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Entretien – Président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire: « La place bancaire ivoirienne représente 31 % de part de marché dans l’UEMOA »

Le directeur général de Versus Bank Guy Koizan, également président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APEBF-CI), évoque le dynamisme des banques ivoiriennes et leur soutien à l’État ainsi que ses priorités durant son mandat.

Le secteur bancaire ivoirien a enregistré 9 500 milliards de FCFA de CA pour l’exercice 2017, ce qui traduit le dynamisme de la place bancaire d’Abidjan. Est-ce qu’à l’instar des assurances, ce  niveau de croissance annuel serait le plus important au sein de l’UEMOA ?
Guy Koizan : Nous voulons vous remercier d’entrée de jeu de cette fenêtre que vous nous offrez pour communiquer sur l’activité bancaire en Côte d’Ivoire. La place bancaire ivoirienne représente 31 % de part de marché dans l’espace communautaire UEMOA, qui compte huit pays (lire note encadré sur l’UEMOA). Toutefois en matière de dynamisme, la Côte d’Ivoire, avec 14 % de croissance entre 2016 et 2017, arrive en deuxième place après le Burkina Faso (16 %).

À combien estime-t-on l’évolution annuelle des effectifs dans le secteur bancaire ?

En Côte d’Ivoire, les effectifs d’agents de banques (employés et cadres) ont augmenté de 7 % pour s’établir à 8 699 personnes.

Avec plus de 666 guichets et près d’un millier de distributeurs en Côte d’Ivoire, pourquoi le taux de bancarisation n’est-il que de 16 %, quand le Togo affiche un taux de plus de 22 % ?

S’agissant du taux de bancarisation, je dois souligner que les 16 % annoncés représentent l’inclusion financière au sens strict. Ce taux relativement faible est le fait de trois facteurs. Tout d’abord,  cela relève des particuliers et des PME, qui présentent un faible niveau d’éducation financière, une appartenance majoritaire au secteur informel et un manque de confiance dans le secteur financier formel. Ensuite, de la part des banques, on constate l’existence de barrières à l’entrée, de produits d’épargne peu adaptés et une faible communication. Enfin, concernant les pouvoirs publics, on note l’absence de facilités en faveur des banques, une fiscalité peu attrayante et une absence de politique de soutien aux PME.

Peut-on avoir une idée de l’utilisation des 1 273 milliards de FCFA de financements récoltés pour les PME dans le cadre du programme « La Finance s’Engage » lors de sa 3e édition en 2018 ?

L’initiative « La Finance s’Engage » évalue les besoins des PME à travers une enquête préalable. Á la présentation de ces besoins, les banques prennent des engagements conformes à leur stratégie interne et à leur capacité. La troisième édition de l’initiative « La Finance s’Engage » ne permet pas d’en évaluer l’impact. Toutefois, il faut avouer que la proportion de crédit à long terme, ou crédit
d’investissement, est pour le moment encore faible. Environ 1 000 milliards de FCFA sont collectés annuellement au plan local par l’État auprès des banques pour le financement de l’économie du pays et de son plan de développement.

Pourquoi le Trésor ivoirien regrette-t-il que les banques ne cèdent que 4 % des recettes  d’exportation à la Banque centrale (BCEAO) et non les 80 % prévus par les textes en vigueur ?

Il me faut souligner que les difficultés de mobilisation de capitaux que nos États rencontrent sur les marchés internationaux les amènent à recourir aux marchés locaux et sous-régionaux. Cette situation, combinée au dynamisme du secteur bancaire, nous conduit à prédire l’accroissement, ou en tout cas le maintien, de l’appui des banques au budget de l’État, et ce malgré une certaine opinion favorable au développement du marché interbancaire au détriment du soutien au budget des États.

À la tête de l’APEBF-CI depuis 2017, quelles sont vos priorités ?

Á la tête de notre organisation qui, en 2019, compte 30 établissements de crédit dont deux établissements financiers, le conseil exécutif que j’ai l’insigne honneur de diriger depuis 2017 s’est fixé
pour objectifs une meilleure représentativité de la profession, l’amélioration de l’entraide dans la corporation malgré la concurrence, et enfin le soutien aux membres ainsi que la contribution  significative à l’amélioration de leur résultat commercial.

Propos recueillis par Paul de Manfred

Auteur

EA Magazine

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