CCI-CI a récemment abrité un atelier d’information sur l’investissement intitulé « Le Liberia est ouvert et prêt pour les affaires ».

Quels espoirs placez-vous dans la mission économique d’exploration au Liberia prévue en 2019 ?

Par principe, une mission économique exploratoire vise à identifier, sur un territoire donné, les opportunités d’affaires à saisir. Concernant le pays frère du Liberia, la rencontre que vous mentionnez a permis de détecter des secteurs pour lesquels il existe une possibilité de coopération commerciale. La mission permettra d’apprécier concrètement la situation du terrain. La délégation libérienne que nous avons reçue nous avait indiqué que tout était à refaire. Les domaines mis en exergue sont le logement, la construction, la formation, l’agro-industrie, la santé, l’hôtellerie, le transport, etc.

Quelles vont être vos actions de renforcement des capacités de financement pour les PME ivoiriennes ?

La CCI-CI dispose déjà de services d’appui dans ces différents domaines depuis plusieurs années. Nos actions consistent maintenant à les étendre au plus grand nombre de PME tout en les adaptant à l’évolution de l’environnement des entreprises. Nous avons opté pour un accompagnement de proximité des PME en les sensibilisant sur les sources alternatives de financement et en les formant aux nouvelles approches pour mieux appréhender les relations avec leurs banquiers à travers un produit nouveau, « les master class de la finance ».

Vu le dynamisme actuel du secteur touristique ivoirien, que peuvent apporter les événements à l’initiative de la CCI-CI tels que le prix ivoirien du meilleur établissement hôtelier ou le programme de professionnalisation des restaurants et maquis ?

La CCI-CI travaille de façon spécifique sur le tourisme. Un service est consacré à ce secteur qui souffre de la faiblesse des capacités d’accueil et de la qualité de service. On estime à près de 3 000 chambres au total les capacités d’accueil des hôtels de 2 étoiles et plus à Abidjan, ce qui est largement insuffisant lors de grands événements comme la coupe d’Afrique des Nations. Pour y remédier, la CCI-CI mène des actions à travers le conseil, le renforcement de capacités des hôteliers et des restaurateurs, la formation et l’accompagnement.

Avec votre nouvelle équipe, quelles innovations et quel sang neuf avez-vous apportés dans votre gouvernance à la CCI-CI depuis plus de 2 ans ?

L’équipe que constituent les élus et les permanents pour cette mandature a une vision commune du mode de gouvernance le plus efficace pour la CCI-CI. Un accent a été mis depuis notre arrivée sur la gestion participative. Elle se traduit par le fonctionnement effectif du bureau, des assemblées générales, du commissariat aux comptes et des commissions de travail. La mise en oeuvre intégrale des dispositions statutaires est le premier gage de bonne gouvernance de l’institution. Enfin, l’utilisation généralisée des technologies de l’information et de la communication dans tous les actes de la CCI-CI améliore la rigueur et la transparence dans la gestion.

Propos recueillis par Louise Bibalou-Durand

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EA Magazine

Économies Africaines apporte un nouvel éclairage sur l’évolution des pays du continent africain, ces pays en pleine transition et en plein essor.

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