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Entretien – Président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire: « Les entreprises affiliées à la CGECI génèrent un CA de plus de 18 000 milliards de FCFA »

Jean-Marie Ackah, président du patronat ivoirien, donne un aperçu du bilan des actions du patronat ivoirien, notamment sur les réformes déjà lancées par son équipe en deux ans et demi d’exercice. Il fait aussi le point sur le forum « La Finance s’Engage » axé sur les financements à destination des PME.

Élu à la tête de la plus grande organisation patronale ivoirienne en octobre 2016, vous avez déclaré vouloir être une force de proposition auprès du gouvernement, avec l’objectif affiché d’améliorer le climat des affaires.

Quelles sont les propositions que vous avez déjà eu à défendre ?

Jean-Marie Ackah : La CGECI est un acteur majeur qui impulse le dialogue public-privé en Côte d’Ivoire car elle bénéficie de la confiance des acteurs gouvernementaux en raison de sa représentativité et de la qualité de son plaidoyer. Aujourd’hui, le patronat ivoirien fédère vingt-six organisations professionnelles et près de 170 entreprises membres directs de tous les secteurs d’activités : agriculture, mines, industrie, BTP, banque, assurance, commerce et services. Ces entreprises génèrent actuellement un CA consolidé de plus de 18 000 milliards de FCFA, soit l’équivalent du PIB de la Côte d’Ivoire. Elles emploient plus de 300 000 personnes et elles contribuent à hauteur de 80 % aux recettes fiscales de l’État. La CGECI demeure l’interlocutrice principale des pouvoirs publics, des organisations syndicales de travailleurs et de nombreux tiers pour tous les sujets portant sur l’amélioration de l’environnement des affaires, la promotion des initiatives privées et de l’entrepreneuriat ainsi que la facilitation du dialogue entre les différents partenaires sociaux. Comme résultat, des avancées notables ont été obtenues ces dernières années pour l’ensemble du secteur privé : le réaménagement de l’annexe fiscale à la loi des finances 2018 à la suite de la demande du secteur privé, la définition du programme de construction et d’accélération des champions nationaux, la mise en place d’un cadre de dialogue avec le gouvernement afin de poursuivre et mener jusqu’à son terme le processus de réforme fiscale, la poursuite du remboursement de la dette intérieure grâce aux efforts du gouvernement, la prise en compte par le gouvernement des préoccupations du secteur privé, l’élaboration du livre blanc sur l’industrialisation de la Côte d’Ivoire qui sera remis au chef de l’État dans les prochaines semaines, des négociations menées avec le gouvernement sur la tarification de l’électricité industrielle, la pleine implication du secteur privé (CGECI) dans le programme du Millénium Challenge Corporation (MCC), et bien d’autres actions.

Qu’en est-il de vos actions visant à promouvoir le développement des entreprises ?

Pour ce qui concerne le développement des entreprises, plusieurs actions ont été menées : l’accompagnement des entreprises dans leur souhait d’élargir leurs marchés extérieurs à travers l’organisation de missions économiques dans la sous-région, comme la mission économique en Guinée en 2017, la signature de partenariat avec des universités internationales de renom comme HEC Paris, la mise en oeuvre de programmes de formation pour les dirigeants d’entreprises, la création et l’animation d’un Centre d’appui au développement des entreprises (CADE) qui pilote des projets liés au renforcement des capacités, à l’amélioration de la compétitivité ou à l’efficacité énergétique, etc.

Quelles sont les autres réformes prioritaires que vous souhaitez mettre en avant durant le reste de votre mandat ?

Tous ces projets visent la promotion de l’entrepreneuriat en vue d’une densification du tissu d’entreprises ivoiriennes. Les acquis sont indéniables, mais nous souhaitons poursuivre l’oeuvre d’accompagnement des PME, diversifier notre offre d’appui, organiser d’avantage d’activités de mise en relation d’affaires et continuer à représenter les entreprises ivoiriennes. Au vu des objectifs que nous nous assignons, nous orienterons les actions à venir autour de trois axes principaux : participer au renforcement des capacités des membres de la CGECI en leur proposant des services répondant à leurs besoins, créer les conditions d’une meilleure densification du tissu des entreprises ivoiriennes, en particulier des PME-PMI, afin de permettre l’éclosion de champions nationaux et régionaux, et enfin consolider notre rôle de force de proposition au gouvernement et aux partenaires au développement. Nous savons que les attentes du secteur privé sont nombreuses, mais il s’agit prioritairement d’améliorer le climat des affaires, de favoriser les performances locales et de faciliter l’accès au financement. Nous y parviendrons grâce à l’engagement detous et à l’implication de chaque acteur.

La CGECI a-t-elle les ressources financières nécessaires pour mener à bien ces chantiers ?

La CGECI se porte globalement bien aujourd’hui. Elle a les moyens de sa politique pour mener à bien les chantiers sur lesquels elle s’est engagée. Mais nous pensons que des efforts peuvent être faits pour générer davantage de ressources propres et travailler avec les partenaires techniques et financiers qui ont de nombreux programmes d’appui au secteur privé. S’agissant de la question récurrente de l’accès au financement pour les PME, la 3e édition du forum « La Finance s’Engage » organisée par la Commission de développement et financement des PME de la CGECI en septembre 2018 a-t-elle pu mobiliser autant de ressources financières que les deux précédentes éditions ? Dans le classement Doing Business 2019, la Côte d’Ivoire est passée du 127e rang mondial en 2018 au 44e pour l’accès au crédit. Cela représente 83 places gagnées. C’est la preuve que l’accès au financement s’améliore en Côte d’Ivoire. Et c’est également la preuve qu’une initiative comme « La Finance s’Engage », organisée avec l’appui de Entrepreneurial Solution Partners (ESP), a toute sa raison d’exister car elle contribue à impacter positivement la transformation de l’écosystème financier et le paradigme de l’accès au financement.

Au bout de 3 éditions, « La Finance s’Engage » est-elle en voie de pérennisation ? Avez-vous des exemples concrets de financements de projets d’entreprises réussis
dans différents secteurs d’activités ?

La dernière édition de « la Finance s’Engage » a mobilisé 40 institutions qui représentent plus de 90 % du marché du crédit. « La Finance s’Engage » s’est imposée aujourd’hui comme une plate-forme incontournable pour trouver des solutions à la problématique du financement. Notre programme pilote de renforcement de capacités en cours nous permettra lors de l’édition 2019 de présenter des exemples précis de financement. Pour l’heure, nous notons que pour corriger ces lacunes, l’État a mis en place des institutions comme l’Agence CI-PME. Cette agence était une des recommandations de la Loi Phoenix adoptée il y a quelques années et qui, selon nous, contient effectivement les mesures qui peuvent aider à régler le problème des PME. De son côté, le secteur privé joue sa partition en organisant notamment des activités dédiées aux PME : La Finance s’Engage, les Journées conseil PME, etc.

Propos recueillis par Serge-Henri Malet

Auteur

EA Magazine

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